Ganadería de Rehuelga
Ganadería de Rehuelga

En 1996, l’héritage de Joaquín Buendía est partagé entre différents membres de la famille. Afin d’éviter une trop forte fragmentation de l’élevage, les 13 enfants se groupent en 4. La part la plus mince est attribuée à Rafael, Mari Cruz, Luis, Felipe et Juan. Menés par Rafael sous la dénomination de « Ganadería de Rehuelga », les cárdenos partent en direction de la province de Cadix, non loin de Medina Sidonia. Là, Rafael entreprend un important travail de sélection, privilégiant la caste et le toro en type. Les débuts sont prometteurs, faisant quelques belles étincelles à Madrid et Saragosse. La camada courte ne permet pas une ascension rapide alors les prestations des Rehulega sont attendues. La devise franchit avec succès le passage en corrida et en 2017 le toro ‘Liebre’, primé d’une vuelta al ruedo à Madrid, finit d’affirmer le fer parmi ceux qui comptent.

Ancienneté : 20 Mai 2007
Devise : Bleu turc et Carmen
Signal : Hoja de higuera à droite
Propriétaire : Rehuelga de Medina Sidonia, S.L.
Gérant : Rafael Buendía y Ramírez de Arellano
Fincas : "Rehuelga"  Benalup de Sidonia
   Unión de Criadores de Toros de Lidia





Crédits photographiques : Patrick Constantinides  

 

En 1932, le tandem Juan Buendía / Felipe Bartolomé succède au comte de Santa Coloma. L’élevage est en déclin, mais le fils de Juan, Joaquín va s’avérer un éleveur d’exception et remonter la devise. Pour y parvenir, Joaquín va faire quelques concessions au niveau de la présentation, mais ne transigera pas sur le mental. La caste étant une des caractéristiques premières des Buendía. À partir des années 1940, le fer de Buendía entre dans les grandes ferias et fait courir un très grand nombre de bêtes.
Outre le fait de proposer des toros de qualité, nobles et encastés, Joaquín va savoir durer et conserver son rang jusque dans les années 1980. À partir des années 1980, de nouvelles concessions s’imposent pour préserver son marché. Cette fois-ci, la présentation ne peut être envisagée car toutes les arènes demandent désormais de grands toros. La caste des Buendía est alors entamée et le déclin de la devise s’amorce lors de la décennie suivante, alors que la tutelle incombe à son fils aîné : José Luis Buendía Ramírez de Arellano.

En 1996 le troupeau et les fincas familiales sont partagés entre les 13 enfants de Joaquín Buendía. À l’évidence, la partition est complexe et met en péril le devenir de l’élevage. José Luis, qui gérait depuis de nombreuses années la ganadería, conserve le fer, tous les mâles ainsi qu’un lot de vaches. Le reste de l’élevage est partagé en trois lots, donnant naissances à trois fers immédiatement titulaires à l’U.C.T.L. Maria Luisa, Joaquín et José Luis conservent la finca de « La Armarguilla », dénommant ainsi leur nouvelle devise. Pilar, Carmen, Helena, Concha, Rocío et Javier conservent quant à eux la finca de « Bucaré », maison mère des Buendía et retiennent le nom de la finca pour dénommer leur nouvelle devise. Enfin, la finca de « Rehuelga » se retrouve entre les mains de Rafael, Mari Cruz, Luis, Felipe et Juan Carlos qui annoncent leur fer « Ganadería de Rehuelga ».

À la tête de cette mince portion de la ganadería, Rafel Buendía Ramírez de Arellano entreprend un sérieux travail de sélection. Lentement mais sûrement, avec une camada courte, Rafael remonte la pente qu’avaient dévalée les Buendía dans les années 1990. La devise présente plus d’irrégularité que celle de son frère Javier, « Bucaré », mais s’impose année après année, comme une des plus intéressantes de son encaste.

 


Aux prémices du XIX° siècle, alors que l'éventail des races du toro bravo est encore large, don Enrique de Queralt Fernández Maquieira, comte de Santa Coloma, se centre sur la caste Vistahermosa et ambitionne de réunir ses deux branches les plus fameuses pour construire la quintessence de cette origine.
Pour ce faire, il achète en 1905 la moitié de l'élevage de Eduardo Ibarra via Fernando Peña, branche Barbero de Utrera de Vistahermosa, et y adjoint des bêtes du Marquis de Saltillo, branche Salvador Varea de Vistahermosa. Séparées depuis près d'un siècle, les deux rames possèdent chacune un phénotype particulier. Unir au sein d'un même troupeau les "gris" et fougueux lesaqueños au style et à la noblesse des "noirs" ibarreños était un pari osé. Pourtant, le talentueux comte va y parvenir, sachant tirer parti des qualités de chaque race.
Cependant, il est faux de penser qu’il y eut un amalgame entre les deux lignées de Vistahermosa, du moins dans un premier temps. À l’époque du comte, l’élevage était très hétérogène. Les deux branches, bien que mélangées génétiquement, gardaient chacune des caractéristiques fortes pour former deux grandes familles. Les Saltillo d’un côté et les Ibarra de l’autre. Chaque toro de la devise paraissait de l’une ou de l’autre des lignées, tant l’influence de l’une dominait l’autre et vice versa. Si bien que le mélange paraissait absent. Puis, au fil des ans et des croisements, les deux matrices originelles ont été métissées pour donner de nombreuses familles aux influences plus diffuses, bien que présentant toujours une dominante.

En 1932, l’élevage passe aux mains de Joaquín Buendía. Si trente ans plus tôt, le comte de Santa Coloma avait formé sa ganadería en réunissant les branches Saltillo et Ibarra, lorsque Joaquín reprit l'affaire, il ne restait plus que 70 vaches et deux étalons de pure origine Saltillo sur un troupeau qui comptait 700 têtes. Il était alors en majorité composé de nombreuses familles issues du mélange, chacune possédant un gradient différent des deux sang, le tout largement influencé par l’origine Ibarra. Sa sélection, des plus rigoureuses, va se centrer sur l'origine Saltillo. Pour y parvenir, Joaquín utilisera systématiquement des étalons d’origine Saltillo et peu à peu les caractéristiques ibarreñas s’amenuisent.
Fondés sur une minorité de bêtes, ses choix sont une véritable révolution, expliquant la dizaine d’années de recherches effectuées en vase clos. L’étalon ‘Rivero' arrivé à la finca comme eral avec les vaches de Santa Coloma va être une de ses pièces maitresses. Il l’utilisera comme reproducteur durant 17 ans. Par la suite, il s’appuiera également sur les étalons : ‘Lisito’, ‘Maloscascos', ‘Olivero’, ‘Calesero’ et ‘Pescador’. Au terme de son laborieux travail de sélection au cours duquel des milliers de bêtes furent sacrifiées, Joaquín a transformé la morphologie des Santa Coloma et retrouvé leur caste légendaire. De format réduit, aux lignes plus asaltilladas ses Santa Coloma ont perdu en trapío, mais leur agressivité s'est canalisée dans une noblesse encastée. La caste Buendía était née. Fort de la qualité de son bétail et de ses succès retentissant, Joaquim Buendía allait vendre à d’autres éleveurs faisant de sa devise un encaste.

En 1996, l’élevage fut divisé en quatre lots aux portions inégales. L’un d’eux, le plus mince, est sous la tutelle de Rafael Buendía, annoncé Ganadería de Rehuelga. Bien évidemment, Rafael a maintenu à l’identique les origines de la devise.

 
 

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