Adolfo Martín Andrés
Adolfo Martín Andrés

Après avoir rassemblé les vestiges du troupeau du Marquis de Albaserrada et ravivé sa renommée, les frères Martín Andrès se séparent après une collaboration d'une trentaine d'années.

Dès 1990, Adolfo Martín Escudero prend la gouvernance du troupeau de son père. Celui-ci n'a que peu à envier à son oncle Victorino auquel il oppose une forte concurrence, maintenant toute la renommée de ses Albaserrada. Notamment à Madrid où il fauche régulièrement à son oncle le prix du meilleur toro ou de la meilleure corrida de la San Isidro.

Adolfo père était vu comme le plus torista des Andrés, son fils l’a d’abord suivi dans ces critères de sélection draconiens traduit par une camada courte et des bêtes difficiles avant de, semble-t-il, lâcher du lest et allonger sa camada pour atteindre en 2014 les 70 toros lidiés. La caractéristique première de l’Adolfo est l’humiliation, une spécificité du Saltillo revendiquée par notre ganadero. Mais il faut dire aussi que la flamme s’est essoufflée avec des toros de moindre caractère, plus doux et beaucoup moins âpres que ceux des premières années.

Ancienneté : 31 Mai 1998
Devise : Vert et Rouge
Signal : Hendido à chaque oreille
Propriétaire : Adolfo Martin Escudero
Gérant : Adolfo Martin Escudero
Fincas : "Los Alijares" - "Caballerias de Piedras Laboradas"  Escurial"Caballerias Chicas"  Villamesias
   Unión de Criadores de Toros de Lidia





Crédits photographiques : Terre de Toros  

 

En 1912, le Marquis de Albaserrada et son frère, le Conde de Santa Coloma, se séparent et partagent leur élevage. Don Hipólito Queralt, Marquis de Albaserrada, récupère la partie du troupeau la plus typée Saltillo. Il s'installe sur ses terres de Gerena, à quelques kilomètres au nord de Séville et crée un nouveau fer, le A couronné, l'annonçant à son nom. Le 29 mai 1919, il se présente à Madrid et prend son ancienneté. La course demeure à jamais dans les mémoires, non pour ce fait anecdotique, mais par le combat du toro ‘Barrenero’ qui impose les trois avis au maestro Rafael Gaona. Jusqu'à sa mort en 1920, le Marquis maintient son élevage en haut de l'affiche.

José Bueno lui succède, il maintient le troupeau en Estrémadure jusqu'en 1928. Après son décès, l'élevage est divisé en deux, une partie pour sa veuve Juliana Calvo et l'autre pour ses neveux Bernardo et Roque Escudero Bueno.

Juliana Calvo conserve à son nom la moitié du troupeau de son mari, mais c'est véritablement Antonio, son neveu, qui dirige les opérations. En 1941, suite à la mort de Juliana, les enfants Escudero Calvo : Antonio, Josefa, Florentina et Andrea héritent de l'élevage. Andrea est la première à quitter l'association familiale en 1945, les trois frères et sœurs maintenant le reste du troupeau à leur nom jusqu’au 18 août 1960 date de la première vente aux frères Martín Andrés.

Adolfo Martín Miguel et Candelas Andrés Calvo, installés dans une finca à Galapagar (Madrid), vivent de négoces agricoles et plus particulièrement de la vente de bêtes à viande. Adolfo, mort durant la guerre civile, laisse ses trois fils Adolfo, Victorino et Venancio et sa veuve à la tête de l’affaire familiale qui prospère dans la vente de viande de boucherie. Les trois frères vont d’abord approcher le milieu taurin en faisant du négoce de bêtes à destination des novilladas sans picador. Puis, Adolfo, l’aîné que l’on dit être le plus torista de la famille, devient ganadero en 1949 avec du bétail d’origine Graciliano qu’il installe dans une finca de Moralzarzal. L’élevage annoncé au nom de Adolfo Martín est inscrit à l’Asociación Nacional de Ganaderías de Lidia, plus communément appelée second groupe. Poursuivant leur expansion, les frères Martín Andrés partent en 1960 à Salamanque acheter l’élevage de Florentina Escudero Calvo. La transaction comprend 150 bêtes, les terres de la finca "Navas" et un tiers des droits du fer d'Albaserrada.

Passionnés par l'encaste Albaserrada, les deux frères s'évertuent à retrouver la caste des Albaserrada quelque peu égarée par les Escudero Calvo. Ils n'ont pas à fouiller bien longtemps puisque lors de leur première corrida, annoncé au nom des Escuero Calvo comme le stipulait le contrat de vente, le 27 août 1961 pour l'inauguration des arènes de San Sebastián de los Reyes, le lot sort extraordinaire.

Poursuivant leur aventure, ils achètent le reste de l'élevage des Escudero Calvo en deux lots de 150 bêtes chacun. D'abord la part de Josefa en 1962 puis enfin la part d'Antonio en 1965. A partir de cette date, ils jouissent de l'intégralité du fer d'Albaserrada et font combattre leurs toros au nom de Victorino Martín Andrés, le cadet. La première a lieu à Calasparra en 1966.

En 1990, les frères se séparent et la ganadería est partagée. Victorino achète la part de Venancio et conserve le fer d'Albaserrada, tandis qu’Adolfo conserve sa part et son ancien fer, que les frères utilisaient pour marquer les mansos.

Adolfo Martín Andrés laisse alors l’élevage à son fils Adolfo Martín Escudero. Le nouveau ganadero débute de pratiquement zéro, sans étiquette. Inscrit au second groupe son premier défi va être de sortir de l’anonymat et de la sentence « Adolfo c’est autre chose ». Sa première corrida sera pour Céret en 1995. Suivront en 1997 deux bonnes corridas à Teruel et Colmenar Viejo qui lui ouvriront les portes de Madrid où il débute en 1998. Depuis, sa trajectoire est indissociable de la première plaza d’Espagne qui a fait toute la réputation de la devise. Entré en 1992 à l'UCTL comme aspirant, il est déclaré titulaire en 2000.

 


Le Marquis de Albaserrada et son frère le Conde de Santa Coloma se portent acquéreurs en 1905 de la moitié du troupeau de Eduardo Ibarra. Immédiatement, ils adjoignent des vaches et des étalons du Marquis de Saltillo réunissant ainsi les deux branches les plus fameuses de l'élevage du Conde de Vistahermosa : Barbero de Utrera par Ibarra et Salvador Varea par Saltillo.

Les deux frères s'installent dans la "Marisma" à la Isla del Guadalquivir à quelques pas de Séville pour fusionner les deux castes. Très vite leur concept du toro de combat porte ses fruits, le succès est presque immédiat.

En 1912, les deux frères se séparent. Le Marquis de Albaserrada récupère la partie du troupeau la plus typée Saltillo et base sa sélection sur cette origine. Les élevages des deux frères adoptent alors des identités différentes, chacun connaissant toutefois un fort succès. L'illustration de leur divergence apparaît clairement dans le nombre de toros lidié par la plus grande figura de l'époque : Joselito, 106 pour le Conde de Santa Coloma contre seulement 22 pour le Marquis. Point n'est besoin d'en rajouter pour imager la caste ardente des antiques Albaserrada.

Son successeur, José Bueno va faire perdurer la réputation de la devise. Par contre ses descendants ne se hisseront jamais à sa hauteur. Cependant, les gènes restent présents. Dans les années 1960, les frères Martín Andrès achètent en trois fois l'élevage des Escudero Calvo, héritiers de José Bueno. Passionnés par le sang Albaserrada, ils vont se battre corps et âme pour retrouver la caste piquante qui avait fait toute la réputation des toros du Marquis. A Force de sélection, ils y parviennent rapidement. Ils entament leur fabuleux palmarès en 1969 à Madrid avec le toro ‘Baratero’ primé d'une vuelta al ruedo. En 1990, les deux frères se séparent et divisent la ganadería, deux tiers pour Victorino et un tiers pour Adolfo. Si seul Victorino conserve le fer d'Albaserrada, les deux élevages abritent bien la même origine Albaserrada.

 
 


Morphologie
 

Comme les toros de l'oncle Victorino Martin, les toros d'Adolfo Martin sont les purs héritiers des anciens Albaserradas. La tête est triangulaire au profil droit, avec un museau fin et allongé. Les yeux sont vifs et semblent écartés car le front est large. Les cornes sont fines (astifinas) et montent au ciel (veleto). Le cou est long et très mobile grâce à un morillo puissant. Long et musclé, le dos est plat, terminé par une croupe bien développée.

La robe caractéristique s'étend dans toute la gamme chromatique du gris, plus rare sont les toros noirs, nettement moins fréquents que chez Victorino Martin.


Comportement

Si on retrouve les caractéristiques mentales du "Victorino" : mobilité, agressivité, vivacité, puissance, fierté, humiliation, le toro d'Adolfo se distingue de son homologue par une plus grande rusticité. La sélection d'Adolfo moins portée sur la noblesse a produit un toro redoutable et extrêmement difficile à dompter. Il développe plus souvent que le Victorino une réelle bravoure lors du premier tiers et ses oreilles ont tendance à être plus solidement accrochées. Cependant quelques signes de faiblesse apparaissent chaque année chez certains exemplaires et les résultats d'ensemble restent irréguliers, mais la caste des Albaserradas est bien là.

 
 

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