Cunhal Patricio
Cunhal Patricio

La ganadería de Cunhal Patricio a longtemps fait partie des quelques fers portugais dont le renom avait passé les frontières tant espagnoles que françaises. Alberto Cunhal Patricio, dont la famille était originaire de la très taurine et très ganadera Coruche, a entamé sa carrière de ganadero dans sa prime jeunesse en collaboration avec son frère et, certainement, en continuité de son père. Pourtant, c’est seul qu’il achète en 1951 la part d’António Infante da Câmara, entamant alors une seconde aventure dans l’élevage de bétail brave. À sa mort en 1971, l’élevage survit mais la renommée s’essouffle, d’autant que les crises successives de la vache folle et de la langue bleue vont contraindre la ganadería installée au sud d’Evora à réduire le nombre de têtes et à lidier exclusivement ou presque au Portugal. Les Cunhal Patricio sont certes très discrets aujourd’hui mais ils incarnent la survivance des Parladé portugais si particuliers.

 

Ancienneté : 19 Mars 1963

Devise : Noir et Jaune    Signal : Corte à chaque oreille

Propriétaire : Herederos de D. Alberto Cunhal Patricio    Gérant : Margarida María Patricio de Oliveira Malta Romeira

Fincas : “Raporeira” - “Vale Côvo” - “Sapateira”  Coruche - “Monte de Igreja” - “Serro do Boi”  Evora -

   Unión de Criadores de Toros de Lidia






Crédits photographiques :  

 

Alberto Cunhal Patrício, né en 1905 à Coruche, fut deux fois ganadero durant sa vie. Il existe assez peu d’informations sur ce que fut sa première ganadería, celle qu’il mena au nom de « Alberto Cunhal Patrício e irmão » à partir de 1926. Son irmão était Afonso Cunhal Patrício et les deux étaient les fils d’Alberto Patrício de Sousa Monteiro Correia Gomes et de Maria Rita Cunhal. Leur père était membre d’une grande fratrie de Coruche que l’élevage de bétail brave ne laissa pas indifférent. Par exemple, Luis Patrício Correia Gomes, frère d’Alberto Patrício Correia Gomes et oncle de notre Cunhal Patrício, fut un ganadero reconnu et craint dans le premier quart du XX° siècle. De même, on trouve de rares occurrences d’un élevage (en 1900) mené au nom de Maria Clara Monteiro Gomes qui peut être soit la soeur d’Alberto Patrício Correia Gomes, soit la mère de ce dernier. Finissons par mentionner l’évocation de toros lidiés au nom d’Alberto Patrício Correia Gomes dans une corrida donnée à Aldeagalega en 1898. C’est peu d’écrire, donc, que la famille semblait baigner dans le toiro et ce ne sont pas les alliances par mariage d’Alberto Cunhal Patrício lui-même et de son frère Afonso qui peuvent contredire ce constat. Afonso épousa Maria Guilhermina Belchior da Silva Guisado, petite-fille de Manuel Ribeiro da Silva Guisado et fille de José Manuel da Silva Guisado, tous deux ganadeiros de Coruche. Quant à lui, Alberto Cunhal Patrício, convola en justes noces avec Margarida Léonie Gilliard de Lucena Alves do Rio, fille du célèbre José Pereira de Lucena Alves do Rio, celui-là même qui se porta acquéreur en 1919 d’une part de l’élevage de la marquise de Tamarón.

En 1926, Alberto et Afonso deviennent éleveurs à leur nom, leur fer est un C inscrit dans un cercle et le sang qu’ils élisent est, à cette époque, l’avenir de la tauromachie puisqu’il s’agit de purs Parladé via Tamarón via Alves do Rio, évidemment serait-on tenté d’écrire. La date de création, 1926, peut prêter à controverse car il est fait mention dans la revue Toros y toreros d’une corrida donnée à Campo Pequeno le 18 septembre 1924 avec des toros d’Alberto Cunhal Patrício combattus par Maera et Márquez. 1924, 1926, toujours est-il que les frères Cunhal Patrício se séparent à la fin des années 1940, certainement en 1946 car c’est la date indiquée dans plusieurs ouvrages ; date qui correspond à la vente de leur ganadería aux frères Andrade d’Almeirim. Si Afonso disparaît alors de la scène ganadera, il n’en est rien pour Alberto qui renaît de ses cendres encore chaudes dès 1951. C’est par l’achat d’une partie de l’héritage de feu Emilio Infante da Câmara (qui décède en 1949) que Cunhal Patrício reprend du service mais en changeant de catégorie : le bétail qu’il achète lui permet de lidier en Espagne, ce qu’il recherchait si l’on en croit une interview qu’il donna à l’hebdomadaire taurin El Ruedo en 1966. La camada des Câmara est alors ultra majoritairement dominée par le Parladé et en particulier par la ligne Tamarón achetée en 1933 aux héritiers de Alves do Rio. C’est sur ces fondations qu’il connaissait très bien depuis les années 1920 et son premier élevage que Cunhal Patrício va rencontrer le succès et la renommée en Espagne et en France. L’ancienneté est acquise à Madrid le 19 mars 1963 dans un cartel de segundones : José Simões, El Satélite et José Mata. Cunhal Patrício opéra des injections de sang dans les années 1950 par Durão et Oliveira Irmãos, soit du Pinto Barreiros extrêmement dominé par le Parladé/Tamarón ; injections qui ne firent que renforcer la ligne directrice de son sang et qui amenèrent l’élevage à devenir une référence. À son décès, en 1970, la ganadería faisait partie du club restreint des Portugais qui comptaient dans les grandes férias. C’est sa fille aînée, Margarida Maria Alves do Rio Patrício qui hérite du fer et des bêtes et qui se voit contrainte d’affronter la Révolution des oeillets (1974) et la Réforme agraire qui la privent de ses terres pendant cinq années. Maintenir l’élevage dans ces conditions est complexe voire mission impossible mais elle parvient finalement à sauver ce qui peut l’être. Secondée par son époux et aficionado, Isidoro Maria de Oliveira, la fille d’Alberto Cunhal Patrício entreprend alors, à partir de 1982, un travail de reconstruction qui passe par l’introduction de reproducteurs achetés à des collègues lusitaniens : Coimbra, Vasconcelos e Sousa d’Andrade et Varela Crujo en 2008. C’est cette même année qu’elle décède, l’élevage étant alors transmis à son actuelle propriétaire, la fille du couple : Margarida María Patrício de Oliveira Malta Romeiras. Avec l’aide de son maioral Daniel Coelho, elle tente bon an mal an de faire lidier une ou deux courses mais l’Espagne et la France sont de vieux souvenirs maintenant.

 


En 1951, Alberto Cunhal Patrício la deuxième étape de sa vie consacrée à l’élevage de toro brave. Après s’être séparé de son frère au milieu des 1940, il achète à António Centeno Infante da Câmara sa part de l’élevage paternel. En effet, en 1949, Emilio (hijo) Infante da Câmara décède et ce sont ses enfants qui divisent la ganadería en trois parts : Emilio (qui vend en 1963 à Ribeiro Telles), Fernando (en 1961 à Francisco de Goes) et António. Le bétail sur lequel Cunhal Patrício met la main est le fruit de l’association menée par Emilio (hijo) et José da mots Infante da Câmara depuis le milieu des années 1920 lorsqu’ils achetèrent ensemble le fer des ex Campos Varela pour pouvoir lidier en Espagne. L’opération était purement « administrative » car le bétail de issu de Varela fut remplacé au cours des années 1930 et 1940 par des achats de Parladé. Ainsi, entre 1933 et 1942, tous les croisements opérés par les deux frères ne sont que de nouvelles injections de sang Parladé dans leur élevage. Il en va ainsi en 1933 avec l’achat de bétail à la ganadería portugaise de Alves do Rio ainsi que de l’acquisition la même année de vaches auprès de João Assunção Coimbra (Tamarón par Alves do Rio). Il en est toujours de même lorsque les frères acceptent le cadeau du marquis de Villamarta, cadeau qui n’est autre qu’un semental issu du Conde de la Corte et nommé ‘Mayorquino’ (certains auteurs évoquent aussi l’étalon ‘Farolito’). On évoque également l’introduction de reproducteurs de Juan Belmonte et Juan Guardiola en 1937, ceux-là issus de la ligne Gamero Cívico du Parladé. L’exhaustivité de tous ces apports n’a de sens, à la fin, que de saisir la ligne directrice du projet de la fratrie : construire un toro moderne avec tout ce qui se faisait de meilleur en ce temps : le Parladé via surtout le Tamarón.

C’est ce sang qu’il connaissait bien qu’Alberto Cunhal Patrício (époux d’une fille de Alves do Rio et qui avait élevé cette ligne dans les années 1920 avec son frère) maintient au sommet en lidiant essentiellement en France et en Espagne car il goûtait peu la lidia à la portugaise*. L’ancienneté est prise à Madrid le 19 mars 1963 mais dès les années 1950 (1954), Cunhal Patrício avait déjà remodelé ses Infante da Câmara par le renforcement de cette ligne très parladeña en achetant des vaches de Durão. Il réitère son expérience en 1967, cette fois en négociant vaches et reproducteurs auprès des Oliveira Irmãos de la herdade de Baracha. Tant Durão qu’Oliveira étaient de ligne Pinto Barreiros mais ultra majoritairement marquée par le sang Tamarón et Gamero Cívico, le Parladé donc ! Quand il décède en 1971, l’éleveur de Coruche laisse un troupeau au sommet mais que la révolution des oeillets va décimer ou presque. Quand sa fille et son gendre, Isidoro Maria de Oliveira, récupèrent terres et bêtes à l’extrême fin des années 1970, ils ont le courage de vouloir poursuivre l’oeuvre du fondateur mais sont contraints de rafraîchir. Non de croiser mais bien de rafraîchir car au regard des fers des reproducteurs qu’ils utilisent, force est de constater qu’ils étaient décidé à suivre la ligne originale de la ganadería. De fait, ils firent appel à Coimbra, donc du bon vieux Parladé-Tamarón par Alves do Rio et Conde de la Corte puis à José Luis Vasconcelos e Sousa d’Andrade, du pur Alves do Rio acheté à Coimbra au début des années 1980. 2008 est une année charnière : la fille d’Alberto Cunhal Patrício décède et c’est cette même année que le Domecq entre dans l’élevage avec un reproducteur de Varela Crujo qui depuis 1986 avait transformé son élevage en achetant des vaches et reproducteurs chez Laurentino Carrascosa, autant dire du Torrestrella puis avait commencé l’opération en 1992 en ajoutant des Sampedro, donc du Juan Pedro Domecq.

Malgré ces derniers apports plus contemporains, les toros de Cunhal Patrício ont gardé un type très vieux Parladé, un rien rustre. Ce n’est pas pour déplaire aux nostalgiques de ce sang extraordinaire quand il tombe entre de bonnes mains. Aujourd’hui, le maioral Daniel Coelho avoue qu’il a fallu beaucoup réduire le nombre de bêtes car les épizooties de vache folle et de langue bleue ont fait oublier aux organisateurs étrangers l’existence des Cunhal Patrício.

 
 

 
 
Los Coruches, la ganadería de Luis Patrício
 

Dans un texte publié en 2012 sur le blog « La razón incorpórea »1, José Morente distille un passionnant article sur un certain Luis Patrício, éleveur de toros portugais aujourd’hui oublié mais dont la réputation de ganadero à la dure n’était, semble-t-il, plus à faire au tout début du XX° siècle. Avec force documents à l’appui, Morente présente les toros (et novillos) de Patrício lidiés à Madrid en 1903 et 1905 comme très forts et très méchants et précise qu’aucune figura de l’époque n’osa exhiber son courage sous les cornes acérées des « Toros de Coruche ». Car c’est ainsi que l’afición espagnole avait fini par qualifier les toros de Luis Patrício, de Coruche donc, comme si le lieu faisait l’animal. Il convient cependant de nuancer les superlatifs qui s’appliquaient aux bichos de Patrício Correia Gomes. Ainsi, au gré des tendances, des chapelles et des goûts de l’afición de l’époque, il est possible de voir le verre à moitié plein ou à moitié vide. En 1905, le quotidien ABC laisse clairement comprendre que les Corucheros ne sont pas tellement du goût de la soldatesque chargée de les tuer : “Los de Coruche. Ya hay matadors de toros que se atreven con los seis toros de D. Luis Patricio, de Coruche, que tanto pánico causan en solo nombrarlos á los astros taurinos que figurarán en el cartel del proximo abono y á otros que no figuran en él”. Et José Morente, de rappeler au bon souvenir d’un passage des Cuentos del Viejo mayoral2 de Luis Fernández Salcedo évoquant la terreur d’une cuadrilla préférant combattre un toro borgne qu’un de Coruche (La vista es la que trabaja). En contrepoint de cette réputation de terreurs, d’autres n’ont vu dans les astados veragüeños de Patrício qu’un bétail souvent mauvais et décasté. C’est le cas de la revue Don Jacinto3 à propos de la novillada de présentation à Madrid de la devise en mars 1903 : “Si hablamos de bravura, esto ya es harina de otro costal, muy inferior , porque los cinco primeros animales, blandos y huídos salieron, y blandos y huídos terminaron su existencia, sin arrepentirse en ningún tercio”. À la lecture de plusieurs autres chroniques de ce début de XX° siècle surnommé la edad de oro de la tauromachie, il paraît certain que la présentation des Patrício était imposante voire parfois impressionnante mais que leur caste pouvait se montrer « compliquée » pour écrire les choses avec urbanité et occasionner donc des corridas accidentées qui laissaient un goût amer. Le lot combattu à Séville le 8 mai 1910 est, en l’occurence, édifiant. Qualifié par la revue Los Toros4 de « grandes, de enorme poder, mansos y de malas ideas, siendo por lo tanto completamente ilidiables », les Patrício envoyèrent à l’infirmerie pas moins de quatre toreros : Moreno de Alcalá, Niño dela Audiencia, Josepa et El Lolo. Les quatrième et cinquième firent sonner les trois avis ; le quatrième après avoir subi pas moins de dix entrées a matar. En octobre 1905, la novillada lidiée à Madrid est ainsi décrite par le correspondant de la revue Sol y Sombra5 : « los astados portuguesiños, como grandes, eran grandes ; ya sabemos que los Coruches infunden pavor, solo con su finchada presentación, á los copetudos de más campanillas, que ni en el plato quieren verlos. Pero ¡ay! que los cinco jugados esta tarde no tuvieron pelo de bravo, y cada cual llevaba dentro un buey como una catedral… ». À Valladolid en 1909, toujours selon la revue Los Toros6, les toros de Coruche « no tuvieron más que fachada y poder {…} La bravura la dejaron en el reino vecino. {…} Grandes y cornalones sí fueron, y con algo así como si con anterioridad los hubieran toreado ». De sang Trespalacios; les Luis Patrício firent parler d’eux jusque’à la mort de leur créateur en 1922, date à laquelle l’élevage disparaît des radars à jamais. À la fin de son article, José Morente tente de faire un lien entre ce Luis Patrício et le fondateur de l’élevage actuel des Cunhal Patrício : Alberto Cunhal Patrício. Comme beaucoup de littérateurs un tant soit peu intéressés par l’histoire des élevages braves, Morente commet la même erreur que nombre de ses prédécesseurs et fait de Luis Patrício le père d’Alberto Cunhal Patrício alors qu’il n’en fut que l’oncle puisque le père d’Alberto Cunhal Patrício se nommait Alberto Patrício Correia Gomes. Dans son texte, José Morente s’interroge sur le changement de fer survenu entre Luis et Alberto junior et la réponse pourrait être évidente : il ne s’agissait pas du même élevage. D’ailleurs, dans son ouvrage référence de 1957 — Ganaderías Portuguesas7 —, Antonio Martín Maqueda présente séparément les deux ganaderías, d’un côté celle de Luis Patrício dont le fer reprend les initiales du bonhomme et de l’autre celle d’Alberto Cunhal Patrício e irmão (un C dans un rond). Et l’on se dit que la lumière fut et la lumière fut. Erreur ! Il n’en va jamais simplement avec les élevages portugais car Maqueda commet un superbe anachronisme dans sa notice relative à Alberto Cunhal Patrício dont il évoque des toros lidiés en plaza de Montijo en 1898 aux côtés de ceux de Luis Patrício et d’autres. Problème : Alberto Cunhal Patrício est né en 1905, il lui était donc difficile voire impossible d’être ganadero sept ans avant sa propre venue au monde. À la fin, le flou demeure car il est quasiment impossible de retrouver une quelconque mention de l’existence d’un élevage d’un certain Alberto Patrício Correia Gomes (le père d’Alberto Cunhal Patrício) à la fin du XIX° siècle ou au début du XX° siècle. Les seules qui existent sont celles de Maqueda, invérifiable sans se rendre aux archives municipales de Montijo ou de Coruche mais ce n’est pas la porte à côté. Et puis il y a cette courte notice extraite d’une publication de la ville de Coruche8 sur les éleveurs de touros de la zone. Après l’évocation de l’élevage de Luis Patrício, il est possible de lire que « Existiam outras ganadarias, mas sem o memo espírito de apuramento e selecção que as já mencionadas : Visconde de Coruche, João Pereira Alves Rio, Irmãos Agoladas, José Jacinto da Silva Santos, Alfredo Augusto Cunhal, António Patrício Correia Gomes… ». L’ultime cité, António Patrício Correia Gomes, était un frère de Luis et d’Alberto, à moins que l’auteur de la notice n’ait confondu les prénoms et désigné António à la place d’Alberto. La vérité ne doit pas être loin et peut ressembler à ce qui suit : les frères Alberto et Luis Patrício Correia Gomes (et peut-être aussi António) dirigeaient chacun un élevage propre à la fin du XIX° siècle et à l’aube du XX°. Alberto — dont on ne sait quasiment rien sur les origines du bétail mais on peut imaginer qu’il devait s’agir de bestioles de la terra portuguesa— a dû léguer le sien à ses fils qui le menèrent sous l’appellation « Alberto Cunhal Patrício e irmão » (l’irmão était Afonso Cunhal Patrício) et Luis est resté seul avec son bétail, longtemps de sang portugais mais remplacé au passage du nouveau siècle par du Veragua de chez Trespalacios — ce qu’attestent d’ailleurs les photographies des toros et novillos lidiés à Madrid en 1903 et 1905. À sa mort en 1922, sa ganadería disparaît et ne semble pas avoir été héritée par ses enfants. Pourquoi ne pas imaginer aussi une autre version qui nous expliquerait que les frères Cunhal Patrício héritèrent (ou rachetèrent) en 1922 la ganadería de leur oncle, changèrent le fer et liquidèrent le bétail pour le remplacer en 1926 par du Parladé acheté à José Martinho Alves do Rio ? Mais le mystère demeure et n’intéressera que les fadas férus de généalogie et d’histoire. Pour tous les autres, il semble acter que les frères Cunhal Patrício mirent fin à leur aventure commune dans les années 1940 (1946 ?) en revendant leur élevage à d’autres frères, les Andrade.

1. Morente, José — http://larazonincorporea.blogspot.com/2012/02/de-patricio-silva-i-coruche.html
2. Fernández Salcedo, Luis — Los cuentos del viejo mayoral, Madrid, 1960.
3. Revue Don Jacinto : taurino semanal batallador que no admite billetes de favor, año I, 1903.
4. Revue Los Toros, n° 53, 11.05.1905.
5. Revue Sol y sombra, n° 480, 19.10.1905.
6. Revue Los Toros, n° 21, 30.09.1909.
7. Martín Maqueda, Antonio — Ganaderías portuguesas, 1957.
8. Município Coruche — Tauromaquia : património cultural imaterial de interesse municipal. Memória justificativa.

 
 
Touradas vs corridas ?
 

Dans un entretien qu’il accorda à la revue taurine El Ruedo en 1966, Alberto Cunhal Patrício justifiait en quelques mots sa préférence pour la lidia à la mode espagnole. « Parce que j’aime voir combattre un toro. Et aussi par humanité. Ici (au Portugal - ndlr), le toro souffre beaucoup plus qu’en Espagne. {…} Je ferais combattre ici avec grand plaisir si l’on tuait le toro. Si l’on permettait la lidia à l’espagnole, avec la suerte de varas et la mort du toro Le journaliste de s’interroger : Peut-on « voir » le toro dans la lidia portugaise ? Et Cunhal Patrício de répondre que lui ne savait pas les voir. « Peut-être d’autres oui, mais moi non. Sans être piqué, le toro n’est pas apte. {…}. Manifestement, la bravoure des toros est aujourd’hui meilleure mais elle ne peut se manifester pleinement en tourada ».

Entretien réalisé par B.V. Carande pour la revue El Ruedo, n° 1137, 05.04.1966.

 
 

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