Hros. de Miguel Zaballos Casado
Hros. de Miguel Zaballos Casado

L’élevage de Miguel Zaballos intriguait. Dans l’océan d’uniformité dicté par l’origine Domecq, les Saltillo negros de ce fer questionnaient et amenaient les aficionados à revoir leurs certitudes.

Miguel Hernández Zaballos, petit fils du fondateur, perpétuait l’œuvre familiale initiée en 1963. Le bétail Saltillo était élevé à l’identique, avec une sélection sans concession. Ainsi, si les Zaballos étaient des toros aux lignes fines, dotés d’un petit squelette et de longues cornes ouvertes, leur tempérament restait rustique et s’accompagnait souvent d’une noblesse étonnante.
La camada était modeste et le nombre de bêtes lidiées demeurait très irrégulier. Malgré des résultats encourageants en novillada, l’actualité de la devise avait fini par être d’assurer sa survie — une survie que Miguel Hernández Zaballos ne put maintenir.

Ancienneté : 22 Juillet 1967
Devise : Incarnat et Jaune
Signal : Horcas à chaque oreille
Propriétaire : Hros. de Miguel Zaballos Casado
Gérant : Miguel Hernández Zaballos
Fincas : "Villar de Los Álamos"  Aldehuela de la Bóveda"Valdelacova"  Doñinos de Ledesma"Cabeza de Diego Gómez"  Sando
   Unión de Criadores de Toros de Lidia





Crédits photographiques : Terre de Toros  

 

Au plus profond de la basse Andalousie, aux alentours d’Arcos de la Frontera, est née la race Espinosa-Zapata. Nous devons celle-ci aux moines cartujanos qui rassemblèrent du bétail de la tierra de diverses provenances, que les señores Miguel Espinosa Dávila et Pedro José Zapata Caro hissèrent aux prémices du XIX° siècle. Bien plus tard, en 1883, le troupeau quitte l’Andalousie pour les terres de Castille sous la gouverne du conde de la Patilla, qui le cède dix ans plus tard à son compatriote Estéban Hernández Martínez.
L’homme possédait déjà du bétail de la tierra mais issu du nord, les fameux Raso de Portillo, qu’il agrémenta avec des bêtes d’origine vazqueña (Trespalacios) et Saltillo. Le croisement qui produisit les meilleurs résultats fut celui des Saltillo avec les bêtes d’Arcos de la Frontera, il fut choisi pour peupler l’ensemble de l’élevage. Si bien qu’Estebán rivalisait avec les élevages de Veragua et Martínez, les plus en vogue du moment. Le troupeau alla jusqu'à compter 1500 têtes et acquérir le surnom flatteur de « Pablo Romero de Madrid ». Décédé d’une chute de cheval sur sa finca de « Sotillo Gútierrez », ses héritiers et sa veuve Luisa Plá (1913) prirent sa succession. Malheureusement, l’élevage ne survivra pas à la Guerre civile (1936-1939).

En 1944, après quelques longues années de carence, la famille Hernández Plá rebâtit sur la même finca de « Sotillo Gútierrez », une nouvelle ganadería avec du bétail d’origines très diverses : duc de Pinhoermoso, Albaserrada (par Escudero Calvo), Samuel Flores, Vicente Martínez et Santa Coloma. Ils sollicitent l’accès à l’U.C.T.L. par la prueba pour finalement y entrer officiellement en 1950. Une décennie plus tard, l’élevage est scindé entre les deux frères, José Maria et Estebán Hernández Plà, ce dernier conservant le fer historique.
En 1963, Miguel Zaballos Casado, jusqu’alors traitant en bovin dans le Campo Charro, achète l’élevage de Estebán Hernández Plá et remplace le cheptel par du bétail de Argimiro Pérez-Tabernero, d’origine Saltillo. Il se présente à Madrid le 22 juillet 1967 lors d’une novillada nocture de six espadas.
En 1978, au décès de Miguel Zaballos, c’est son gendre Felipe Hernández San Román marié à sa fille María Luisa qui reprend la ganadería, annoncée alors au nom de ses héritiers. Le nouveau ganadero de bravo n’est pas vraiment novice dans la profession puisqu’il élève des moruchos, mais, en matière de bravo, il a tout appris aux côtés de son beau-père.
En 1990, le troupeau est agrandi avec du bétail de son ami Antonio Pelaez, propriétaire de l’élevage voisin de Clairac, d’origine pur Gamero Cívico. Apport renforcé en 1994 et toujours maintenu séparément des Saltillo. Les Clairac, comme on les appelle populairement, sont de rustiques Parladé. Ils seront maintenus jusque dans les années 2010 où ils prirent alors la direction de l’abattoir. Miguel Hernández Zaballos, fils de Felipe, honorant ainsi la parole de son père, qui avait promis à son ami Antonio de ne jamais vendre son bétail à un autre. Le motif de la vente fut de se concentrer sur l’amélioration des Saltillo, une logique aussi sage qu’économique. Malheureusement malgré des résultats encourageants, Miguel Zaballos, petit-fils du fondateur a toutes les peines du monde à maintenir son troupeau qui, suite aux dernières crises, ne dispose plus que de quelques poignées de vaches. Une peine.

 
 

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