Zalduendo
Zalduendo

Alberto Baillères réalise une acquisition de prestige en achetant l’élevage de Zalduendo, fer et bétail, en 2014. À cette époque, la devise figure parmi les valeurs les plus sûres de la bourse taurine, présente sans discontinuer depuis près de vingt ans dans le top 10 des élevages qui font combattre le plus de toros.
L’homme d’affaires mexicain, l’un des plus riches de son pays, n’est pas un novice dans le monde taurin. Déjà propriétaire des élevages sud-américains Begoña, San Miguel de Mimiahuapam, Santa Teresa et San Martín, il continue de se projeter vers l’avenir malgré ses 83 ans. C’est le cas avec cette dernière acquisition, mais aussi avec la création de la plateforme taurine FIP aux côtés de José Cutiño et Simon Casas. L’empire Baillères, que l’on ne présente plus outre-Atlantique, s’oriente donc clairement vers l’Europe.
Sa politique ganadera pour la devise de Zalduendo n’est pas une révolution, mais la continuité de celle de Fernando Domecq, les deux hommes partageant la même idée du toro de combat. Depuis 2014, le bétail a quitté "Moheda de Zalduendo" pour "Los Guateles", l’ex-propriété de Litri. Désormais loin du top 10, le fer ne fait plus lidier qu’une trentaine de toros par an, mais la seconde étiquette de la marque, créée en 2021 et nommée "La Purísima", peuplée de bêtes d’origine Núñez del Cuvillo, devrait permettre à son fils Juan Pablo Baillères de remonter dans l’escalafón ganadero.

Ancienneté : 14 Juillet 1817
Devise : Encarnada et Bleu
Signal : Punta de lanza à chaque oreille
Propriétaire : Zalduendo S.L.U.
Gérant : Antonio Barrera Contreras
Fincas : "Los Guateles"  Aliseda
   Unión de Criadores de Toros de Lidia



Le fer de Zalduendo nous amène à la fin du XVIIIème siècle en terre navarraise. Là, Joaquín Zalduendo, originaire de Caparroso, au sud de Pampelune, rassemble quelques toros sauvages pour créer les prémices de sa ganadería. Mais Joaquín n'est qu'un modeste ganadero face à Antonio Lecumberri qu'il admire. Antonio Lecumberri détenait l'héritage du Marquis de Santacara, père de la race navarraise. Il menait avec une grande réussite la devise, à tel point qu'elle ne possédait aucun concurrent de son aura et vendait ses toros à prix d'or. Un tel patrimoine n'engage pas à la dilapidation. Pourtant, grâce à son épouse Juana Pascual, Joaquín Zalduendo réussit à parvenir à son ambition, obtenir du ganado de Lecumberri. En effet, Juana était une grande amie de Isabel de Virto, épouse d'Antonio Lecumberri. Elle sut plaider la cause de son époux et les deux hommes commencèrent par s'échanger du bétail, avant que Joaquín puisse finalement acquérir une partie de la ganadería de Lecumberri.

Au décès de Joaquín, Juana Pascual donnera les rênes de l'élevage à son fils, Joaquín Fausto Zalduendo. Il s'avéra un excellent ganadero et sut par sa sélection faire fructifier le sang Lecumberri pour assurer sa renommée durant tout le XIXème siècle. Il se présente à Madrid le 14 juillet 1817 avec une devise jaune et verte. Au décès de Joaquín Fausto, sa veuve, Cecilia Montoya, assure la transition avant de transmettre le bien à son fils, Jacinto Zalduendo Montoya. La devise est alors en pleine gloire, sous le nom de Cecilia, sortiront quelques toros notables, dont ’Sillero’, qui, en 1871, à Barcelone, prend 28 piques après avoir tué un toro dans les corrales. La temporada 1858 sera peut-être la plus fameuse, on y compte pas moins de deux indultos, à une époque où la récompense suprême était loin d'être galvaudée. L'exploit fut de surcroît réalisé en deux jours, les 7 et 8 Juillet, lors de la Feria de Pampelune. ‘Chocolatero’ d'abord, il prit 22 piques et tua 10 chevaux, puis ‘Ligero’ qui tua à lui seul 9 chevaux.
Enfin, la veuve de Jacinto, María del Carmen Miranda, sera la dernière Zalduendo à posséder le fer. À la fin de la guerre civile, elle disparaît ainsi que toute la famille qui se voit dépossédée de son bien le plus précieux qu'elle maintenait depuis 167 ans. Martín Amigot Sesma, un voisin de Tudela, achète alors la célèbre ganadería. En 1946, il passe la main à son fils, Javier, qui la vend en 1965 à la société Villaralto S.A. . Puis, en 1971, c'est au tour de Juan Villar de disposer du vieux fer de Zalduendo, il nomme son troupeau "Villar Vega". Florencio Marín Rivas lui redonne son appellation d'origine en 1983, pour finalement vendre en 1987 à Fernando Domecq Solís qui installe le troupeau dans la province de Cáceres à Moheda de Zalduendo.

Les succès des "retintos" navarrais sont déjà bien loin, enfouis dans le passé. Fernando, issu de la plus illustre des familles d'éleveurs d’Andalousie est mieux placé que quiconque pour le savoir. Il élimine tout le bétail pour le remplacer par sa part de l'élevage familial de Jandilla qu’il dirigeait avec son frère Borja. Ne restent plus des Zalduendo d'antan que le fer, l'ancienneté et l'histoire, son actualité étant toute autre. Le nom de Zalduendo sera dès lors à nouveau placardé sur les affiches mais dans un autre style. La tauromachie a fortement évolué depuis les petits navarrais, désormais on ne compte plus les piques et les chevaux tués mais les oreilles coupées. Au jeu de la noblesse, Fernando Domecq est un maître. Il faut dire qu’il fut à bonne école. Il va formater un toro terciado et parfaitement adapté à la tauromachie moderne et aux capacités des toreros actuels. Sans suivent les triomphes, prix, vueltas al ruedo et indultos que l’on connaît aujourd’hui. Zalduendo est l’un des élevages qui vend le plus de toros et un des plus demandés par les figuras. Pourtant il reste très discret dans les arènes de première catégorie du fait de sa petite carrure. Un fait pour lequel Fernando se refusera toujours à la moindre concession, peu importe les conséquences. Jusqu’à la fin, il chercha à élever le toro qui lui plaît, bas, ramassé et à la tête étroite et hors de question d’augmenter le type et de prendre le risque de perdre son âme.

En 2014, fatigué et déçu par le manque de respect du milieu taurin, Fernando Domecq vend Zalduendo à Alberto Baillères, magnat mexicain et passionné de toros. Cet homme, l’un des plus riches du Mexique, n’est pas un novice : déjà propriétaire de quatre élevages sud-américains, il voit dans Zalduendo une porte d’entrée vers l’Europe taurine. Désormais installé dans la finca de « Los Guateles », ex-propriété de Litri, l’élevage entame une nouvelle ère.

La famille Baillères incarne la réussite économique et la fidélité à une passion. L’histoire commence avec Alberto Baillères Chávez, pionnier audacieux qui, dans un Mexique en reconstruction au début du XXème siècle, investit dans les mines alors que les capitaux sont rares. Ce pari fonde le socle de Grupo BAL, un empire qui s’étendra à la métallurgie, l’assurance, la finance, l’immobilier et l’éducation. Sous la direction de son fils, Alberto Baillères González, le groupe devient un géant mondial, notamment avec Peñoles, l’un des plus grands producteurs d’argent au monde.
Mais derrière la puissance industrielle, une passion demeure : la tauromachie. Dès 1934, la famille crée son premier élevage, Begoña, puis en 1972 acquiert San Miguel de Mimiahuapam et fonde Santa Teresa. En 2012, elle rachète San Martín, consolidant son influence au Mexique. L’achat de Zalduendo en 2014 marque une étape décisive : Alberto Baillères entre dans le cercle fermé des ganaderos présents sur les deux continents.
Habitué des cercles d’influence, il veut renforcer l’édifice fragile qu’est la tauromachie et lance la FIT (Fusión Internacional por la Tauromaquia) pour unir les forces du monde taurin et défendre la corrida face aux défis contemporains. Si le projet s’essouffle, son ambition de ganadero reste intacte. Il souhaite maintenir Zalduendo au sommet, fidèle à l’esprit de Fernando Domecq, avec un toro bas, ramassé, noble, sans céder aux modes. Il donne pour consigne à son équipe de ne pas augmenter le type de ses toros, mais grâce à une alimentation soignée, il parvient en 2019 à se présenter à Madrid, quelques jours à peine après le décès de Fernando Domecq, qui souffrait depuis plusieurs années d’un cancer et n’avait jamais voulu céder au toro démesuré pour franchir les portes de Las Ventas.
Sous la direction des Baillères, l’élevage a considérablement réduit sa production : de la centaine de toros annuelle, la devise n’en fait désormais lidier qu’une trentaine. Un choix de sélection qui fait sens avec la nouvelle acquisition de bétail de provenance Núñez del Cuvillo, élevé séparément et étiqueté « La Purísima ».

Alberto s’éteint en 2022, laissant un empire diversifié et une empreinte indélébile dans la tauromachie. Aujourd’hui, son fils Juan Pablo Baillères poursuit l’œuvre taurine de la famille. Il conjugue tradition et modernité, inscrivant Zalduendo dans la continuité tout en projetant la famille Baillères comme acteur incontournable de la tauromachie mondiale avec pas moins de six élevages de toros.

 


Fernando Domecq Solís, fils de Juan Pedro Domecq y Díez fondateur de la caste Domecq, possédait déjà une excellente formation de ganadero lorsqu’il fonda l'élevage de Zalduendo. Les travaux pratiques, il connaissait aussi, puisqu'il mena durant sept ans, en compagnie de son père l'élevage au fer vazqueño de Juan Pedro Domecq, pour poursuivre avec ses frères sous la devise étoilée de Jandilla jusqu'en 1987. Soit 15 années d'expériences. Alors, il décide de voler de ses propres ailes et place sous le fer navarrais de Zalduendo une pointe de bétail de Jandilla. Pour Fernando, il n'est pas question de créer un clone mais une nouvelle ganadería à son image, différente de celles de ses frères.

Il débute avec un neuvième de Jandilla, soit un tout petit troupeau, seulement 50 vaches de ventre, une soixantaine de femelles non tientées et 2 étalons. Fernando choisit deux étalons non approuvés, c'est-à-dire deux becerros tientés, mais dont les caractéristiques de descendance ne sont ni définies, ni reconnues. Enfin, pour augmenter son troupeau, il ajoute 30 eralas de son oncle Salvador, qu’il put choisir librement avec l'appui du livre de la ganadería, privilège familial oblige.
Sur cette base, Fernando, par sa sélection, va créer Zalduendo. La première année de tentaderos, en 1988, il avoue avoir eu la chance d'approuver deux erales dans la même journée. ‘Farolero’ et ‘Tunante’ tous deux noirs et portant le numéro 49. Ces deux étalons aux qualités différentes allaient devenir les piliers de la ganadería, formant deux lignes distinctes. « ‘Farolero’ est le toro le plus brave que je n'ai jamais eu, tandis que ‘Tunante’ est le toro qui m'a donné les plus grandes émotions de ma vie », explique le ganadero. Détacher émotion de bravoure peut surprendre. Pour bien comprendre les dires de Fernando, il faut rattacher au terme émotion les notions de classe, d'allure et de noblesse. Des qualificatifs qui ne sont pas forcément en rapport avec la bravoure fondamentale, l'état brut, en son sens traditionnel.

Avec plus de trente années de sélection propre, Zalduendo a figé son type de toro et est désormais considéré comme un sub-encaste de la rame Domecq.


Elevages d'origine Zalduendo :


Elevages disposant de bêtes d'origine Zalduendo :

 
 

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