Gavira
Gavira

Depuis presque un demi-siècle, la famille Gavira élève des toros. L'histoire débute un peu par hasard lorsque Salvador achète l'ancien élevage de José Marzal. Il s’installe au terminus de la Ruta del toro à "Soto de Roma" proche de Los Barrios. C’est son fils Antonio se charge de la sélection et complète le sang Marzal par du Salvador Domecq. Au début des années 1990, la réussite est là, et la ganadería s’installe dans le cœur des figuras et des empresas. La grande particularité de ses toros tient dans leur morphologie, harmonique et idéale, une véritable œuvre d'art qui en dit long sur les compétences du ganadero. Malheureusement, la faiblesse et le manque de caste s'associent trop souvent aux sorties des Gavira, expliquant leur faible renommée chez les aficionados. En 2005, Antonio fut tué au cours d'une manœuvre de campo. Ce sont désormais ses enfants qui dirigent cet élevage, qui a perdu beaucoup de sa renommée passée.

Ancienneté : 21 Juin 1933
Devise : Blanc
Signal : Deux muescas à chaque oreille
Propriétaire : Juan Antonio Gavira Garcia
Gérant : Juan Antonio Gavira Garcia
Fincas : "Vega Blanquilla" - "La Gotera"  Alcala de los Gazules"La Alqueria"  Jerez de la Frontera"Soto de Roma"  Los Barrios
   Unión de Criadores de Toros de Lidia



Dans les alentours de Valladolid, dans la vallée du Duero, en Castille, est apparu autour du XV° siècle un type de toro particulier. Sa localisation exacte était le « Raso » (plaine) d’une zone marécageuse à proximité de La Pedraja de Portillo, au pied du château de Portillo. La gestion du bétail était de type communautaire, on retrouvait ainsi dans le « Raso » l’ensemble des bestiaux des éleveurs voisins de la zone. Point besoin de beaucoup d’imagination pour comprendre que le qualificatif de « Raso de Portillo » nommait l’ensemble de ces animaux.
C’est un toro de cette race qui eut l’honneur d’inaugurer les arènes madrilènes de la Puerta de Álcala le 3 juillet 1749. Le toro, comme il était alors de tradition, portait une devise blanche, couleur réservée à l’élevage le plus ancien du spectacle. Cette devise ouvrait toutes les corridas royales et ce fut également un toro d’origine « Raso de Portillo », de l’élevage de Pablo Valdés, qui fut le dernier à user du privilège, le 25 janvier 1878, en ouvrant la corrida des noces d’Alexandre XII. Pour en finir avec les anecdotes historico-légendaires liées à la vacada, rappelons que c’est un toro de Raso de Portillo qui fut arrêté de la voix par Pedro Regalado, avant de s’agenouiller devant lui. Pedro était un moine franciscain et devint par la suite le patron des toreros.
Le premier éleveur de « Raso de Portillo » reconnu fut Alonso Sanz Arévalo qui créa sa devise à la fin du XVIII° siècle. À titre de comparaison, le plus vieux fer d’Espagne, celui de don Manuel Aleas, possède une ancienneté datée au 5 mai 1788. De Alonso Sanz Arévalo, on sait bien peu de choses, si ce n’est son fer. Il laissa à sa mort en 1811 son troupeau à ses deux enfants. La part de Pablo disparut rapidement, quant à Gregoria, elle épousa Toribio Valdés qui va imposer son patronyme. Leur fils, Pablo Valdés Sanz, plus connu sous l’apodo de « La Pradera », va s’occuper de la ganadería. Aux alentours de 1840, Pablo se sépare d’une bonne partie du troupeau, tout d’abord au profit de Mazpule en 1840, puis de Julián Presuncio l’année suivante.
C’est Julián Presuncio qui nous intéresse ici. L’homme s’installe à Montemayor, toujours dans la province de Valladolid et se présente aussitôt à Madrid, le 21 février 1841 où il étrenne sa devise blanche héritée des “Raso de Portillo”. Au décès de Julián, ses deux fils, Millán et Mariano prennent en charge l’élevage, pour ne le laisser qu’en 1910 au profit de Matías Sánchez Cobaleda.

Alors l’élevage migre vers le Campo Charro. Il n’y restera cependant que peu de temps, puisque Matías Sánchez Cobaleda s’en défait en 1921 au profit de José Antonio Marzal. Déçu de la qualité de ses Raso de Portillo, Matías Sánchez Cobaleda avait acheté seulement cinq années plus tard les Veragua de Trespalacios avec lesquels il préféra poursuivre.
Marzal change le fer et s’installe en Extrémadure proche d’Olivenza. Il croise alors son bétail en 1927 avec un étalon de Pablo Romero et récidive en 1931 avec un autre du comte de la Corte. Des vaches et un étalon de la veuve Soler (origine Ibarra, Parladé et comte de la Corte) viennent compléter le changement de sang. Il se présente à Madrid le 21 juin 1933 avec, bien entendu, la prestigieuse devise blanche. Cette date constitue l’ancienneté de la devise actuelle de Gavira.
Après plus de vingt années passées à la tête de la devise, José Marzal passe la main en 1943 à don Marcelino Rodríguez, qui, bien qu’originaire de Salamanque, s’installe en Andalousie dans la province de Cordoue. Il laisse la main en 1958 à don Salvador Gavira Sánchez.

Salvador Gavira Sánchez est agriculteur à Los Barrios à quelques kilomètres de Gibraltar. Il se présente à Madrid 9 octobre 1960 lors d’une novillada, la reseña précisant que tous les novillos furent applaudis à l’arrastre. Salvador est présenté comme un excellent aficionado, mais il semblerait que le moteur de l’acquisition soit son fils Antonio. Ainsi, Salvador conserve l'élevage pour le plus grand plaisir de son fils, et dès 1976 il est inscrit aux deux noms.
Au début des 1980, les affaires se font difficiles et la famille Gavira est contrainte de vendre la majeure partie du bétail ne conservant qu'une cinquantaine de bêtes. Les meilleures évidemment. Et ce fut peut-être un mal pour un bien car si jusqu'alors l'élevage faisait peu parler de lui, à partir de cette date les résultats connurent une belle progression. Fort de cet allant, Antonio acheta en 1985, 47 vaches et l'étalon 'Cantaor' n°19, grâcié lors d'un festival à La Muela, à Salvador Domecq. Par chance, ‘Cantaor' donna d'excellents résultats, permettant par là même occasion de rafraîchir le sang. Aujourd'hui, l'élevage a acquis une place enviable, le sang Domecq absorbant complètement l'origine Marzal. Cependant, le ganadero gardera précieusement un temps quelques vaches de pure origine Marzal. Depuis 1999, l'élevage s'annonce simplement au nom de la famille. Malheureusement, la devise blanche descendant de la vieille race de Portillo fut endeuillée en 2005 avec la mort accidentelle d'Antonio lors de manœuvres de campo. Lui ont succédé ses fils Salvador, Juan et Almoraima.

 
 

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