Hermanos Camacho Lampreia
Hermanos Camacho Lampreia

Joaquim et Maria Lampreia sont la troisième génération d’éleveurs de toros de combat dans cette ganadería née au milieu du XX° siècle et encastée aujourd’hui par du Pinto Barreiros via Cabral Ascensão croisé avec du Moura (Marques de Domecq). Sur les terres de la herdade Monte de Nossa Senhora à Aljustrel (Alentejo sud), la soeur et le frère perpétuent la tradition en totale humilité et en parfaite connaissance des difficultés du marché taurin : l’élevage est réduit en têtes et ne fournit bon an mal an qu’un lot de toros pour des touradas locales. La terre donne peu et il convient de la respecter, comme les toros.

Ancienneté : -
Devise : Rose et Jaune
Signal : Muesca à droite
Propriétaire : Joaquim et Maria Lampreia
Gérant : Joaquim Lampreia
Fincas : “Herdade Monte de Nossa Senhora”  Aljustrel
   Associação Portuguesa de Criadores de Toiros de Lide





Crédits photographiques : Terre de Toros  

 

L’élevage de Lampreia a été fondé au milieu du milieu XX° siècle par Manuel António Lampreia et il est aujourd’hui dirigé par une petite-fille et un petit-fils, Maria et Joaquim Camacho Lampreia, enfants d’António Figueiredo Lampreia. Lui, d’ailleurs, est décédé en 2012. À la lecture des coupures de presse de l’époque, il fut retrouvé mort dans sa herdade sans que personne ne puisse expliquer ce qu’il lui était arrivé, l’homme affichant alors une santé plutôt correcte. L’autopsie qui fut réalisée à Beja permit seulement de conclure à une mort naturelle qui contraint la famille à redistribuer prématurément les cartes de la succession : chaque enfant (quatre au total) héritait d’une finca mais seulement deux, Maria et Joaquim demeuraient sur les terres du Monte de Nossa Senhora sises à une branche d’olivier du gros bourg d’Aljustrel. Sous leur gouverne restait le bétail brave bien qu’il convienne de mentionner qu’une partie des vaches fut emportée plus au nord, à Viana do Alentejo, par une sœur de Maria et Joaquim, Ana Rita Camacho Lampreia, pour fonder avec son époux la ganadería de Monte Cadema.

Gros paysan de la région minière d’Aljustrel, Manuel António Lampreia était aussi un éminent aficionado qui s’offrit le luxe de fonder son élevage de toros. Manuel Lampreia fit le choix d’un croisement assez original pour débuter : il croisa des vaches de Palha avec un semental de Antonio Perez Tabernero. Une dizaine d’années plus tard, au coeur des années 1950, Lampreia élimine tout et le remplace par des acquisitions Pinto Barreiros via Aleixo, le Vizconde de Fontainhas et António Silva, l’incontournable António Silva qui en sus de quelques vaches vend à Lampreia le toro n° 206 nommé ‘Dormilito’. Rendue au culte Pinto Barreiros, la ganadería de Lampreia subit un premier soubresaut en 1963 au décès de Manuel Lampreia, le fondateur. Si son fils, António Manuel lui succède, il semble que la transition s’avéra compliquée et que le retour à l’équilibre et aux résultats encourageants de la sélection du fils correspondit aux heures noires de l’élevage bravo portugais, en d’autres termes aux effets de la Réforme agraire accouchée de la Révolution des œillets de 1974. Comme ce fut le cas pour beaucoup d’autres, les idéaux marxisants laissèrent l’élevage de Lampreia exsangue.

Après l’épisode destructeur — pour la ganadería — de la Réforme agraire, quand d’autres auraient baissé les bras, António Figuereido Lampreia, le père de Joaquim, fit face et, une fois récupérées les terres nécessaires à la conduite d’un élevage, entreprit de le reconstruire dans les années 1980 sur une base proche de l’ancien sang puisqu’il se tourna vers des vaches de Cabral Ascensão, du Pinto très marqué par l’Oliveira Irmãos. La reconstruction commença en 1982 (certaines sources évoquent la date de 1986) et les vaches Cabral Ascensão eurent pour compagnie un semental de Silva (‘Cochilero’ d’origine Pinto Barreiros) puis plus tard des reproducteurs venus de chez Rio Frio (la famille Lupi) et Brito Paes, du Pinto Barreiros donc. Avant que de décéder en 2012, António Lampreia tenta l’apport Domecq grâce un semental d’origine Nuñez del Cuvillo puis es enfants firent de même avec des reproducteurs de João Moura (Marquis de Domecq). Chez Lampreia, les Pinto Barreiros de ligne Cabral / Oliveira sont tous mesclados avec le Moura / Marques de Domecq. L’élevage compte aujourd’hui à peine 35 vaches de ventre car Joaquim ne conserve de bétail brave que par afición. il vend un lot chaque année et cela semble lui convenir.

 


Après l’épisode destructeur — pour la ganadería — de la Réforme agraire, quand d’autres auraient baissé les bras, António Figuereido Lampreia, le père de Joaquim, fit face et, une fois récupérées les terres nécessaires à la conduite d’un élevage, entreprit de le reconstruire dans les années 1980 sur une base proche de l’ancien sang puisqu’il se tourna vers des vaches de Cabral Ascensão, du Pinto très marqué par l’Oliveira Irmãos. La reconstruction commença en 1982 (certaines sources évoquent la date de 1986) et les vaches Cabral Ascensão eurent pour compagnie un semental de Silva (‘Cochilero’ d’origine Pinto Barreiros) puis plus tard des reproducteurs venus de chez Rio Frio (la famille Lupi) et Brito Paes, du Pinto Barreiros donc. Avant de décéder en 2012, António Lampreia tenta l’apport Domecq grâce un semental d’origine Nuñez del Cuvillo. Cet essai qu’ils considèrent comme un rafraîchissement et non comme un croisement, arguant qu’à l’origine, tant l’Oliveira que le Domecq proviennent du Conde de la Corte résumé au Portugal sous l’appellation simplifiée de Parladé, fut confirmé par ses héritiers qui ont aujourd’hui pour reproducteur un toro de João Moura d’origine Maribel Ybarra ; origine que l’on pourrait traduire par Marques de Domecq.

Au plus profond des innombrables ramifications nées de la famille Domecq au XX° siècle, celle du Marques de Domecq pourrait être considérée comme un cours d’eau devenu secondaire, en voie d’assèchement.
Rappelons que c’est en 1951 que Pedro Domecq y Rivero, deuxième marquis de Domecq d’Usquain — la famille Domecq tient ses origines d’un minuscule village béarnais nommé aujourd’hui Tabaille-Usquain qui se situe sur la route entre Sauveterre-de-Béarn et Mauléon-Licharre — refonda son élevage créé en 1949 : il élimina sa base initiale Villamarta / Gamero Cívico et la remplaça par l’élevage de Salvador Nogueras qui n’était autre que celui fondé en 1931 par Ramón et Jaime Mora Figueroa avec du García Pedrajas et une pointe de Conde de la Corte via le semental ‘Chavetero’. Il ajouta à cette base pas moins de trois cents vaches du cousin Juan Pedro Domecq y Diez et la marque Marques de Domecq entama alors une série de francs succès malheureusement annihilés par des problèmes de faiblesse concomitant de divisions familiales dans les années 1980 et 1990 qui ont réduit cette sous-dérivation Domecq à une certaine confidentialité aujourd’hui. Mais passons.
Dans la famille proche de ce Pedro Domecq y Rivero, c’est une belle-soeur, femme du frère Luis Domecq y Rivero, qui est à l’origine d’une partie de la pérennité actuelle de ce sang. Elle se nommait María Isabel Ybarra e Ybarra mais pour faire simple elle fut surnommée et donc connue dans le monde taurin comme Maribel Ybarra. À titre purement anecdotique, sa fille, Maribel elle aussi, est l’épouse d’Alvaro Domecq y Romero, son cousin. Le bétail de Maribel Ybarra était du Marques de Domecq, à l’étonnement général. Au gré de ventes et de successions, il fut dispersé dans plusieurs ganaderías dont celle de l’homme d’affaires Juan Pablo Martín Berrocal.
C’est à ce dernier que le célèbre cavaleiro des années 1980 João António Romão de Moura acheta ses premières bêtes. Féru de l’origine Marques de Domecq et particulièrement des colorados typiques de ce sang, il se porta acquéreur de quarante vaches et des reproducteurs ‘Ibérico’ et ‘Salcillero’ parmi lesquels certains portaient encore le fer de Maribel Ybarra.

Chez Lampreia, les Pinto Barreiros de ligne Cabral / Oliveira sont tous mesclados avec le Moura / Marques de Domecq. Le résultat se voit à l’oeil nu, ne serait-ce qu’en ce qui concerne les pelages : les colorados et castaños sont nombreux parmi la camada de l’année dont l’apparence très desigual est la caractéristique principale. Bien malin celui capable d’en extraire un lot homogène même si la question n’inquiète pas l’éleveur d’Aljustrel. Chaque année, il vend sa corrida pour une tourada donnée dans le voisinage (Messejana en 2019), « pas cher parce qu’on ne paye pas bien les toros au Portugal » mais c’est suffisant pour que l’équilibre des comptes tenus par sa soeur Maria soit trouvé.

 

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