Joaquín Buendía Peña
Joaquín Buendía Peña

La famille Buendía est une des grandes familles d’éleveurs de toro d’Andalousie. Elle s’est consacrée à l’élevage du bétail d’origine Santa Coloma, auquel elle a su inculquer des caractéristiques singulières au point de constituer un encaste propre qui porte son nom.
Depuis 1932 et Joaquín Buendía Peña, la famille a su se relayer pour garantir le renom de son bétail. C’est aujourd’hui le petit-fils de Joaquín, José Buendía del Cid qui gère l’affaire et même si la devise a perdu de son aura, elle subsiste et reste un nom emblématique de la cabaña brava.

Ancienneté : 17 Mai 1906
Devise : Bleu turc et Carmen
Signal : Hoja de higuera à chaque oreille
Propriétaire : Ganadería Santacoloma, S.L.
Gérant : José Buendía del Cid
Fincas : "Valdehelechoso"  Aracena"La Amarguilla"  Moron de la Frontera"Los Toriles"  Zufre
   Unión de Criadores de Toros de Lidia





Crédits photographiques :  

 

1932. Alors que la célèbre devise du comte de Santa Coloma est au plus mal, Juan Buendía et Felipe Bartolomé se portent acquéreurs, et l’affaire est conclue à la grande surprise du mundillo. La venue de ce tandem au toro de lidia est un peu une affaire de hasard. Les deux hommes étaient amis et associés en affaires qui consistaient à la vente de brebis. Ainsi, en 1921, ils achètent la finca de Rafael Surga, futur beau-père de Felipe Bartolomé, dans le seul but d’y faire prospérer leur négoce ovin. L’achat ne comprenait pas seulement la finca mais également une bonne partie du bétail, dont quelques toros bravos de don Rafael. Le cours de la viande ayant chuté, ils décidèrent de conserver le bétail brave. Fait anecdotique mais ô combien important, puisque les deux négociants se prirent peu à peu au jeu en même temps que Joaquín, fils de Juan Buendía, se découvrit une vocation. Le bétail manso ne passionnait guerre Joaquín et le jeune homme n'avait qu'une idée en tête : fonder sa ganadería brava. Alors, en 1932, pour assouvir la passion de Joaquín, l'association Bartolomé - Buendía se porte acquéreur du troupeau du comte de Santa Coloma et place l’investissement à son nom. Est-ce l'insouciance de la jeunesse qui le poussa dans l'aventure ? Toujours est-il que la décadence du célèbre élevage andalou n'effleura en rien son enthousiasme. Fui par les figuras et peu prisé des aficionados, Joaquín se retrouve en 1932 à la tête d'un immense élevage de près de 700 têtes aux origines variées.

Sachant l'élevage dans une mauvaise passe, Joaquín Buendía décide de travailler en sous-marin, sans lidier ses produits. Durant la Guerre civile (1936-1939), il poursuit ses travaux et une fois celle-ci achevée, n'estimant toujours pas les résultats suffisants, il persévère. Au terme d'un laborieux travail, centré sur les origines Saltillo, Joaquín a transformé ses Santa Coloma en accord avec l’évolution de tauromachie. Le Buendía est né. Il possède une morphologie plus raisonnable, plus accommodante que le Santa Coloma et côté moral, le ganadero a su retrouver leur caste et bravoure légendaires pour les développer au-delà du premier tiers. Son endurance et son agressivité sont désormais agrémentées d’une charge claire et longue, jusqu’ici inédite pour la devise. Il se présente à Madrid en 1943 et c’est la révélation. L'atténuation du trapío et la noblesse de ses toros ravissent les figuras, tandis que leur caste attire les aficionados. Joaquín Buendía a atteint un équilibre qui l'installe dans le haut de la hiérarchie. Suivent tout naturellement de nombreux autres succès. Les années 1950 constituent l'apogée de la ganadería, la réussite se poursuit jusque dans les années 1970. Sur leur route, les Buendía croisent le torero Paco Camino qui sut les comprendre à merveille et en extirper toute l’essence à tel point que son nom est indissociable du succès de l'élevage. Durant cette période Joaquín Buendía s’est hissé au niveau des plus illustres éleveurs de bravos, remontant une devise qui semblait perdue. La noblesse de ses Buendía n’était jamais candeur et elle était le plus souvent accompagnée d’une caste vive. Mais il y a tout de même un reproche qui peut être fait à don Joaquín, à savoir la réduction excessive de la tête de ses Buendía. Car, vers la fin des années 1970, débute la demande d’un toro plus imposant. Une demande qui se fera croissante avec le temps et auquel les Buendía auront des difficultés à répondre. Le toro de Buendía sort alors en piste surchargé en poids. La sélection morphologique change, avec un toro de plus en plus haut et avec davantage de tête. Les résultats pâtissent de ces changements avec l’apparition d’une fadeur liée au manque de caste, du jamais vu jusque-là. Les succès se veulent moins réguliers malgré quelques triomphes de poids jusque vers le milieu des années 1990, puis le néant. La ganadería passée sous la tutelle de José Luis Buendía, fils de Joaquín, a perdu la considération des vedettes et se voit écartée des grandes affiches.

En 1996 le troupeau et les fincas familiales sont partagés entre les enfants de Joaquín Buendía Peña. La famille étant nombreuse, treize enfants, la partition est particulièrement complexe. José Luis, qui gère depuis de nombreuses années la ganadería, conserve le fer, tous les mâles ainsi qu’un lot de vaches. Le reste de l’élevage est partagé en trois lots, donnants trois fers immédiatement titulaires à l’U.C.T.L. José Luis Buendía y Ramírez de Arellano est l’un des fils de Joaquín qui possède le plus d’influence, puisque outre sa part, il entre dans la constitution d’un des lots, avec son frère Joaquín et sa sœur Maria Luisa. Ce lot inclus la finca de « La Armarguilla », titre de la nouvelle devise. Les deux autres lots sont « Rehuelga », finca du même nom pour Rafael, Mari Cruz, Luis, Felipe et Juan Carlos et « Bucaré » pour Pilar, Carmen, Helena, Concha, Rocio et Javier qui gardent ainsi la finca historique.
Joaquin Buendía Peña décède en 2004 à l’âge de 96 ans. Alors, José Luis Buendía achète toutes les parts de « La Amarguilla » et unit les deux troupeaux. Le droit du fer de « La Amarguilla » étant vendu à la société Perinal S.L. qui l’annoncera ensuite « Ganadería de San Miguel ». Agé de 72 ans, José Luis Buendía décède en 2008 et laisse la main à son fils, José Buendía del Cid.

 


Aux prémices du XIX° siècle, alors que l'éventail des races du toro bravo est encore large, don Enrique de Queralt Fernández Maquieira, comte de Santa Coloma, se centre sur la caste Vistahermosa et ambitionne de réunir ses deux branches les plus fameuses pour construire la quintessence de cette origine.
Pour ce faire, il achète en 1905 la moitié de l'élevage de Eduardo Ibarra via Fernando Peña, branche Barbero de Utrera de Vistahermosa, et y adjoint des bêtes du marquis de Saltillo, branche Salvador Varea de Vistahermosa. Séparées depuis près d'un siècle, les deux rames possèdent chacune un phénotype particulier. Unir au sein d'un même troupeau les "gris" et fougueux lesaqueños au style et à la noblesse des "noirs" ibarreños était un pari osé. Pourtant, le talentueux comte va y parvenir, sachant tirer parti des qualités de chaque race.
Cependant, il est faux de penser qu’il y eut un amalgame entre les deux lignées de Vistahermosa, du moins dans un premier temps. À l’époque du comte, l’élevage était très hétérogène. Les deux branches, bien que mélangées génétiquement, gardaient chacune des caractéristiques fortes pour former deux grandes familles. Les Saltillo d’un côté et les Ibarra de l’autre. Chaque toro de la devise paraissait de l’une ou de l’autre des lignées, tant l’influence de l’une dominait l’autre et vice versa. Si bien que le mélange paraissait absent. Puis, au fil des ans et des croisements, les deux matrices originelles vont se métisser pour donner de nombreuses familles aux influences plus diffuses, bien que présentant toujours une dominante.

En 1932, l’élevage passe aux mains de Joaquín Buendía. Si trente ans plus tôt, le comte de Santa Coloma avait formé sa ganadería en réunissant les branches Saltillo et Ibarra, lorsque Joaquín reprit l'affaire, il ne restait plus que 70 vaches et deux étalons de pure origine Saltillo sur un troupeau qui comptait 700 têtes. Il était alors en majorité composé de nombreuses familles issues du mélange, chacune possédant un gradient différent des deux sang, le tout largement influencé Ibarra. Sa sélection, des plus rigoureuses, va se centrer sur l'origine Saltillo. Pour y parvenir Joaquín utilisera systématiquement des étalons d’origine Saltillo et peu à peu les caractéristiques ibarreñas s’amenuiseront.
Fondés sur une minorité de bêtes, ses choix sont une véritable révolution, expliquant la dizaine d’années de recherches effectuées en vase clos. L’étalon ‘Rivero' arrivé à la finca comme eral avec les vaches de Santa Coloma va être une de ses pièces maitresses. Il l’utilisera comme reproducteur durant 17 ans. Par la suite, il s’appuiera également sur les étalons : ‘Lisito’, ‘Maloscascos’, ‘Olivero’, ‘Calesero’ et ‘Pescador'. Au terme de son laborieux travail de sélection au cours duquel des milliers de bêtes furent sacrifiées, Joaquín a transformé la morphologie des Santa Coloma et a retrouvé leur caste légendaire. De format réduit, aux lignes plus asaltilladas ses Santa Coloma ont perdu en trapío, mais leur agressivité s'est canalisée dans une noblesse encastée. La caste Buendía était née. Fort de la qualité de son bétail et de ses succès retentissant, Joaquín Buendía allait vendre à d’autres éleveurs faisant de sa devise un encaste.

En 1996, l’élevage fut divisé en quatre lots aux portions inégales. José Luis Buendía acquit une part à son seul nom, placé sous le fer historique, et prit part, en compagnie de sa sœur Maria Pilar et de son frère Joaquín, au lot dénommé « La Amarguilla ». En 2004, il racheta les parts de sa sœur et de son frère et unit les deux troupeaux, le tout étant marqué du seul fer de son père et anciennement du comte de Santa Coloma. Suite au décès de José Luis en 2008, c’est son fils, José, qui dirige actuellement la devise, préservant à l’identique les origines façonnées par son grand-père.


Elevages d'origine Joaquín Buendía Peña :


Elevages disposant de bêtes d'origine Joaquín Buendía Peña :

 
 

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