Herederos de Alfonso Sanchez Fabres
Herederos de Alfonso Sanchez Fabres

Si aujourd’hui la ganaderia était des plus discrètes, il n’en fut pas toujours le cas. Occupant le devant de la scène, de sa création en 1934 au début des années quatre-vingts. Les prix les plus prestigieux issus de toute la planète taurine remplissent la finca « Pedro-Llen ». Mais, depuis, la caste et la mobilité des coquillas, encensées par leur légendaire bravoure, ne suffisent plus pour contrebalancer leur discrète présentation.
Justo Sanchez-Tabernero qui dirige depuis plus d’une trentaine d’année la devise familiale a pourtant tout tenté pour sauver le vieux fer de son grand-père. Après avoir rafraîchi le sang pour augmenter le volume de ses « bichitos », il créa une seconde lignée avec du sang Atanasio Fernandez venu de Sepulveda de Yeltes. Mais rien n’y fit, la ganaderia des Sanchez Fabres reste en marge. Aujourd’hui, rares sont les empresas qui donnent encore leur confiance à la devise. Pourtant, si la présentation demeure « légère » le fond semble plus qu’honorable. Les aficionados de Saint Martin de Crau nous ont permis de le vérifier cette temporada (2007).

Ancienneté : -
Devise : Blanc et Rouge
Signal : Hendido à chaque oreille
Propriétaire : Hros. de D. Alfonso Sánchez-Fabrés
Gérant : Juan Sánchez-Fabrés
Fincas : "Pedro-Llen"  Las Veguillas
   Aspirante à l'Unión de Criadores de Toros de Lidia





Crédits photographiques : Terre de Toros  

 

Justo Sanchez-Tabernero n’avait jamais pensé devenir ganadero, là n’était pas sa vocation. Proche de Paco Coquilla, il lui prêta de fortes sommes d’argent lorsque celui-ci eut des difficultés financières. Allant même jusqu'à héberger sa ganaderia de bravos. Mais Paco était meilleur ganadero que gestionnaire, et, en 1934, croulant sous les dettes, il dut se résoudre à vendre, alors que sa devise atteignait son apogée. La vente fut conclue en cinq lots, dont l’un pour son créancier, unique façon de le dédommager. Don Justo Sanchez-Tabernero fut donc ganadero par accident.


L’élevage est alors placé sous la direction de ses fils, qui maintiennent le cap érigé par Paco Coquilla. La prise d’ancienneté a lieu le 13 Octobre 1935, pour la corrida du « Montepio de Toreros » avec au cartel Marcial Lalanda, Alfredo Corrochano et Rafaelillo. Les succès s’enchaînent les uns après les autres, seule la guerre civile les interrompt, avant de repartir de plus belle.
En 1944 la part de Paz Sanchez Fabres quitte la finca pour les terres plus à l’ouest de son époux Jesus Sanchez-Arjona. Prémices de l’actuelle ganaderia de Coquilla de Sanchez Arjona. Puis, en 1951, Dolores et Alfonso se partagent l’élevage, ce dernier conservant fer, ancienneté et devise. Divisions qui n’eurent pour seul effet que de réduire le nombre de bêtes, Alfonso étant déjà en charge de la ganaderia. Durant les années 50 et 60 le succès est toujours au rendez-vous, les figuras affrontant la camada entière et certain toros entrant au panthéon du toro de lidia, comme en 1959 le toro « Relampaguero » qui obtint une vuelta al ruedo en place de Madrid.
Alfonso Sanchez Fabres décède en 1972, la devise est alors placée aux noms de ses héritiers et c’est son fils Juan Sanchez-Fabres qui prend la direction. La qualité reste constante mais si le bétail élevé à « Pedrollen » ne change pas, hors de la finca les mentalités évoluent. Dès le milieu des années 70, la présentation l’emporte sur le comportement, le toro de Coquilla, comme le dit si bien Juan Sanchez-Fabres étant « un toro de peu de contenant mais de beaucoup de contenu », se voit fermer les portes des grandes arènes sous ses naseaux. Cantonné au circuit secondaire, Juan tente un croisement avec du sang Buendia pour renforcer le physique de ses toros. L’essai sera en partie concluant, la qualité étant de mise mais la présence des Sanchez Fabres restant en deçà des canons en vigueur, la devise reste en marge. Exaspéré, l’évolution de la présentation allant crescendo dans les années 90, Juan Sanchez Fabres se défait de la majeure partie de son bétail au profit des mexicains Mejia et Chafik, qui les placent sous leur fer Santacolomeño de San Martin. Pour compenser, il achète du bétail d’origine Atanasio Fernandez de l’élevage de Sepulveda de Yeltes, toro qui, lui, s’inscrit parfaitement dans les canons de présentation moderne.


Enfin, en 1997, question de « dineros », Justo Sanchez Fabres vends les droits du fer historique à Juan Albarran. Laissant le vieux fer de son grand-père sans ancienneté, la ganaderia se retrouvant comme aspirant pour entrer à l’UCTL. Absurdité coutumière du monde taurin….


Actuellement ne persistent que quelques nucléons des deux encastes (60 vaches au total), la devise se contentant de lidier quelques novilladas sans picador. Pourtant, malgré cette apparente déchéance, la beauté de ses toros aux petites cornes encensée par un piquant difficilement contenu, laisse envisager une récupération improbable. Soyez-en sur, l’élevage de Sanchez-Fabres est un trésor, mais pour combien de temps ?

 


La ganaderia des héritiers de Alfonso Sanchez-Fabres bien que pressentie comme l’une des ultimes à posséder le sang Coquilla ne peut résumer ses origines à cette simple branche du Santa Coloma. Le bétail présent sur la finca « Pedrollen » ne permet aucun doute quand à l’ascendance du sang Coquilla, mais les robes cardenas ainsi que des touches « asaltillada » signale la présence d’apports extérieurs.


Au final des années 80, Juan Sanchez Fabres est dans l’impasse. Peu d’organiseurs s’intéressent encore à ses toros, principalement pour leur manque de présence. Pour faire front, Juan est contraint à augmenter la présentation de ses coquillas, tant au niveau de la tête que de leur corpulence. Il prend alors l’option de rafraîchir ses coquillas avec du sang Buendia, issu comme eux de la ganaderia du Conde de Santa Coloma. Son choix s’oriente vers l’élevage de Martinez Elizondo qui a la particularité de présenter des toros Santacolomeños imposants. Il ramène quatre étalons (2 « Choricero », « Cordon » et « Jamuguero ») et les placent sur une partie de ses vaches. Les résultats du croisement avec l’étalon « Choricero » sont particulièrement bons et marquent la suite de l’élevage.
Depuis, la ganaderia oscille entre un coquilla « puro » aux têtes cruellement absentes et un toro beaucoup plus asaltillado, dont on dénote les lignes affinées et les robes cardenas. Aujourd’hui, la devise compte encore une quarantaine de vaches et trois étalons d’origine Santa Coloma ascendant coquilla.


Parallèlement à sa tentative de sauvetage du bétail « de la casa », Juan Sanchez Fabres introduit une seconde lignée d’un sang beaucoup plus en vogue : l’Atanasio Fernandez. Il insère alors des vaches et des étalons de la ganaderia de Sepulveda de Yeltes qu’il maintient de façon totalement indépendante. Avec ces bêtes là, aucun problème de corpulence ou de manque de cornes, les « reconocimientos » sont passés haut la main. Cependant, cette seconde origine ne permettra pas de relever la devise, pâtissant d’un cruel manque de fond. Aujourd’hui ne reste qu’une vingtaine de vaches et un étalon d’origine Sepulveda de Yeltes.


Avec deux origines bien distinctes, Juan Sanchez Fabres se retrouve face à une problématique paraissant insolvable qui pourrait se résumer en, d’un côté des coquillas de beaucoup de contenu sans contenant et de l’autre des Atanasio, d’un fort contenant mais sans contenu !


Elevages disposant de bêtes d'origine Herederos de Alfonso Sanchez Fabres :

 
 


Morphologie
 

Le toro de Sanchez Fabres, d'origine Coquilla, provient de Santa Coloma, c'est à dire du mélange des sangs Saltillo et Ibarra. Mais l'influence Saltillo est traditionnellement minoritaire dans ce sous-encaste largement dominé par les caractéristiques propres aux Ibarra. Cependant, l’importation des étalons de Martinez Elizondo, d’origine Buendia, a équilibré le mélange qui reste tout de même à forte ascendance Ibarreña.
Tout d'abord les robes. On retrouve les couleurs classiques des toros Ibarreños, soit une majorité de noirs, mais aussi des castaños, tostados et même colorados. Mêmes si ces dernières capes ont pratiquement disparu. Les robes cardenas (grises) étaient rarissimes par le passé et sont devenues courantes depuis le croisement avec les bêtes d’origines Buendia. Les accidents de pelage les plus fréquents, sont des taches blanches (meano, bragado) et une raie marron sur le dos (liston).
Physiquement, ce sont les toros les moins imposants de l'encaste Santa Coloma, du fait de leur petit squelette et de leurs petites cornes. Bas, ramassé et musclé, le toro de Sanchez-Fabres est habituellement léger. Ses lignes très fines, degollado, sans badana ni papada, contribue à en faire un toro très harmonieux, harmonie malheureusement trop souvent altéré par des cornes minuscules.


Comportement

Point de vue comportement, c'est leur fabuleuse bravoure et leur grande noblesse qui font toute leur réputation. Mobile, très nerveux, au galop de classe en rapport avec la finesse de sa morphologie, le toro de Sanchez-Fabres possède le moteur nécessaire pour produire l'émotion en piste, malgré son manque de présence physique.

 
 

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