Javier Gallego Garcia
Javier Gallego Garcia

Javier Gallego est un ganadero de “toda la vida”. Né au contact des toros, il a grandi avec eux et c’est tout naturellement qu’il est devenu à son tour ganadero. L’histoire familiale débuta il y a plus d’un demi-siècle avec Enrique Garcia qui réussit à récupérer du vieux sang Veragua auprès du Duc de Osuna. Passée ensuite aux mains de ses filles, cette branche vazqueña en perdition fut sauvée par Javier Gallego et son associé Aurelio Hernando. Désormais séparés, Javier Gallego prône la « pureza Veragua » et les variétés de robes, sans concession sur le mental. Un certain goût de rusticité oubliée de notre modernité. Une parole illustre à merveille ce contraste : quand on demande à Javier le défaut de ses toros, il répond, non sans malice, « ils sont trop braves au cheval ». Sacré défaut, en effet !

Ancienneté : -
Devise : Vert, Bleu et Celeste
Signal : Hendido à chaque oreille
Propriétaire : Javier Gallego Garcia
Gérant : Javier Gallego Garcia
Fincas : "El Pulido"  Brazatortas“Prado Bonal”  Soto del Real
   Agrupacíon Española de Ganaderos de Reses Bravos





Crédits photographiques : Terre de Toros  

 

Javier Gallego García est un ganadero de “toda la vida”. Depuis sa plus jeune enfance les toros font partie de sa vie. C’est son grand-père, Enrique García Gonzalez, premier président de l’Asociación de Ganaderías de Lidia en 1951, qui crée l’élevage dans les années 1950 avec du bétail d’origine Veragua acquis au Duc de Osuna. La devise est bleue et blanche, comme celle d’Enrique José Calderón, héritier des Veragua de Juan Pedro Domecq et intermédiaire entre les Duc de Veragua et d’Osuna. Installé au nord de Madrid, à Colmenar Viejo, il conserve intact son élevage jusqu'à sa mort en 1973. Les filles de don Enrique prennent sa succession et s’annoncent « Hijas de D. Enrique García ». Au début des années 1980, les héritières tentent d’injecter du sang neuf avec l’importation d’étalons d’origine Parladé via Samuel Flores, Atanasio Fernández et d’autres. La ganadería se métisse mais reste une pointe de Veragua presque intacte. La situation de la vacada décline au cours de la décennie, et, en 1988, il ne reste plus que 17 vaches et 1 étalon.
Javier Gallego García, petit-fils de Enrique García, décide alors de sauver ce trésor génétique. Il s’associe avec un autre passionné, Aurelio Hernando, et entame un processus de sauvetage. La nouvelle ganadería se nomme Hernando – Gallego et opte pour une devise verte et rouge. Les débuts sont difficiles avec la mort de l’unique étalon, mais, par chance, sortira un étalon d’exception de sa dernière saillie. Un semental, père du nouveau troupeau, qui régnera pendant quatorze années. Dans ces temps de disette, afin d’obtenir une camada correcte, ils ajoutent du bétail d’origine Domecq acquis auprès de Victoriano del Río, mais le Veragua reste leur préoccupation principale et demeure le seul objectif. À force de travail et de passion, les deux hommes atteignent la centaine de vaches de ventre en 1992, date à laquelle il se séparent.

Javier Gallego García inscrit sa part à son nom et reprend le fer de son ancêtre qu’il insère dans un écusson. Depuis, il a effectué un travail considérable de sélection pour ne garder que les familles « pura, pura », comme il dit, éliminant complètement l’origine Domecq. Aujourd’hui, son élevage compte une cinquantaine de vaches de ventre et deux étalons de caste Veragua. En 2004, il a acheté également des vaches de Torrestrella (80 vaches) pour créer une seconde lignée menée bien entendu complètement séparément. Javier est un homme à l’afición sans faille doté d’un romantisme rare, il n’a pas hésité à nous assurer que tant qu’il sera en vie et quelle que puisse être l’évolution du marché, il restera chez lui des vaches jaboneras de Veragua. Désormais, l’élevage est situé à Brazatortas dans la province de Ciudad Real. Les vaches Veragua sont toujours là et ses enfants, Enrique et Macarena, son venus se joindre à l’aventure. Signe des temps, un autre fer orne la finca, celui de « Toros de Ojailen » qui marque un petit troupeau d’origine Domecq via Las Ramblas. Il est mené par sa fille Macarena, Enrique quant à lui, a gardé son goût des Veragua.

 


Des deux origines de l’élevage de Javier Gallego, c’est la lignée Veragua qui retient l’attention. Cette branche très particulière de la caste Vázquez est connue pour ses robes jaboneras et son « unique » détenteur Don Tomás Prieto de la Cal. Et pourtant, contrairement à ce qui est souvent prétendu, l’homme n’est pas seul à posséder les prestigieux Veragua acquis auprès de Enrique Calderón.

Installé à Marchena (Séville), José Enrique Calderón va faire survivre le bétail de Veragua éjecté de l’élevage de Juan Pedro Domecq. Il se présente à Madrid le 19 mars 1944 en novillada et l’année suivante en corrida. En 1945, après s’être défait d’une partie de son troupeau au profit de Tomás Prieto de la Cal, il introduit un étalon du Conde de la Corte. L’année suivante il décède, ses héritiers lui succèdent et se partagent en quatre lots la devise en 1949. Le lot de José Enrique, son fils, compte 60 vaches et 2 étalons, nommés ‘Nevero’ et ‘Quijato’, il est acheté par Pedro Solís y Lasso de la Vega, Duc de Gandía y de Osuna. Basé en Andalousie, l’homme augmente son troupeau avec du bétail de Guardiola Fantoni duquel il se procure un lot de 90 vaches et 2 étalons. C’est au Duc de Osuna que s’adresse Enrique García, le grand-père de Javier Gallego, pour créer sa propre ganadería en 1951. Le bétail Veragua qui a subsisté aux différents métissages arrive alors en terre madrilène. Élevé dans le plus grand respect des traditions, Enrique García va le protéger et lui permettre de grandir, jusque dans les années 1980 où apparaît une nouvelle offensive de panachages avec le classique Parladé.

À la fin de ces années de peu de gloire, Javier Gallego prend la survie de la devise familiale en main et s’associe avec Aurelio Hernando. Il ne reste plus alors que 17 vaches et 1 étalon ! Les deux hommes créent un nouveau fer qu’il nomme Hernando – Gallego et pâtissent de la mort de leur unique étalon. Par chance, sortira un étalon d’exception de sa dernière saillie, un semental, père du nouveau troupeau, qui régnera pendant quatorze années. Partis de presque rien, les deux hommes s’efforceront d’éliminer les influences parladeñas pour retrouver l’ascendance Veragua la plus fidèle possible. Ils ajouteront bien du bétail d’origine Domecq pour agrandir le troupeau, mais pas sans avoir pris la précaution d’isoler l’origine Veragua.
Depuis leur séparation, Javier Gallego continue sa quête à la recherche de l’origine Veragua la plus fidèle. Une aventure infinie qui paraît peine perdue à la lecture des multiples apports entrepris. Mais, miracle, le résultat paraît tout autre. Les bêtes Veragua de Javier Gallego, dans une grande diversité de pelages et de morphologies, ont traversé le temps en demeurant fidèles aux canons de la caste.

 
 


Morphologie
 

Le toro de Javier Gallego s’inscrit dans les canons de la caste vazqueña de ligne Veragua. De taille moyenne, les têtes sont grandes avec des armures moyennement développées à la chromatique variée. Certaines cornes étant particulièrement effilées, caractéristique propre de cette caste. Le frontal est large et le museau allongé. Il possède de petites oreilles et de grands yeux qui donnent un regard vif. Le poitrail est large, la ligne dorsolombaire droite, voire légèrement ensellée, la croupe est musclée et la queue longue et épaisse avec un borlón touffu. Le ventre est imposant et incurvé, les extrémités courtes et larges.
Enfin, la robe majoritaire et caractéristique de ce toro est jabonera, mais il existe ici plus qu’ailleurs une diversité de robes importante qui rappelle la caste vazqueña. Berrendos, salpicados, negros sont également des robes caractéristiques de l’élevage. Un équilibre obtenu par la non utilisation systématique d’étalons jaboneros. Excepté le sardo, Javier Gallego dit posséder toutes les robes de la cabaña brava actuelle !


Comportement

Le toro de Javier Gallego est un toro de tempérament. Puissant au cheval, il se livre complètement lors de cette phase de la lidia. Une caractéristique qui peut être perçue par les temps qui courent comme un défaut, les cuadrillas ne sachant plus « doser » le châtiment. Spectaculaire au cheval, dans la plupart des cas, il décline ensuite pour finir parado à cause d’une mauvaise gestion du premier tiers. Mais pour ceux qui savent gérer cette phase du combat, il se présente comme un adversaire robuste et noble.

 
 

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