Valdellán
Valdellán

Valdellán est une ganadería récente qui a rapidement fait parler d’elle, jusqu’à occuper aujourd’hui une place de choix dans le cœur des aficionados. Si la camada est courte, les triomphes sont nombreux et rares sont les spectacles où aucun des toros de la devise ne régale les aficionados. Ce succès est le fait d’un duo atypique : Fernando Álvarez Sobrado et Jesús Manuel Martínez Pinilla qui dirigent la ganadería de façon raisonnée. Les deux hommes n’ont pourtant pas choisi la facilité en s’engouffrant sur la voie du Santa Coloma. Plus précisément le sang Alipio Pérez Tabernero dont ils ont réuni les deux branches actuelles les plus importantes : Hoyo de la Gitana et Pilar Población. Jeune, mais au patrimoine historique imposant, cette devise implantée dans la province de León ne manque pas d’attrait.

Ancienneté : 10 août 2000
Devise : Rouge et Bleu Turquoise
Signal : Orejisanas
Propriétaire : Valdellan, S.A.
Gérant : Jesús Manuel Martínez Pinilla
Fincas : "Dehesa de Valdellan"  Santa María del Río
   Unión de Criadores de Toros de Lidia





Crédits photographiques : Terre de Toros - Terre de Toros  

 

L’origine historique du fer de Valdellán se retrouve avec le fer de « Sotillo Gutiérrez » également encasté Santa Coloma, mais provenant d’une toute autre ligne, la ligne Saltillo.

Venancia Hernández Plá, fille de don Estaban Hernández Martínez, était, comme ses trois frères, mordue de bravo. Après une riche éducation taurine acquise auprès de son père, elle acquiert une première expérience en dirigeant la devise familiale en compagnie de ses frères, puis, en 1953, elle crée seule son propre fer qu’elle nomme : « Sotillo Gutiérrez ». Situé dans les environs de Madrid, la Guerre civile (1936-1939) a mis prématurément un terme à l’élevage des héritiers de Estebán Hernández Martínez, d’origine Santa Coloma. Néanmoins, satisfaite de ce bétail, c’est avec cette provenance acquise aux Escudero Calvo qu’elle fonde sa nouvelle ganadería une grosse dizaine d’années plus tard. Elle cimentera par la suite cette origine en réalisant des apports de Joaquín Buendía.
À son décès, l’élevage est placé sous la gouverne de son époux, Enrique Parache, mais c’est leur fille Luisa qui est la véritable ganadera. Elle hérite tardivement de l’élevage au début des années 1990. Petite-fille, elle grandit au rythme des tentaderos, jouant plus au torero qu’aux poupées. Toute sa vie fut ponctuée par la vie de l’élevage, les réunions familiales coïncidant avec dates charnières de la ganadería. Mais devenir ganadero ne s’improvise pas, même lorsqu’on est issu d’une grande famille ganadera. D’autant plus qu’élever l’origine Santa Coloma induit d’innombrables complications, notamment de grandes difficultés de vente. Avec son mari, ils mènent la ganadería comme un hobby et ne peuvent poursuivre à l’identique l’œuvre de Venancia sans aboutir à la faillite. Alors, en 1992, une seconde lignée est créée sous le nom du « Casillón », avec un sang plus commercial. Domecq évidemment. Près de dix ans après la création de la lignée Domecq, Juan José et Luisa durent se rendre à l’évidence. Leurs terres n’étant pas assez vastes pour maintenir deux rames distinctes. La situation de l’encaste Santa Coloma n’allant pas en s’arrangeant, ils se séparèrent de ce dernier. La dernière novillada eut lieu en 2004 dans un pueblo de la région de Madrid. Question fer, ils gardent bien entendu le fer familial et vendent les droits sans bétail du « Casillón ».

C’est donc en 2002 que Fernando Álvarez Sobrado entre à l’U.C.T.L. par l’acquisition des droits du fer du Casillón. Il change le dessin, nomme l’élevage « Valdellán », du nom de la propriété située dans une région peu accoutumée au bétail brave : la province de León. Le domaine, s’il n’a pas de passé ganadero, a une histoire puisqu’il a accueilli le monastère cistercien de Villarverde de Sandoval, dont notre ganadero conserve précieusement les vestiges.
Comme ses prédécesseurs historiques, Fernando Álvarez va lui aussi choisir l’encaste Santa Coloma, mais cette fois de la ligne Ibarra. C’est tout d’abord un lot de Hoyo de la Gitana qui rejoint Valdellán. Puis, le troupeau est augmenté avec des bêtes de Pilar Población. Ces deux élevages charros ayant une même origine commune, Alipio Pérez-Tabernero.
Les débuts ne tardent pas et dès 2006 la devise fait sa présentation en France à Vic-Fezensac marquant les esprits par la caste et aussi une mansedumbre accrue. Le travail pour le ganadero semble immense mais les ingrédients sont là. Trois ans plus tard, on commence à voir pointer le travail de Fernando qui éclôt à la Granja avec une première vuelta al ruedo. Depuis, les succès se répètent, on ne compte plus les récompenses ramassée par la devise et ses toros et l’élevage a fait sa présentation à Madrid. Valdellán est devenu un des élevages qui comptent. Une juste récompense du travail rigoureux mené par Fernando Álvarez accompagné dans sa tâche par son fidèle collaborateur qui représente commercialement la devise Jesús Manuel Pinilla.

 


Alipio Pérez-Tabernero trouve sa voie dans le sang Santa Coloma ligne Ibarra de son frère Graciliano. Il débute avec ce sang en 1929 à partir d’une centaine de vaches et de quelques étalons marqués du fer familial. C’est l’étalon ‘Hornero’, sélectionné en 1933, qui permettra à Alipio d’orienter son élevage. Véritable ciment de la ganadería, il le gardera une quinzaine d’années comme reproducteur. Il façonne alors un toro analogue à celui de Graciliano avec cependant quelques nuances. La sélection d’Alipio est en effet plus douce que celle de son aîné, que ce soit du point de vue morphologique — le toro d’Alipio étant d’une présentation plus modeste — ou du tempérament — plus docile que les sauvages et redoutables Graciliano. Mais restons mesurés, car tout est relatif ; le toro de don Alipio n’en demeurant pas moins un toro exigeant comme tous ceux de son encaste.
Dans les années 1950, débute le partage de l’élevage entre les six fils de don Alipio. De cette succession ne subsiste aujourd’hui que trois élevages : Hoyo de la Gitana, Pilar Población et José Juan Pérez Tabernero, ce dernier restant très modeste et cantonné aux novilladas sans picador. Et c’est précisément en réunissant les deux lignes de Hoyo de la Gitana et Pilar Población que Fernando Álvarez Sobrado va composer sa ganadería. La base fut créée en 2002 avec 80 vaches et deux étalons de Hoyo de la Gitana. Puis en 2005 et 2006 le troupeau fut étoffé avec 28 vaches et 15 jeunes femelles à tienter.

La ligne Hoyo de la Gitana provient de Ignacio Pérez Tabernero. Pour se distinguer de son père et transmettre sa propre orientation à son élevage, Ignacio est retourné à la source Santa Coloma, qui se nomme alors Buendía. En 1963, il importe sur les terres charras ‘Fuentecillo’, n° 35 marqué du fer de Joaquín Buendía. Très vite, mais en prêt seulement, trois autres étalons de la casa suivront : ‘León’, n° 35, ‘Rondeño’, n° 67, et ‘Aguacate’, n° 84. Ces étalons iront couvrir l’ensemble des fers familiaux et même plus, puisqu’ils seront également prêtés à la ganadería d’Ana Romero. L’élevage Hoyo de la Gitana n’est donc pas de pure ascendance Graciliano, mais issu d’un subtil mélange des branches Ibarra et Saltillo du Santa Coloma. Un mélange dont les proportions sont fixées par les ganaderos en un 75 % Ibarra et 25 % Buendía.
La ligne Pilar Población provient quant à elle de Fernando Pérez Tabernero. Comme son frère Ignacio, Fernando va rafraîchir ses Graciliano paternels avec les Buendía et de surcroît avec les mêmes étalons. Les différences provenant uniquement de la sélection et non de l’ADN qui est pratiquement identique. Seule différence côté origine, le retour aux sources initié par Julio, le fils de Fernando et actuel propriétaire, qui a inséré des étalons de Juan Luis Fraile, c'est-à-dire du Graciliano pur jus.

Grâce à ses résultats et à la fidélité aux origines de son sang, l’élevage de Valdellán s’impose aujourd’hui comme la troisième ligne de l’héritage de don Alipio. L’unique qui n’appartient pas à la famille, mais à voir le phénotype et le comportement des Valdellán, Fernando Álvarez mérite sans aucun doute le titre de petit-fils putatif d’Alipio Pérez Tabernero.

 
 

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