Oliveiras Irmãos
Oliveiras Irmãos

La famille portugaise des Oliveira élèvait des taureaux de combat depuis plus d'un siècle. Le fondateur, prénommé João Pedro de Oliveira a débuté vers 1894 avec du bétail "de la tierra". L'évolution faisant, la devise lusitanienne a bien entendu adopté la sang prédominant dans son pays: le Pinto Barreiros. En 1963, elle entre à l'U.C.T.L.
Peu à peu, la bravoure et la robustesse de ses toros vont forger une belle réputation à l'élevage et le faire entrer dans les grandes ferias espagnoles. Hélas, la crise de la vache folle et l'embargo sur les toros portugais vont le précipiter dans l'oubli, et lui faire perdre son rang si difficilement acquis. En cinq ans, la devise n'a fait lidier en corrida formelle que quelques bêtes ; fait d'autant plus dommageable quand on connaît la présentation irréprochable de son bétail. L’élevage appartenait depuis 2012 à João Folque de Mendoça, propriétaire des Palha, mais ce dernier a revendu les Oliveira en octobre 2021 à Paulo Tomé.

Ancienneté : 25 Septembre 1988
Devise : Vert et Blanc
Signal : Hoja de higuera à droite - Muesca à gauche
Propriétaire : Paulo Tomé
Gérant : Paulo Tomé
Fincas : “Herdade dos Valezinhos”  Rosmaninhal
   Unión de Criadores de Toros de Lidia



Le rapprochement entre l’olivier (l’arbre) et le patronyme Oliveira nous tendait les bras et pouvait paraître facile mais à y regarder de près l’on pourrait écrire que cette ganadería matrice du Portugal fut l’aboutissement d’un processus lui aussi autofertile car mené entre plusieurs branches des Oliveira portugais.
Tout ceux qui ont écrit sur les toros ont l’air de s’entendre sur le récit de la genèse de l’élevage des Oliveira Irmãos mais pas sur la date : 1894, 1895 ou 1896. Car c’est au cours d’une de ces années qu’un dénommé João Pedro de Oliveira, fils d’un Alves d’Oliveira et d’une Joaquina Sequeira d’Oliveira (une cousine), devint ganadero de taureaux de media casta, entendons par là des animaux d’origine surtout portugaise, des toiros da terra, qui servaient lors de spectacles taurins mais que l’on ne rechignait pas à utiliser par la suite comme bêtes de somme.
Au regard des fragiles indices généalogiques qui demeurent, ce João Pedro de Oliveira serait né en 1862 et décédé soixante plus tard, à peu près au même endroit, c’est-à-dire dans une zone allant de Benavente à Samora Correia, soit quelques dix kilomètres à tout casser. À sa mort en 1922, le fer et les bêtes passent sous la juridiction de sa veuve (second mariage) Maria da Conceição Ferreira Bica et de leurs enfants Joaquim, João Pedro, Carlos, José et Eduardo. Un temps annoncé « Viuva e filhos de Oliveira », un arrangement familial contracté en 1943 ou 1944 fonde la société ganadera des Oliveira Irmãos. En soi, les apparences ne prêtent que peu à confusion… mais confusion il y a avec l’entrée en lice dans cette histoire de Joaquim de Oliveira Fernandes, né en 1876 semble-t-il, et donné par certains comme le père de João Pedro de Oliveira né, lui, nous l’avons déjà écrit, en… 1862 ! Tant Antonio Martin Maqueda1 qu’António Manuel Morais2 se fourvoient sur cette fausse filiation. João Pedro de Oliveira et Joaquim de Oliveira Fernandes étaient peut-être cousins éloignés — mais le Portugal compte un nombre non négligeable de Oliveira — mais certainement pas père et fils : les dates l’interdisent ainsi que les origines géographiques puisque João Pedro était homme de Benavente alors que son homonyme était originaire de la belle Évora, plus au sud. De plus, l’élevage des Oliveira Irmãos est devenu une référence en Lusitanie à partir du moment où les fils de João Pedro de Oliveira entreprirent leur révolution Pinto Barreiros en éliminant le bétail de caste portugaise (ou croisé) de leur père et en acquérant un nouveau cheptel auprès de… Joaquim de Oliveira Fernandes. Et là, les dates coïncident assez bien.
En 1922, quand João Pedro de Oliveira décède, ses héritiers poursuivent son oeuvre. L’élevage de la Viuva e filhos de Oliveira devient lentement mais sûrement celui des Oliveira Irmãos parmi lesquels sortent du lot, dans les menées ganaderas, João Pedro et Eduardo. Ces derniers parachèvent l’oeuvre expérimentale de la famille dès 1938 semble-t-il en introduisant du bétail d’origine Pinto Barreiros sur les terres de Baracha par l’intermédiaire de bétail acheté à… Joaquim de Oliveira Fernandes, beau-frère de José de Lacerda Pinto Barreiros. Ainsi, les Oliveira de Benavente deviennent les grands éleveurs de leur époque grâce à un Oliveira d’Évora auquel il rachetèrent l’élevage et surtout les bêtes qu’ils façonnèrent ensuite à leur sauce en renforçant le côté Parladé et la présentation. .
Mais le récit de l’autofertilité des Oliveira ne s’arrête pas là et l’histoire des Oliveira Irmãos ne serait rien sans un troisième Oliveira, lui aussi de Benavente. .
Dans son ouvrage sur Palha3, Pierre Dupuy écrit que « João Pedro de Oliveira {…} réalisa, en 1963, la fusion entre l’ex-Oliveira Durão et l’ex-Oliveira Fernandes… ». L’intérêt de la ganadería de Oliveira Durão résidait avant tout dans le fait qu’elle appartenait à la prestigieuse U.C.T.L., appartenance qui seule permettait de faire lidier les toros en Espagne. Racheter ce fer en 1963, fer qu’ils n’utilisèrent d’ailleurs pas, permit aux frères Oliveira — en vérité, dans les années 1960, l’élevage était surtout dirigé par João Pedro Oliveira surnommé João ‘Benavente’ car son frère Eduardo était décédé prématurément en 1949 — de s’ouvrir les portes d’un marché à la mesure des ambitions et des exigences de João Pedro Oliveira. .
Il aura fallu trois Oliveira de « souches » différentes pour édifier l’élevage de renom connu comme celui des Oliveira Irmãos. L’autofertilité des Oliviers en somme….
Les voisins ne s’y sont pas trompés en achetant au fil des ans vaches et reproducteurs : Veiga Teixeira, Cunhal Patrício, Palha pour ne citer que les plus illustres. Le fer existe toujours même si en 2012 le tout (fer et bétail) est passé en possession de João Folque de Mendoça, déjà propriétaire de Palha. Depuis cette date, les sorties sont sporadiques voire confidentielles et l’on se demande si Folque de Mendoça n’a pas accompli cet achat dans le seul but d’avoir une réserve de sang Oliveira pour ses propres Palha dominés aujourd’hui par les apports Baltasar Ibán et Domecq. En octobre 2021 une nouvelle aventure tend les bras à ce bétail de qualité. En effet, l’élevage a été vendu par Folque de Mendoça à Paulo Tomé qui a déplacé le troupeau sur les terres de sa herdade dos Valezinhos à Rosmaninhal.

1. Martin Maqueda, Antonio — Ganaderías portuguesas, Editorial Pandora, Madrid, 1957.
2. Morais, António Manuel — A praça de toiros de Lisboa – Campo Pequeno, FNAC-Gráfica, Lisbonne, 1992.
3. Dupuy (Pierre). Palha, 150 ans d’histoire. Alchimie de la bravoure, Edições Castelão, Chamusca, 2005.
4. Lucio Ferreira, António. Ganaderías de toiros de lide existentes em Portugal, Chamusca, 1955.

 


En 1922, quand João Pedro de Oliveira décède, ses héritiers poursuivent son oeuvre. en achetant des vaches à Norberto Pedroso et un semental à Infante da Câmara. Peu satisfaits, ils fondent alors leurs espoirs dans les années 1920 puis 1930 sur des vaches et des toros de la Viuda de Soler et de Claudio Moura — Claudio Moura a racheté l’élevage de Soler en 1937. L’élevage de la Viuva e filhos de Oliveira devient lentement mais sûrement celui des Oliveira Irmãos parmi lesquels sortent du lot, dans les menées ganaderas, João Pedro et Eduardo. Ces derniers parachèvent l’oeuvre expérimentale de la famille dès 1938 semble-t-il en introduisant du bétail d’origine Pinto Barreiros sur les terres de Baracha par l’intermédiaire de bétail acheté Joaquim de Oliveira Fernandes. Celui-ci n’a pas laissé une grande empreinte dans l’histoire des élevages portugais mais, néanmoins, c’est par lui que le sang Pinto Barreiros pénètre chez les Oliveira Irmãos pour la simple raison que José Lacerda de Pinto Barreiros n’était rien moins que son beau-frère, époux de sa soeur Ana Angélica de Oliveira Fernandes. Alors si Morais fait de son bétail un croisement de vaches Gamero Cívico et d’un semental du Conde de la Corte, parions que celui qui se situe le moins loin de la vérité reste António Lucio Ferreira4 quand il écrit que l’élevage de Oliveira Fernandes était « da mesma casta Barreiro ». Il n’est pas difficile d’imaginer qu’au regard du succès rencontré par Pinto Barreiros chez ses confrères ganaderos de l’époque, le beau-frère ait eu l’envie d’élever lui aussi cette casta Barreiro.
Il reste des zones d’ombres en ce qui concerne la date de cette introduction Pinto Barreiros chez les Oliveira Irmãos. 1938 est évoqué par des membres de la famille quand d’autres sous-entendent l’idée que l’élevage de Oliveira Fernandes n’intégra la Leziria du Tage qu’après la mort de Oliveira Fernandes en 1954.
Ainsi, les Oliveira de Benavente deviennent les grands éleveurs de leur époque grâce à un Oliveira d’Évora auquel il rachetèrent l’élevage et surtout les bêtes qu’ils façonnèrent ensuite à leur sauce en renforçant le côté Parladé et la présentation.

En 1963, les frères Oliveira achètent la ganadería de António de Oliveira Durão. L’intérêt de ce fer résidait avant tout dans le fait qu’il appartenait à la prestigieuse U.C.T.L., appartenance qui seule permettait de faire lidier ses toros en Espagne. Racheter ce fer en 1963, fer qu’ils n’utilisèrent d’ailleurs pas, permit aux frères Oliveira — en vérité, dans les années soixante, l’élevage était surtout dirigé par João Pedro Oliveira surnommé João ‘Benavente’ car son frère Eduardo était décédé prématurément en 1949 — de s’ouvrir les portes d’un marché à la mesure des ambitions et des exigences de João Pedro Oliveira. Le sang existe toujours et a proliféré au Portugal chez tous les grands noms de la cabaña brava ; il est même considéré par nombre de ces éleveurs (et certains n’élèvent pas de l’Oliveira Irmãos) comme le meilleur de ce qu’accoucha le Pinto Barreiros, le plus encasté semble-t-il dans une ligne très parladeña, un poil plus forte que le Pinto Barreiros originel en terme de présentation. Néanmoins, on se trouve face à un animal de tamaño moyen, assez bas et très harmonieux et qui supporte mal les excès de poids. Au début des années 2000, les héritiers ont ajouté une deuxième origine (menée séparément paraît-il) venue de chez Gimenez Indarte (Domecq) — la ganadería de Gimenez Indarte a été achetée ces dernières années par Raúl Tenorio qui l’annonce maintenant ganadería de San Isidro. Le fer existe toujours même si en 2012 le tout (fer et bétail) est passé en possession de João Folque de Mendoça, déjà propriétaire de Palha. Depuis cette date, les sorties sont sporadiques voire confidentielles et l’on se demande si Folque de Mendoça n’a pas accompli cet achat dans le seul but d’avoir une réserve de sang Oliveira pour ses propres Palha dominés aujourd’hui par les apports Baltasar Ibán et Domecq. En octobre 2021 une nouvelle aventure tend les bras à ce bétail de qualité. En effet, l’élevage a été vendu par Folque de Mendoça à Paulo Tomé qui a déplacé le troupeau sur les terres de sa herdade dos Valezinhos à Rosmaninhal.


Elevages d'origine Oliveiras Irmãos :


Elevages disposant de bêtes d'origine Oliveiras Irmãos :

 
 

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