Flor de Jara
Flor de Jara

Javier Buendía, après une brillante carrière de rejoneador, a poursuivi sa vie par une non moins heureuse activité d’éleveur. En une dizaine d’années (1996-2008), il a su remonter le bétail Santa Coloma de son père Joaquín Buendía et s’est fait connaître sous l’appellation « Bucaré ». Depuis 2008, c’est l’ex-torero Carlos Cancela qui possède l’élevage qu’il a transféré au nord de Madrid, à côté de Colmenar Viejo. Sous la nouvelle dénomination de « Flor de Jara », l’homme entend bien améliorer encore les qualités de ses Santa Coloma ligne Buendía. Mais les débuts de la devise sont difficiles, loin de la qualité initiale. Néanmoins, peu à peu le tout s’améliore laissant augurer des jours heureux.

Ancienneté : -
Devise : Rouge et Vert
Signal : Aucun
Propriétaire : Toros Flor de Jara, S.L.
Gérant : Carlos Aragón Cancela
Fincas : "Zahurdon"  Colmenar Viejo"El Canto"  Manzanares la Real"Prado Herrerillo"  Soto del Real
   Unión de Criadores de Toros de Lidia





Crédits photographiques : Terre de Toros  

 

En 1932, le tandem Juan Buendía / Felipe Bartolomé succède au comte de Santa Coloma. L’élevage est en déclin, mais le fils de Juan, Joaquín va s’avérer être un éleveur d’exception et remonter la devise. Pour y parvenir, Joaquín va faire quelques concessions au niveau de la présentation, mais ne transigera pas sur le mental. La caste étant une des caractéristiques premières des Buendía. À partir des années 1940, le fer de Buendía entre dans les grandes ferias et fait courir un très grand nombre de bêtes.
Outre le fait de proposer des toros de qualité, nobles et encastés, Joaquín va savoir durer et conserver son rang jusque dans les années 1980. À partir de celles-ci, de nouvelles concessions s’imposent pour préserver son marché. Cette fois-ci la présentation ne peut être envisagée car toutes les arènes demandent désormais de grands toros. La caste des Buendía est alors entamée et le déclin de la devise s’amorce lors de la décennie suivante, alors que la tutelle incombe à son fils aîné : José Luis Buendía Ramírez de Arellano.

En 1996, le troupeau et les fincas familiales sont partagés entre les 13 enfants de Joaquín Buendía. À l’évidence, la partition est complexe et met en péril le devenir de l’élevage. José Luis, qui gérait depuis de nombreuses années la ganadería, conserve le fer, tous les mâles ainsi qu’un lot de vaches. Le reste de l’élevage est partagé en trois lots, donnant naissance à trois fers immédiatement titulaires à l’U.C.T.L. Maria Luisa, Joaquín et José Luis conservent la finca de « La Armarguilla », dénommant ainsi leur nouvelle devise. La finca de « Rehuelga » part quant à elle aux mains de Rafael, Mari Cruz, Luis, Felipe et Juan Carlos qui annoncent leur fer « Ganadería de Rehuelga ». Et enfin, Pilar, Carmen, Helena, Concha, Rocío et Javier gardent la finca de « Bucaré », celle qui fut depuis toujours la maison des Buendía. À la tête de cette dernière portion, l’ex-rejoneador Javier Buendía va entreprendre un retour vers le passé pour retrouver les mensurations et les qualités morales des toros de la grande époque paternelle. Un défi qui, sans être parachevé, atteint une première étape après une décennie de travail. Sur le circuit des novilladas piquées, le fer de Bucaré devient alors une référence.

Malheureusement, Javier Buendía n’aura pas l’occasion de parachever son œuvre. En 2008, les divers intérêts de la complexe indivision familiale placent l’élevage de « Bucaré » à la vente. Javier conserve tout de même quelques vaches mais la quasi-totalité du troupeau quitte définitivement « Bucaré » pour la sierra madrilène et la zone de Colmenar Viejo. Là, Carlos Cancela, ex-torero, qui a bâti sa richesse en tant que promoteur immobilier, a construit des installations de luxe expressément pour ses petits gris. Le fer est maintenu à l’identique et l’élevage est rebaptisé « Flor de Jara », une fleur abondante dans les pâturages accidentés de la nouvelle finca. Directeur de l’école taurine de Colmenar Viejo, Carlos Cancela jouit déjà d’une expérience en tant que ganadero. Avec du bétail d’origine Nuñez mais également avec des bêtes Santa Coloma qu’il avait acquis quelques années auparavant à la famille Buendía. Désireux de bien faire les choses, il a suivi dans les ruedos toute la camada 2008 et décide de se consacrer en exclusivité aux Santa Coloma et se défait de son bétail Nuñez.
L’acclimatation des Buendía à la sierra madrilène va être particulièrement difficile. Le troupeau diminue et le niveau des Bucaré désormais Flor de Jara baisse. Plus que délicate, la transition est décevante. En matière d’élevage, le temps est un facteur déterminant, et il faut bien se garder des jugements trop hâtifs. Patience et persévérance sont les maîtres mots. Carlos Cancela semble disposer de ces qualités et une décennie ayant passé, les premières étincelles éclatent. Souhaitons-lui que le feu prenne et que bientôt les Flor de Jara luisent de mille feux.

 


Carlos Cancela a acquis l’élevage de « Bucaré » en 2008. L’achat comprenait près de 600 têtes de bétail de pure origine Buendía via la maison mère. Puisque Bucaré était une des quatre partitions de l’élevage de Joaquín Buendía, celle menée par son fils Javier Buendía. Lors de l’achat, la devise était dans le meilleur moment de sa courte existence et la meilleure de toutes les devises familiales.

Si Carlos Cancela va maintenir l’origine Buendía des Bucaré, il est particulièrement intéressant de noter que l’homme possédait déjà du bétail Santa Coloma, inscrit au nom de « El Enebral ». Des dires du ganadero, son bétail est d’excellente qualité et il ne se cache pas d’avoir vendu des étalons de son propre fer aux plus grands noms de la Unión possédant cette origine. Si la modestie n’est pas la qualité première du personnage, de telles déclarations ne laissent jamais indifférent, car il y réside toujours une part de vérité.
Sans revenir sur les origines des Bucaré ou Buendía, découlant directement du comte de Santa Coloma, on peut s’arrêter sur la mince part du troupeau du fer personnel de Carlos Cancela. Il tient ses origines Santa Coloma dans la ligne Buendía, mais via la voie outre-Atlantique, ce qui bouleverse quelque peu les choses. Le ganaderoles a acquis auprès du fer vénézuélien de « La Cruz de Hierro ».

La relation entre l’élevage du comte de Santa Coloma et cette devise vénézuélienne est très complexe, alors essayons de faire simple. Pour débuter l’histoire, il faut passer en Colombie et voir du côté de la devise de Mondeño. Celle-ci fut une des premières à mêler les vaches locales à des étalons du comte de Santa Coloma. Plus tard, sous le fer de Vistahermosa, toujours en Colombie, l’influence Santa Coloma fut approfondie, notamment à l’aide d’étalons de Joaquín Buendía et ce durant plusieurs décennies jusqu’à l’obtention d’un bétail en tout point similaire aux Buendía espagnols. Le fer de Vistahermosa est un des plus connus d’Amérique latine et son bétail est à l’origine de nombreux autres élevages, en Colombie mais aussi dans les autres pays d’Amérique du Sud et notamment au Venezuela. Ainsi, l’élevage de Los Aranguez, qui fut créé à partir de bêtes de Joaquín Buendía, utilisa des étalons de Vistahermosa aux côtés de ceux de Martínez Elizondo, qui dérive également de l’élevage de Joaquín Buendía. C’est à partir de ce bétail que fut créé l’élevage vénézuelien de « La Cruz de Hierro » dont découle le bétail de Carlos Cancela. Durant l’ultime étape de la ganadería vénézuélienne, des étalons portugais de Vinhas, vénézueliens de Vistahermosa ou espagnols de Hernandez Plá vinrent encore augmenter les gènes Buendía des « Cruz de Hierro ».

 
 

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