Doña Adelaida Rodríguez
Doña Adelaida Rodríguez

Fernando Pablo García Rodríguez entre à l'Asociación des Ganaderías de Lidia (A.G.L.) en 1991 en achetant l'élevage de Benjamín Vicente Gallego. Ce dernier détenait depuis une petite dizaine d’années les vestiges de la ganadería de don Lisardo Sánchez. Cet illustre bétail était alors en déclin, bien loin de la qualité de la prestigieuse devise.
La sélection de Fernando va permettre de remonter l’élevage. Son bétail retrouve de la caste et il sait profiter de l’opportunité que lui offre la crise sanitaire de la langue bleue pour augmenter ses ventes particulièrement en France, où il signe quelques succès majeurs dans les arènes les plus exigeantes. Cependant, le fer pâtit toujours de cette faiblesse qui empêche ces toros de totalement s'exprimer. Après de bons résultats d'ensemble dans les années 2000, son irrégularité l’empêche de maintenir son statut et la ramène à plus de discrétion.

Ancienneté : -
Devise : Bleu celeste et Caña
Signal : Hendido à chaque oreille (mâle) - Orejisana (femelle)
Propriétaire : Fernando Pablo García Rodríguez
Gérant : Fernando Pablo García Rodríguez
Fincas : "Zarzosillo de Abajo"  El Cabaco
   Asociación de Ganaderos de Reses de Lidia





Crédits photographiques : Terre de Toros  

 

Antonio Lisardo Sánchez y Sánchez achète en 1948 le vieux fer d’origine Jijón de la ganadería de Patricio Martín et débute ainsi son propre élevage de toros. Côté ganado, il choisit des bêtes d’Atanasio Fernández. Don Lisardo Sánchez y Sánchez est l’un des tous premiers éleveurs à acquérir du bétail de don Atanasio Fernández. Mais plutôt que de rester dans la droite ligne des produits de don Atanasio, Lisardo Sánchez va construire son propre chemin. Sa sélection amène rapidement son bétail sur le devant de la scène. Quelques temps après, il fonde une seconde lignée, cette fois d’origine Murube, par des achats successifs en 1955 et 1957 auprès de Fermín Bohórquez et d’Antonio Urquijo. Il y a divergence d’opinions sur le fait que les deux lignes aient été mêlées ou maintenues de manière indépendante. Toujours est-il que Lisardo Sánchez obtient un toro très typé et distinct des classiques Atanasio, tant du point de vue morphologique que sur le plan du tempérament. Plus bas, plus corpulent, plus armé, il développe une noblesse plus douce que son ancêtre. Malheureusement, il pâtit aussi de sérieux problèmes de force.
Dès les années 1950, la devise obtient une grande renommée, triomphant entre autres à Salamanque, Barcelone, Séville et Bilbao. Une réussite qui attirera plus tard de nombreux ganaderos du Campo Charro, au point de créer un sous-encaste des Atanasio Fernández, le bien nommé « Lisardo ». Au décès de don Lisardo, l’élevage passe sous la gouverne de ses enfants et neveux. Après quelques ventes, son neveu Lisardo Sánchez Rajal prend seul la direction de la vacada qui perd peu à peu de son lustre, souffrant principalement de problèmes de force. Endetté, Benjamín Vicente Gallego, plus connu sous l’apodo « El Rubio de Golperas », vient lui apporter son soutien financier à de nombreuses reprises, mais Lisardo ne parvint jamais à remonter la pente. Finalement, en 1983, il cède l’élevage à son créancier pour couvrir ses dettes.

« El Rubio de Golperas » vend presque aussitôt la ganadería aux frères Santamaria, mais auparavant, Fernando Pablo García Rodríguez lui demande de lui réserver quelques temps les bêtes d’origine Atanasio Fernández. Ce qu’il fit. Ainsi ce n’est qu’avec le fer historique de Lisardo et les bêtes d’origine Murube que les frères Santamaria s’en allèrent. Fernando Pablo García Rodríguez revint vers « El Rubio » en 1991 pour acheter le bétail réservé, héritage moral et physique sinon historique de don Lisardo.

 


Dans les années 1930, Atanasio Fernández va sculpter le toro parladeño du Conde de la Corte pour obtenir un toro au type bien particulier. Plus « raffiné » que son ancêtre, ses lignes sont plus fines, quant à son caractère, il s’adapte parfaitement à l’évolution du toreo, exigeant de plus en plus de noblesse et d’endurance. Bien qu’avec quelque concession sur la bravoure primitive, le toro de don Atanasio reste d’une caste prononcée, lui permettant notamment d’aller crescendo lors de son combat. Le succès fut immédiat, la devise étalant peu à peu son influence sur tout le Campo Charro. Un des premiers éleveurs à s’intéresser au bétail de don Atanasio fut Antonio Lisardo Sánchez y Sánchez. Mais plutôt que de dupliquer, comme allaient le faire grand nombre de ses prédécesseurs, Lisardo Sánchez voulut transformer, comme le fit Atanasio lui-même. Son toro évolue alors physiquement, moins haut, plus lourdaud (basto) mais aussi plus armé, comme moralement, plus brave et développant une charge d’une grande douceur. S’il n’y a aucune discussion possible sur le clivage entre l’Atanasio et le Lisardo, des divisions existent quant à la véritable origine de la démarcation. Simple fruit de la sélection ou mutation assistée par un croisement avec du bétail d’origine Murube, deuxième rame de l’élevage de Lisardo Sánchez.

S’il est certain qu’un croisement fut entrepris, l’équation de Lisardo Sánchez est beaucoup plus complexe qu’un simple mélange à part égale. En même temps qu’il s’essaya sur ce croisement de lignes Vistahermosa, Lisardo maintint aussi les lignes Atanasio et Murube dans leur jus. Son dosage fut réalisé tout en maintenant des lignes pures à côté de ce croisement qui constitue la véritable création de don Lisardo. Encore aujourd’hui, les similitudes avec le toro de Murube ne peuvent être niées, cependant l’ascendance Atanasio est majoritaire. Sa sélection s’appuya principalement sur deux étalons d’origine Atanasio : ‘Cartujano’ et ‘Claverito’. En tout état de cause, et quelle qu’en soit son origine, le toro de Lisardo est là, avec des caractéristiques propres, que tous lui accordent. Toros dont nous retrouvons la plus fidèle représentation dans l’élevage de « Doña Adelaida Rodríguez », formé à partir de 152 vaches et des étalons ‘Caraazul' et ‘Lisonjero’ de Benjamín Vicente Gallego, successeur du neveu de Lisardo Sánchez, et dont le bétail portait encore la marque du fer historique en forme de L.

 
 


Morphologie
 

L’élevage de doña Adelaida Rodriguez bien que n’étant pas présent sur l’annuaire prestigieux de la première association d’éleveurs n’en dénote pas moins le luxe. Avec 180 vaches, la camada annuelle rassemble une quarantaine de toros dont l’homogénéité n’a d’égale que leur trapio. Des camadas sans rebut, dont les lots « faibles » contenteraient grand nombre d’arènes. Morphologiquement, les toros sont parfaitement inscrits dans le type Lisardo Sánchez, très armés, plutôt bas, donnant un ensemble imposant et aux lignes grossières. Le poil est frisé et la robe noire est prédominante. Existe tout de même quelques colorados, castaños et burracos.


Comportement

Côté moral, là encore l’ascendance Lisardo se fait sentir avec une noblesse toute particulière. Mais l’héritage n’est pas seulement glorieux, suivent également les maux ou le mal, à savoir le manque de force. Fléau il est vrai de moins en moins notable.
Une des marques de l’élevage et un de ses grands atouts est sa caste, qui se reflète particulièrement dans la fijeza. La hargne de combattre anime à l’accoutumée les toros de « Doña Adelaida Rodriguez » et justifie l’engouement de l’aficion torista. Une réputation quelque peu excessive pour son éleveur, Fernando Pablo García Rodríguez, qui qualifie son bétail de noble. « Un toro de grande fijeza, qui bouge beaucoup et qui répète ». Telle est sa définition de son toro et le sentier qu’il tente de creuser.

 

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