Santa María
Santa María

La ganadería de Santa Maria est l’illustration même de l’idée que l’on peut se faire de l’élevage extensif. Les cent vaches de ventre qui composent la ganadería se perdent littéralement sur les immenses terres de “Zambujal do Conde” à quelques kilomètres d’Évora. Le troupeau est partagé entre les deux encastes de la maison, d’un côté le Parladé et de l’autre le Murube.
Jusque dans les années 2000, Francisco Lobo de Vasconcellos arrivait à faire lidier quelques courses à pied mais c’est devenu extrêmement rare et les Santa Maria se cantonnent désormais aux touradas ou aux spectacles de rejón.

 

Ancienneté : 4 Octobre 1987

Devise : Bleu et Blanc    Signal : Rasgada à gauche

Propriétaire : Francisco Lobo de Vasconcellos    Gérant : Francisco José Braamcamp Lobo de Vasconcellos

Fincas : “Zambujal do Conde”  Evora -

   Unión de Criadores de Toros de Lidia






Crédits photographiques : Terre de Toros  

 

En 1951, António Centeno Infante da Câmara vend à Alberto Cunhal Patrício sa part de la ganadería laissée par son père, Emilio Infante da Câmara hijo (décédé en 1949). Ne subsistaient alors que deux lots dans le giron des héritiers d’Emilio Infante da Câmara : ceux de Emilio et de Fernando. Hélas pour la famille, aucun des deux frères restant ne montra l’appétence nécessaire à la conservation de l’héritage bravo. Le second à se défaire de sa part fut Fernando Centeno Infante da Câmara en 1961 au profit d’un homme dont le patronyme est une invite à l’exotisme et à la déambulation tant historique que taurine : Francisco Vaz Monteiro de Goes du Bocage. Ce dernier était un lointain descendant de Gilles de Hédois du Bocage, corsaire français finalement rallié aux Portugais en 1704 et dont il est aussi fait mention lors de la bataille qui vit la victoire des Portugais sur les Turcs au Cabo Matapan en 1717. On le retrouve à Lisboa dans les années 1720, marié à Clara Francisca Lestof, la fille du consul hollandais Leonardo Lestof. A priori, il mourut sur les bords du Tage non sans avoir au préalable assuré sa descendance qui n’a conservé du patronyme que le Bocage final. Dans sa filiation émerge un petit-fils, auteur, penseur, philosophe, poète un rien libertin voire « licencieux » inscrit aujourd’hui au panthéon des Lettres portugaises : Manuel Maria Barbosa du Bocage (1765-1805).

Francisco Vaz Monteiro de Goes du Bocage porte cet héritage par le côté paternel. Versant maternel, ce sont les toros qui dominent, bien plus que la flibusterie ou la littérature. C’est donc en toute logique que lorsqu’il décide de fonder un élevage de toros de combat en 1945, ce torero à cheval amateur se tourne vers la famille cousine des Vaz Monteiro à qui il achète des sementales pour couvrir des vaches de casta portuguesa. L’entreprise menée par cet ingénieur agricole féru de généalogie ne fait pas florès et c’est la raison qui le pousse à changer totalement de cap en 1961 : il élimine le vieux sang portugais et rachète la part de Fernando Centeno Infante da Câmara. Selon diverses sources, au cours des années suivantes, son travail de ganadero consista à introduire des bêtes venues de chez Cunhal Patrício et Pinto Barreiros.

Francisco José Braamcamp Lobo de Vasconcellos est le propriétaire actuel de la ganadería de Santa Maria depuis 1984, date à laquelle ce descendant de la famille des comtes de Sobral rachète l’élevage – ou une partie car on continue de trouver des références d’une ganadería Goes jusque dans les années 2000 – de Francisco Vaz Monteiro de Goes du Bocage. Très croyants, Francisco Lobo de Vasconcellos et sa femme renommèrent l’élevage du nom de la Vierge et élurent un fer en accord avec leur intense foi : des cercles qui rappelaient les auréoles de la mère de Jésus surmontés de la croix de la Passion. L’hommage à Marie ne fut complet qu’après le changement de la devise qui devenait céleste et blanche.

Depuis 1984, la famille Lobo de Vasconcellos conserve la ligne Cunhal Patrício voulue par Goes qu’elle mène cependant en parallèle de bêtes achetées à João Moura et de sang Murube-Urquijo. Les deux sangs continuent de vivre côte à côte sur les rondeurs fleuries de la herdade do Zambujal do Conde qui n’affiche plus le lustre auquel elle semblait prévaloir il y a trente ans.

 


Une fois la part d’António Infante da Câmara vendue (1951) à Alberto Cunhal Patrício, ne subsistaient alors que deux lots dans le giron des héritiers d’Emilio hijo Infante da Câmara : ceux de Emilio et de Fernando. Hélas pour la famille, aucun des deux frères restant ne montra l’appétence nécessaire à la conservation de l’héritage bravo. Le second à se défaire de sa part fut Fernando Centeno Infante da Câmara en 1961 au profit de Francisco Vaz Monteiro de Goes du Bocage.

C’est en toute logique que, lorsqu’il décide de fonder un élevage de toros de combat en 1945, ce torero à cheval amateur se tourne vers la famille cousine des Vaz Monteiro à qui il achète des sementales pour couvrir des vaches de casta portuguesa. L’entreprise menée par cet ingénieur agricole féru de généalogie ne fait pas florès et c’est la raison qui le pousse à changer totalement de cap en 1961 : il élimine le vieux sang portugais et rachète la part de Fernando Infante da Câmara. Selon diverses sources, au cours des années suivantes, son travail de ganadero consista à introduire des bêtes venues de chez Cunhal Patrício (semental) (qui était déjà de l’Infante da Câmara depuis 1951) et Pinto Barreiros (vaches).

Francisco José Braamcamp Lobo de Vasconcellos est le propriétaire de la ganadería de Santa Maria depuis 1984 date à laquelle ce descendant de la famille des comtes de Sobral rachète l’élevage à Goes du Bocage. La famille Lobo de Vasconcellos conservait la ligne Cunhal Patrício voulue par Goes qu’elle comptait cependant mener en parallèle de bêtes achetées à João Moura et de sang Murube-Urquijo. Dans un reportage que feu Filiberto Mira publia dans la revue Aplausos en 1987 est fait mention de quelques cas de berrendos présents dans la camada ; présence explicable selon le journaliste par le fait qu’à l’intérieur du bétail de Moura s’étaient dissimulés quelques rejetons d’origine Soler (base Jijón croisée de beaucoup de Parladé) assez fréquente au Portugal et offrant parfois le bonheur de pelages plus variés comme ces énergumènes à l’allure de pies. Moura tenait son ganado d’une certaine Maria Manuela Andrade Salgueiro, héritière des irmãos Andrade. Détenteurs d’un élevage à la fin des années 1920 pour lequel ils firent l’acquisition de bétail en 1929 auprès de Casimira Fernández, veuve de Soler, les frères Andrade d’Almeirim se mirent à la page dans les années 1930 en jetant leur dévolu sur des restes des Alves do Rio mélangés avec un semental de Domingo Ortega (Gamero Cívico) et d’autres de Pinto Barreiros. Du Parladé à perte de vue ! Ils augmentèrent le tout de bétail acheté auprès d’Alberto Cunhal Patrício qui détenait à cette époque du pur Alves do Rio, chose aisée pour lui qui en était le gendre. Il semblerait qu’à côté de leurs Parladé, les frères Andrade varièrent leur bétail en intégrant de l’Urquijo, donc du pur Murube, dans les années 1950. L’Urquijo fut mené séparément. C’est en 1958 que la ganadaria est divisée en deux lots : le Parladé d’un côté qui atterrit entre les mains du fils de Joaquim Alberto Andrade, José Manuel Martins Andrade et le Murube de l’autre qui va à Maria Manuela Andrade Salgueiro (sa soeur on imagine). Ganadero scrupuleux, Francisco Lobo de Vasconcellos poussa le détail jusqu’à poser des crotales de couleurs différentes en fonction de l’origine Goes donc Cunhal ou Moura donc Murube. Le 04 octobre 1987, l’élevage prend son ancienneté à Madrid au cours d’une novillada combattue par Julio Norte et Juan Cuellar qui s’y montra très valeureux. Dans son compte-rendu publié dans le quotidien ABC, Vicente Zabala peindra un portrait en clair-obscur de la course. Si l’encierro « resultó de lo más entretenido. Los astados portugueses de Santa Maria, procedencia de Antonio Urquijo, lucieron además de una impeccable presencia, excelente estilo, a excepción del sexto, que resultó francamente difícil », il conclut cependant par cette note négative concernant le manque de force du lot : « también los astados portugueses flojean de remos, desluciendo la actuación de los toreros con sus arrancadas cortas, frenándose en el centro de las suertes, por falta de fuerzas, para llegar hasta el final del último tramo del muletazo ». Aujourd’hui, et après les noirs épisodes de la vache folle et de la langue bleue, la ganadería ne s’exporte plus, à l’image de tant d’autres voisins. Les miracles sont rares. Dans l’univers des toros aussi. Depuis sa création dans les années 1980, l’élevage de Santa Maria n’a jamais été un parangon de démesure : 253 têtes en 1987 soit une trentaine de mâles entre novillos et toros. De visu, le chiffre a peu évolué ou a légèrement réduit peut-être. Aucune démesure non plus dans la présentation des toros de saca. Dans le touffu jargon que la tauromachie a offert à la langue castillane, pour la feurir, le mot bonito est un des préférés des toreros. Au campo, le bonito est ce toro sans excès aucun, ni de tamaño ni d’armures, c’est ce toro medio que vous trouvez joli, mignon, agréable, « bien fait » ; ce toro qui finalement ne fait plus peur à vingt mètres et qu’on ne regarde plus à cinquante. Dans les herbages exubérants des cercados violets, les toros de Santa Maria sont bonitos et majoritairement murubeños.

 


 
 

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