José Luis Mayoral
José Luis Mayoral

La famille Mayoral Villaseco est originaire de Bóveda de Toro dans la province de Zamora où elle est principalement connue pour ses activités de « tratante » et d’organisateur de spectacles. Mais bien peu savent que se sont aussi de véritables ganaderos qui possèdent un élevage dit « sérieux » destiné à la lidia classique.
La maison n’est pourtant pas récente, José Luis, le patriarche, ayant fondé l’appellation dans les années 1960. Mais ce n’est que depuis les années 1980 et l’arrivée de ses fils dans l’affaire, les Mayoral Villaseco, que leur bétail est élevé en vue de sortir dans une arène. Ils choisirent alors des bêtes santacolomeñas provenant de Dionisio Rodríguez. Elles sont marquées du fer historique et destinées aux novilladas sans picadors, tandis qu’un nouveau fer nommé « Hermanos Mayoral García» (A.G.R.L.) fut créé pour le bétail affecté à l’activité traditionnelle de la famille : les spectacles populaires. Sa sélection est orientée en ce sens, avec des critères bien particuliers (pelage, cornes) et de fréquents métissages.

Ancienneté : -
Devise : Vert et Blanc
Signal : Hendido à chaque oreille
Propriétaire : José Luis et Juan Carlos Mayoral Garcia
Gérant : José Luis Mayoral Garcia
Fincas : "Carmona"  Castronuño
   Asociación de Ganaderías de Lidia





Crédits photographiques : Terre de Toros  

 

Benjamín Vicente Gallego est principalement connu pour avoir acheté l’élevage de Lisardo Sánchez à ses héritiers en 1983. Même s’il vendit presque immédiatement le fer historique aux frères Santamaria (1984), son nom est à jamais lié à l’histoire du célèbre fer charro, car il conservera un bon nombre de bêtes d’origine Lisardo Sánchez, les plaçant sous un fer inscrit à l’A.G.L. Avec ce bétail, il connut quelques succès avant de vendre en 1991 à Fernando Pablo García Rodríguez, qui renomme l’élevage Adelaida Rodríguez.
Mais ce qui nous intéresse ici, c’est la première vie de ganadero de Benjamín Vicente Gallego, qui est aussi la moins connue. « El Rubio de Golperas », comme on le nomme populairement dans le Campo Charro, a débuté comme ganadero dans les années 1950 avec du bétail d’origine Espioja. Il s’installa près de Retortillo, mais ce bétail ne semblait pas correspondre à ses ambitions et il vendit le tout en 1965 à José Luis Mayoral Villaseca.

La famille Mayoral est originaire de la province de Zamora, précisément de Bóveda de Toro. Si chez les Mayoral on a toujours vécu à proximité du bétail, tantôt boucher, tantôt négociant, il n’y avait jamais eu d’éleveur de bétail brave avant José Luis. Notre homme s’en était allé du côté de Salamanque pour exercer son négoce à Cortos de la Sierra, en plein Campo Charro et c’est de là que lui vint la passion du brave. Mais on ne devient pas éleveur en un jour et les débuts furent laborieux, d’autant plus que le bétail initial ne devait pas être bien fameux. Ainsi de nombreuses bêtes passèrent par « La Manga », la plupart provenant des ganaderías de José Manuel Cobaleda ou du Duc de Aveiro (Portugal).
Mais les choses sérieuses débutèrent dans les années 1980, avec l’arrivée de ses fils dans l’affaire. José Luis et Juan Carlos poussèrent alors leur père à restructurer l’élevage en repartant de zéro, pour partir sur des bases saines. Ils choisissent alors du bétail de Dionisio Rodríguez et éliminent l’ancien troupeau. Le toro de Santa Coloma est leur idéal, pour l’émotion qu’il amène dans l’arène, même s’il incommode parfois les toreros.
En 2004, José Luis Mayoral Villaseco quitte définitivement l’affaire, donnant lieu à la création d’un nouveau fer, nommé « Hermanos Mayoral García» et inscrit à l’A.G.R.L. Les deux frères, outre leur profession d’éleveur, exercent comme « tratante » et organisent des spectacles taurins de toutes sortes : encierros, festejos populares, novilladas piquées et corridas formelles. Ainsi ils ont spécialisé pour les spectacles populaires leur second fer, doté d’une origine Veragua (Valdegalindo) métissée de Domecq, tandis que le fer historique est réservé aux Santa Coloma en vue des spectacles formels.

 


Le toro de Santa Coloma est le fruit du mélange des castes Ybarra et Saltillo. Puis, au fil du temps et des sélections, l’alliance s’est déclinée en diverses proportions vers l’une ou l’autre de ses ascendances.
On trouve chez les Mayoral Villaseco les typiques Santa Coloma ybareños de Dionisio Rodríguez. Un Santa Coloma bien particulier du fait de sa provenance Buendía et de son influence Ybarra. Une singularité qui peut paraître aujourd’hui paradoxale, tant l’encaste Buendía s’est depuis aligné sur les gênes Saltillo. La marginalisation de cette branche du Santa Coloma, qui malgré son importance et son succès d’il y a à peine quelques décennies, amplifie encore le paradoxe. Faisons un flash back sur les « Dionisios », comme on les appelait alors.
En 1950, Maria Dolores de Juana de Cervantes achète à l’association Joaquín Buendía – Felipe Bartolomé 40 vaches et l’étalon ‘Rivero'. Le Buendía est alors largement asaltillado mais persistent de nombreuses bêtes dans la ligne Ybarra notamment sous le fer de Felipe Bartolomé. Très vite, Maria Dolores de Juana de Cervantes vend à Dionisio Rodríguez une grande part de son élevage. Si la proportion est importante, la part est modeste au regard du nombre de vaches : 35 et l’étalon ‘Guareño’. La transaction est si rapide que bon nombre de vaches portent encore les fers de Buendía et Bartolomé. Arrivés dans le Campo Charro à « Hernandinos », les Santa Coloma sont mis à part des anciens « Dionisios » d’origine Espioja que le ganadero sélectionne depuis 1930. Cette acquisition peut paraître surprenante, puisque les Parladé d’Espioja avaient plutôt bonne réputation, d’autant que Dionisio Rodríguez ne tarde pas à les envoyer au matadero pour se consacrer en exclusivité à ses Santa Coloma.
Dans les années 1950, les Buendía de Juana de Cervantes étaient noirs, mais aussi entrepelados et cárdenos. La sélection de Dionisio va tendre largement sur les influences Ybarra et très rapidement le pelage noir s'impose, les toros cárdenos devenant rares.

Au décès de Dionisio Rodríguez García, ce sont ses enfants, Andrés, Dioni, Maria Rita et Paco qui poursuivirent avec les fers de la casa. Les fers, car à côté du fer de l’U.C.T.L., la famille détenait deux autres fers inscrits à l’A.G.L. Celui de Maria Rita et celui d’Andrés Celestino. Dans les années 1980, lorsque surmonter le moteur des « Dionisios » n’était plus du goût des toreros, l’élevage évolua vers plus de douceur. L’opération comportait des risques et Dionisio prit garde de ne pas mettre tous ses oeufs dans le même panier. L’adoucissement se fit sur le fer de l’U.C.T.L., celui destiné aux toreros, les autres, ceux de la modeste A.G.L. conservèrent à l’identique le bétail de la casa élevé dans l’esprit traditionnel. L’entreprise, si elle fut du goût des toreros, fut peu appréciée des aficionados. La bravoure des Dionisio se dilua quelque peu et le célèbre éleveur charro finit par tomber du cartel, comme on dit. Heureusement, il restait les autres « Dionisios », ceux des fers modestes mais issus de la même origine prestigieuse, et ce sont précisément ceux-là que l’on retrouve chez les Mayoral Villaseco.

 

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