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Alfonso Garzón Valdenebro était rongé par l’afición. Sa famille possédait plusieurs ganaderías dont Jódar y Ruchena et Gregorio Garzón Valdenebro, un terrain de jeu idéal pour assouvir sa passion et la transmettre à ses enfants. Ses quatre fils – Antonio, Alfonso, Luis et le petit dernier, José María – ont grandi dans cette ambiance taurine, courant de tentaderos en tentaderos. La passion les prit aux corps.
À l’adolescence, un accident de la route ôte à la fratrie ses deux parents. Ce drame renforce leur lien et, pour combattre leur douleur, ils se recentrent sur leur passion taurine. À peine majeurs, en 1993, ils entreprennent ensemble un projet ambitieux : la création d’une ganadería de lidia qu’ils nomment Hermanos Garzón Mergelina. Inscrite à l’AGL et installée à « El Cuartón », près de Santa Olalla, dans la province de Huelva, ils font leurs armes avec le bétail de Juan Arenas. Puis, grâce à leur amitié avec la famille Cuvillo, ils constituent peu à peu leur propre troupeau. Les quatre frères se répartissent les rôles, mais toutes les décisions se prennent en commun, le consensus étant toujours de mise ! Leur concept en matière ganadera est très « torerista », comme ils aiment à le dire. Ils élèvent leurs toros pour aller de menos a más, car aujourd’hui ce qui importe, c’est la faena. Ils défendent l’indulto, qu’ils considèrent comme une excellente manière de préserver et de diffuser la bravoure. José María n’hésite pas à en demander l’extension aux arènes de troisième catégorie.
José María Mergelina ajoute la facette d’empresario à celle de ganadero. Il crée une première société en 2007, nommée Ruedos Bravos. Avec ses associés Pedro Pérez Chicote et Emilio Miranda hijo, il s’initie à la gestion des plazas de toros. Espartinas sera l’une des premières. Puis, en 2012, José María fonde sa propre entreprise, Lances de Futuro. Il prend alors une tout autre envergure et fait résonner le nom de Garzón. Après avoir géré des arènes modestes comme Daimiel, Almodóvar del Campo, Socuéllamos ou Cáceres, on lui confie des arènes d’importance : Grenade, Malaga, Cordoue, El Puerto de Santa María, Santander, Almería ou Mérida. Sa politique de communication audacieuse fait mouche et tranche dans un milieu plutôt conservateur. Il assure également le rôle d’apoderado : d’abord avec le torero mexicain Diego Silveti, puis en 2016 avec José Garrido, en 2018 Joaquín Galdós, en 2020 Paco Ureña et, depuis 2023, Juan Ortega. Son ascension est des plus remarquées, jusqu’à cette fin d’année 2025 où il touche le Graal en se voyant confier la gestion des arènes de Séville.
À côté de ce brillant parcours, l’élevage des quatre frères reste modeste. Luis Garzón Margelina souhaite suivre une autre voie : en 2008, il prend son indépendance en créant l’élevage de Voltalegre et s’installe au Portugal. Il construit là un élevage différent, basé sur diverses branches du sang Domecq.
Tout d’abord, la rame Maribel Ybarra, dont il récupère 100 vaches auprès de João Moura, convenues avec l’achat de la finca Doña Ana. Une souche renforcée en 2018 avec 17 vaches et les étalons « Pipo » et « Botifarro » du fer de Torre de Onofre, élevage portugais d’origine Moura. Pour Luis, cette rame possède une charge toute particulière et l’intéresse au plus haut point. Afin d’asseoir sa base génétique, il rachète en 2019 le troupeau de Cayetano Muñoz (56 vaches et 2 étalons : « Polizonte » et « Protector ») de ligne Torrealta, une devise où le sang Maribel Ybarra a une forte influence.
La rame Cuvillo, avec laquelle il a fait ses classes en compagnie de ses frères, ne pouvait être oubliée. En 2013, Luis achète 45 vaches et les étalons « Campanito » et « Pantominia » à Francisco Núñez Benjumea. Celui-ci élève au Portugal sa part de l’élevage Núñez del Cuvillo, nommé Núñez de Tarifa. Luis y ajoutera en 2016 sa part de l’élevage familial, soit 27 vaches.
Une année auparavant, Luis avait également acquis 32 vaches et l’étalon « Travieso » de Daniel Ruiz, un sang qu’il continue d’injecter ensuite par l’apport de plusieurs étalons du fer de la devise d’Albacete.
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