Guadaira
Guadaira

Manuel Cañaveral del Cid est en train de récolter les fruits d’un long travail. Initié par son père en 1951, la ganaderia à du faire ses preuves comme on dit pour entrer à l’UCTL sur une base de bétail peu défini (Veragua, Albaserrada, Tamaron, Urcola). Puis vint le temps des Buendia et plus récemment (1997) des Domecq via Jandilla. Son élevage au premier abord ne parait pas bien original avec une origine classique, certes, mais bon sang ne saurait mentir les résultats sont là. D’autant plus lorsque la barque est menée par un ganadero « con criterios » issu d’un parcours difficile.
Guadaira cantonne ses produits aux novilladas et collectionne les succès dans les arènes les plus exigeantes du circuit. Sans faire grand bruit, les novillos de Guadaira ont triomphés à Madrid, Séville ou encore Arnedo, faisant toujours preuve d’une grande caste. Et si on n’entend pas plus parler de cette devise, ce n’est pas la qualité du bétail qui est à mettre en doute, mais plutôt les faire valoir, souvent débordés, qui ne peuvent se hisser au niveau de leurs adversaires et permettre à la ganaderia des triomphes plus retentissants !

Ancienneté : 10 Avril 2005
Devise : Bleu, Jaune et Rouge
Signal : Rabisaco à droite et Rasgada à gauche
Propriétaire : Ganadería de Guadaira, S.L.
Gérant : Manuel Cañaveral del Cid
Fincas : "Dehesa del Conde"  Arahal"El Silo"  Cala
   Unión de Criadores de Toros de Lidia





Crédits photographiques : Terre de Toros  

 

Manuel Cañaveral Valdés débute sa carrière d’éleveur de bravo en 1951 et s’installe à proximité de Séville. Débutant de zéro, il dessine son propre fer et constitue son troupeau par l’achat de bétail à Carlos Melgarejo Osborne. Aficionado sévillan, Carlos Melgarejo Osborne vient à peine de débuter comme ganadero, il est titulaire à l’UCTL mais les origines complexes de son bétail, mélange d’Albaserrada, Tamaron, Veragua et Adalid, n’inspirent guère confiance. Pour arranger la sauce, Manuel Cañaveral ajoute des vaches de José Carvajal Gonzalez, ganaderia encastée Gamero Civico. Difficile aujourd’hui de se faire une idée du bétail des premières années de Manuel Cañaveral, toujours est-il que le nouveau ganadero se met au travail et sollicite l’entrée à l’UCTL en 1965. Il fait combattre des novilladas à Caceres, Guadalajara, Cuenca, Almeria et une corrida à Albacete. Il passe avec succès l’épreuve de la prueba pour être admis comme titulaire dans la dite entité dès 1967.


Bien que de première, l’élevage de Manuel Cañaveral ne semble pas de toute première qualité, du moins au regard de son sang. Les années soixante-dix / quatre-vingt vont être celles des expériences. Tout d’abord, en 1976, Manuel introduit des bêtes de « Los Remedios », propriété de la société Tambo S.A., d’origine Atanasio Fernandez. Mais les essais paraissent peu concluants et deux ans plus tard, ce sont des vaches de José de la Cova Benjumea qui viennent s’ajouter au troupeau. L’ascendance de ces dernières laisse songeur : panachage de Adalid, Urquijo, Villamarta, Corte, Buendia et Tulio Vazquez ! La qualité ne semble toujours pas au rendez-vous et en 1981 ce sont des Murube de Antonio Gallego Romero qui sont essayés. Les suites sont toujours aussi concluantes et finalement en 1987, Manuel se tourne sur des Joaquim Buendia pour refaire complètement son élevage.


L’époque des Buendia permettra au ganadero de figer ses concepts et de conclure son apprentissage. La finca de Guadaira, traversée par le rio du même nom, est à deux pas de la casa Buendia. Ainsi, plus que le seul sang bravo, les méthodes d’élevages passèrent les clôtures avec une passion commune : le cheval. Sur les prairies au faible relief de « Guadaira », l’acoso y derribo est pratiqué pour tester toute la camada de macho. Traditions qui ont encore cours aujourd’hui, Manuel Cañaveral del Cid, fils de Manuel et actuel gérant de la devise en est un virtuose, il a même remporté le championnat d’Espagne d’Acoso y derribo en 2006. Encore une preuve de l’attachement de la famille aux toros et aux chevaux, son frère, José Luis Cañaveral del Cid est rejoneador.


Après avoir changé le fer en 1996, Manuel incorpore en deux années (1997 : 50 vaches et 2 étalons, 1998 : 41 vaches) une seconde ligne dans sa ganaderia. Une lignée inévitable, celle du sang bleu des Domecq, via Jandilla. Mais, à contrario de certains, ce sang, provenant de la maison mère, est d’excellente qualité et va donner de très bons résultats. Les Santa Coloma disparaissent en 1998 pour laisser l’exclusivité au Domecq. Alors, après plus d’une cinquantaine d’années d’existence, de recherche et d’expérience, la ganaderia de Guadaira trouve sa voix et en moins d’une dizaine d’années atteint l’élite. Du moins en ce qui concerne les novilladas. Pour ce qui est des corridas, le grand test sera pour 2009, et pour avoir vu le lot réservé pour l’occasion, l’événement sera majeur.

 

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