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Au plus profond de la basse Andalousie, aux alentours d’Arcos de la Frontera, est née la race Espinosa-Zapata. Nous devons celle-ci aux moines cartujanos qui rassemblèrent du bétail de la tierra de diverses provenances, que les señores Miguel Espinosa Dávila et Pedro José Zapata Caro hissèrent aux prémices du XIX° siècle. Bien plus tard, en 1883, le troupeau quitte l’Andalousie pour les terres de Castille sous la gouverne du conde de la Patilla, qui le cède dix ans plus tard à son compatriote Estéban Hernández Martínez.
L’homme possédait déjà du bétail de la tierra mais issu du nord, les fameux Raso de Portillo, qu’il agrémenta avec des bêtes d’origine vazqueña (Trespalacios) et Saltillo. Le croisement qui produisit les meilleurs résultats fut celui des Saltillo avec les bêtes d’Arcos de la Frontera, il fut choisi pour peupler l’ensemble de l’élevage. Si bien qu’Estebán rivalisait avec les élevages de Veragua et Martínez, les plus en vogue du moment. Le troupeau alla jusqu'à compter 1500 têtes et acquérir le surnom flatteur de « Pablo Romero de Madrid ». Décédé d’une chute de cheval sur sa finca de « Sotillo Gútierrez », ses héritiers et sa veuve Luisa Plá (1913) prirent sa succession. Malheureusement, l’élevage ne survivra pas à la Guerre civile (1936-1939).
En 1944, après quelques longues années de carence, la famille Hernández Plá rebâtit sur la même finca de « Sotillo Gútierrez », une nouvelle ganadería avec du bétail d’origines très diverses : duc de Pinhoermoso, Albaserrada (par Escudero Calvo), Samuel Flores, Vicente Martínez et Santa Coloma. Ils sollicitent l’accès à l’U.C.T.L. par la prueba pour finalement y entrer officiellement en 1950. Une décennie plus tard, l’élevage est scindé entre les deux frères, José Maria et Estebán Hernández Plà, ce dernier conservant le fer historique.
En 1963, Miguel Zaballos Casado, jusqu’alors traitant en bovin dans le Campo Charro, achète l’élevage de Estebán Hernández Plá et remplace le cheptel par du bétail de Argimiro Pérez-Tabernero, d’origine Saltillo. Il se présente à Madrid le 22 juillet 1967 lors d’une novillada nocture de six espadas.
En 1978, au décès de Miguel Zaballos, c’est son gendre Felipe Hernández San Román marié à sa fille María Luisa qui reprend la ganadería, annoncée alors au nom de ses héritiers. Le nouveau ganadero de bravo n’est pas vraiment novice dans la profession puisqu’il élève des moruchos, mais, en matière de bravo, il a tout appris aux côtés de son beau-père.
En 1990, le troupeau est agrandi avec du bétail de son ami Antonio Pelaez, propriétaire de l’élevage voisin de Clairac, d’origine pur Gamero Cívico. Apport renforcé en 1994 et toujours maintenu séparément des Saltillo. Les Clairac, comme on les appelle populairement, sont de rustiques Parladé. Ils seront maintenus jusque dans les années 2010 où ils prirent alors la direction de l’abattoir. Miguel Hernández Zaballos, fils de Felipe, honorant ainsi la parole de son père, qui avait promis à son ami Antonio de ne jamais vendre son bétail à un autre. Le motif de la vente fut de se concentrer sur l’amélioration des Saltillo, une logique aussi sage qu’économique. Malheureusement malgré des résultats encourageants, Miguel Zaballos, petit-fils du fondateur a toutes les peines du monde à maintenir son troupeau qui, suite aux dernières crises, ne dispose plus que de quelques poignées de vaches. Une peine.
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