Manuela Agustina López Flores
Manuela Agustina López Flores

Don Samuel Flores est un des hommes les plus riches d'Espagne. Sur ses immenses terres, de nombreuses personnalités viennent chasser, comme le roi d'Espagne en personne. Côté toro, l'homme a hérité d’un passé familial vieux de deux siècles. Aujourd’hui, l'origine est exclusivement Gamero Cívico, soit un vieux Parladé resté dans son jus. Un toro volumineux, bas et aux cornes parfois terrifiantes. La littérature taurine a pour habitude de décrire l'élevage comme l'équilibre idéal entre "torista" et "torerista" mais il semblerait que cette époque soit révolue ; la devise manquant actuellement des qualités promues par les deux camps. Samel Flores n’en reste pas moins un élevage unique à qui l’on souhaite des jours meilleurs.

Ancienneté : 25 Septembre 1864
Devise : Blanc, Bleu et incarna
Signal : Zarcillo à chaque oreilles
Propriétaire : Agropecuaria de Sierra Morena
Gérant : Samuel Flores Romano
Fincas : "El Palomar"  Povedilla
   Unión de Criadores de Toros de Lidia





Crédits photographiques : Terre de Toros  

 

Samuel Flores Romano possède deux fers, l’un est inscrit à son nom et l’autre au nom de sa mère Manuela Agustina López Flores. De cette dernière découle tout le passé ganadero familial, soit plus de deux siècles d’histoire.

Le premier Flores à s’être intéressé aux toros se prénommait Gil. Aux alentours du début du XVIII° siècle, il forme à Vianos, dans la province d’Albacete, sa ganadería avec du bétail de caste Jijona. La finca est perchée sur un nid d’aigle à 1100 mètres d’altitude, ce qui l’oblige à pratiquer la transhumance vers une autre de ses fincas andalouses. Rien de tel pour se faire les pattes ! Au décès de Gil Flores, l’élevage est partagé entre sa descendance, un de ses neveux, Agustín Flores Flores héritant d’une partie du bétail et du fer historique. Agustín s’installe à Peñascosa, non loin de Vianos et se présente à Madrid le 25 septembre 1864 avec une devise blanche, bleu et incarnat. En 1872, Agustín va opérer un premier croisement en insérant comme étalon un toro de Vicente Martínez. Le bétail rustique de caste Jijona avait sûrement besoin de ce rafraîchissement que ses héritiers n'hésitent pas à poursuivre : en 1894 c’est un toro de Ripamilan, puis en 1905 deux étalons d’origine Ibarra, suivis de deux autres du Conde de Santa Coloma en 1910 renforcés par trois autres en 1924 et enfin 32 vaches de Veragua. Le tout produit un mélange détonnant qui force le succès et nombreux sont les toros qui construisent l’histoire de la ganadería Flores. ‘Peregrino’ reçoit en 1877 31 piques et tue 11 chevaux. ‘Cuadrillero’ prend, quant à lui, 16 piques et laisse 5 chevaux à l’état de cadavres. Pour ne citer qu’eux.
À la mort d’Agustín, c’est son neveu Agustín Flores Díaz qui prend les commandes du fer familial. Il tiendra les rênes jusqu’en 1921 où ses enfants et sa veuve Nicolasa lui succèdent. Parmi les six enfants du couple, ce sont les trois fils Flores Flores, Melquiades, Leonardo et Samuel qui mènent la devise. Les années passent mais la qualité du bétail reste, comme le fait remarquer en 1930 ‘Cubano’, honoré en plaza d’Albacete d’une vuelta al ruedo. La famille Flores est à la tête d’un joli pécule qui lui permet de sélectionner à sa guise, sans compter, ce qui explique sa sélection particulièrement rigoureuse. Cette fortune permit aussi aux fils Flores d’acheter pour second fer, celui d’Eduardo Olea en 1914 ainsi que son bétail. Cette seconde ganadería, baptisée « Samuel Hermanos » fut menée séparément des Jijón métissés portant le fer historique de la famille. Mais le bétail nouvellement acquis ne satisfit pas leurs exigences et, en 1925, ils achètent par l’intermédiaire de Juan Domínguez un quart de la ganadería de Gamero Cívico. Cet excellent sang va faire toutes ses preuves et se substituer peu à peu l’ex ganado de Olea. Si bien que quelques étalons de « Samuel Hermanos » furent introduits dans le troupeau historique.

Viennent ensuite les années noires de la ganadería. Melquiades décède en 1931, puis survient la Guerre civile (1936-1939). Les fincas sont situées en zone républicaine, ce qui en matière taurine est source de complications. Les Flores sont alors arrêtés et le troupeau décimé. En 1939, à la fin du conflit, lorsque Samuel retourne sur ses terres, il ne retrouve, dit-on, qu’une dizaine de vaches et de toros. Tous marqués du O barré, le fer d’Eduardo Olea qui marquait les Parladé de Gamero Cívico. La cousine de Samuel, Manuela Agustina López Flores, devient en 1941 propriétaire du fer historique mais c’est bien Samuel qui gère les deux devises. Entêté, il va se consacrer à la reconstruction de sa ganadería. Il y parvient en une quinzaine d’années et dès 1945 la devise retrouve la reconnaissance. Les Parladé des Flores ravissent les figuras mais malheureusement la rigueur du passé s’estompe. La caste se dilue, certains qualifiant les toros de Flores comme « doux, nobles, faibles et fades ». Samuel vieillit, les Flores sont dans le trou. À son décès, toute la fortune familiale retombe sur la seule héritière, Manuela Agustina López Flores.

En 1968, le fils de Manuela, Samuel Romano Flores dit « Samuelito » prend la direction des deux élevages qui n’en forment plus qu’un. gé seulement d’une vingtaine d’années, « Samuelito » entreprend avec l’insouciance de sa jeunesse une sélection draconienne pour rétablir la caste. Son labeur durera près d’un quart de siècle, au bout duquel il retrouvera le succès, comme l’avaient fait avant lui ses prédécesseurs.
Depuis le début des années 1990, les Flores foulent de nouveau les plus grands ruedos d’Espagne. En sachant préserver la ligne Parladé ancienne, « Samuelito » a créé un élevage atypique. Ses toros sont reconnaissables du premier coup d’oeil avec leurs armures acapachadas, parfois gigantesques à faire frémir et d’autres fois brochas jusqu’au ridicule, une corne touchant l’autre. Elle est une des rares devises à rassembler tous les aficionados. Mais, désormais le fer de Olea étiqueté « Samuel Flores » a supplanté le fer familial, qui n’est plus cantonné qu’à quelques têtes de bétail qui complètent les lots de la première étiquette. Signe des temps, l’élevage s’est effondré ces dernières années, pour être désormais en danger de mort.

 

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