Luis Rocha
Luis Rocha

Avec la “mer” d’Alqueva pour décor un rien austère, Luis Rocha élève des Pinto Barreiros très typés Oliveira Irmãos depuis les années 1970. Ici, l’animal est roi : toros, chevaux ou cabestros vivent en harmonie sous l’oeil protecteur de Carlos, le maioral et homme de confiance.

Ancienneté : -
Devise : Bleu, Blanc et Or
Signal : aucun
Propriétaire : Luis Rocha
Gérant : Carlos Fernandes
Fincas : “Herdade da Machoa”  Monsaraz
   Associação Portuguesa de Criadores de Toiros de Lide





Crédits photographiques : Terre de Toros  

 

C’est en 1975 que Luis Rocha devient ganadero de toros de lidia. Au coeur même d’un moment de l’histoire du Portugal au cours de laquelle de nombreux autres éleveurs étaient dépossédés de leurs terres et de leur cheptel brave par la Réforme agraire qui suivit la Révolution des oeillets de 1974. Ainsi, héritier par sa mère d’une herdade magnifique au pied de la non moins magnifique Monsaraz, la Herdade de Machoa (800 hectares), il devient éleveur du bétail brave parce que le venin de l’afición lui avait été transmis dans sa prime jeunesse par son ami de toujours : Fernando de Castro Van Zeller Pereira Palha. C’est par le paiement d’une dette qui lui était due qu’il récupère sept vaches braves d’origine Pinto Barreiros. Pour en faire un véritable élevage, Luis Rocha, ancien forcado de Santarém et ingénieur agricole, achète dans les années qui suivent des vaches auprès de plusieurs confrères portugais parmi lesquels Batista Corujo dont les vaches sont alors marquées du fer de Cabral Ascensão, Varela Crujo, Brito Paes, Andrade Salgueiro, Ribeiro Telles, Charrua et un mâle qui devient semental de chez Oliveira Irmãos. C’est d’ailleurs ce toro d’Oliveira Irmãos qu’il recherche depuis la création de son élevage : sa bravoure, son piquant et sa caste. La première course donnée par le fer eut lieu à Vila Nova da Barquinha mais c’est la plaza lisboète de Campo Pequeno qui valut à Luis Rocha la reconnaissance du monde taurin. Là, il « indulta » plusieurs bons taureaux qui devinrent les reproducteurs de l’élevage. Luis Rocha est aujourd’hui un vieil homme fatigué mais qui continue quotidiennement à fouler de ses pas lents la terre de Machoa. L’élevage est dirigé par son homme de confiance, Carlos Fernandes, qui vit sur la herdade depuis l’âge de 15 ans. Sans descendance directe, l’avenir de cette ganadería trop mal connue de l’autre côté de la frontière et des Pyrénées demeure, malheureusement, très incertain.

 


Luis Rocha est devenu éleveur du bétail brave presque par hasard. C’est grâce au paiement d’une dette qui lui était due par un homme contraint de quitter le Portugal au moment de la révolution des oeillets (1974) qu’il récupèra sept vaches braves d’origine Pinto Barreiros. Pour en faire un véritable élevage, il manquait des têtes et surtout un ou des reproducteurs. De fait, Luis Rocha, qui était un grand aficionado, acheta à partir de 1975 des vaches auprès de plusieurs confrères portugais parmi lesquels on trouve mention d’une dizaine acquises auprès d’un certain Batista Corujo dont les vaches étaient alors marquées du fer de Cabral Ascensão donc Pinto Barreiros très orienté d’Oliveira Irmãos. Ensuite apparaissent les patronymes plus connus de Varela Crujo, Brito Paes, Andrade Salgueiro, Ribeiro Telles, Charrua et enfin un mâle, qui devint semental, de chez Oliveira Irmãos. Ceux qui suivront seront issus de l’élevage, certains même revenus vivants de leur combat livré dans le ruedo comme ‘Dador’, gracié en 2008 à Lisbonne. Il n’étonnera personne que les toros de Rocha présentent des caractéristiques physiques similaires à celles rencontrées dans les élevages d’origine Oliveira : des caisses sans excès, des corps musculeux et très bien dessinés, une peau fine et en guise de camouflage, du noir ultra majoritaire. Chez Rocha, la plaza de tienta est quadrangulaire, comme chez Miura. Cela favorise la prise de querencia mais cela permet aussi de révéler plus encore le bon grain de l’ivraie. On tiente à l’espagnole, on insiste sur la bravoure au cheval et l’on élimine beaucoup. Depuis un petit lustre, le nombre de vaches a été considérablement réduit : on en comptait 150 en 2012, elles ne sont plus que 70. La pandémie n’a pas aidé et les Rocha sont absents de Lisbonne depuis quelques années. Un signe ? Luis Rocha est aujourd’hui un vieil homme. L’élevage est dirigé par son homme de confiance, son maioral, Carlos Fernandes, qui vit sur la herdade depuis l’âge de 15 ans. Sans descendance directe, l’avenir de cette ganadería trop mal connue de l’autre côté de la frontière et des Pyrénées demeure, malheureusement, très incertain.

 
 

 
 
Luis Rocha et Fernando Palha
 

Dans un cercado de becerros, au sommet d’une butte sans arbre, la « mer » d’Alqueva pour point de fuite infini, un impétueux berrendo en negro aparejado leva sa tête en devenir et défia la présence humaine. « Celui-là, c’est pas un des nôtres. C’est le descendant d’un Fernando Palha ! Il avait sauté la clôture quand nous avons héberger l’élevage dans les années 2000. Il reste une vache de cette ascendance. On l’a gardée parce qu’elle était excellente. Lui, c’est son fils. ».

À la fin des années 1990 et au début des années 2000, l’élevage fondé par Fernando Pereira Palha, alors nommé Herdeiros de Maria do Carmo Palha (sa grand-mère) ou Quinta da Foz subit, comme tant d’autres, les affres du partage familial lorsque décéda la dueña qui régnait sur l’empire Palha : Julia Pereira Palha Van Zeller (tante de Fernando Pereira Palha). Fernando Palha devait rendre la Quinta da Foz à une agriculture plus traditionnelle et, le temps de se retourner, Luis Rocha lui proposa de déposer le baluchon mal ficelé de ses sublimes estampes sur les grands espaces ouverts au vent qu’il tenait de sa mère à Machoa, au pied du Castelho de Monsaraz. Ce fut le geste d’un vieil ami qui offrait l’asile à un sang devenu apatride et très éloigné de celui qu’il élevait là depuis le milieu des années 1970. Luis Rocha, d’après ce qu’il en a raconté, est devenu aficionado a los toros grâce à ce « frère » qu’était pour lui Fernando Palha. Vivant à Lisbonne, c’est chez les Palha que la passion lui tomba dessus à l’âge de huit ans. Compagnon de collège ou de lycée de ce Palha si spécial, c’est auprès de ce cavaleiro amateur qu’il apprit ce qu’il sait des toros et c’est grâce à lui qu’il osa devenir éleveur dans les années 1970. Les Palha de Fernando ont retrouvé depuis les terres de la Leziria du Tage à Porto Alto mais ce jeune berrendo, planté en haut de sa colline, demeure le stigmate d’une vie d’amitié entre deux grands bonhommes. Cosas de campo.

 
 

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