La Interrogacion
La Interrogacion

En plein Campo Charro, la famille Martín Tabernero possède deux fers inscrits à l’A.G.R.L. Aujourd‘hui, ce sont Ángel et Antonio, les deux jeunes fils d’Antonio, qui mènent la ganadería. Fondée en 1952, l’exploitation possède du bétail de deux origines. Tout d’abord, des Santa Coloma rame Coquilla acquis à Matías Bernardos en 1987. Marquée du fer en forme de point d’interrogation à l’envers, la devise fut justement nommée « La Interrogación » en 2004. Parfaitement inscrit dans le type de son encaste, ce bétail est réservé aux novilladas non piquées. Cohabite avec les Coquilla du bétail d’origine Domecq , étiqueté « Casasola » et introduit en 2003 via leur oncle Andrés Ramos. Il est réservé aux novilladas piquées et aux corridas intégrales.

Ancienneté : -
Devise : Rouge et Jaune
Signal : Horca à chaque oreille
Propriétaire : Antonio Martín-Tabernero
Gérant : Ángel Martín-Tabernero
Fincas : "Casasola de la Encomienda"  Garcirrey
   Asociación de Ganaderos de Reses de Lidia





Crédits photographiques : Terre de Toros  

 

D’abord, il y a ce point d’interrogation à l’envers. Celui par qui, en Espagne, commence toute question. Outre l’intrigue, le motif suscite chez l’aficionado le souvenir des Coquilla de Matías Bernardos qui détenait ce même dessin de fer. L’homme l’avait choisi pour emblème en 1952, d’abord à l’endroit avant de le retourner mystérieusement à la transition des décennies 1960/1970. Mais, à dessin identique, destin différent. Le fer des Martín Tabernero n’ayant aucun lien avec celui de Matías Bernardos. Cependant, les deux familles devaient être proches puisqu’il existe de nombreuses relations dans l’histoire des deux élevages, comme nous allons le voir. Il faut donc percevoir dans le symbole une évocation des Coquilla, un clin d’œil fort sympathique aux amoureux de l’encaste Coquilla.

La famille Martín Tabernero, comme son nom le laisse présager, n’est pas novice en matière de ganado bravo. La vocation fut initiée en 1952 par Ángel Martín Ballesteros avec du bétail rustique de Espioja et de Arribas. La ganadería charra, inscrite alors au second groupe, est déjà implantée à Casasola de la Encomienda, lieu qu’elle n’a jamais quitté. En 1982, l’élevage est partagé entre les deux enfants d’Ángel. D’un côté Francisca et de l’autre Antonio qui conserve les droits du fer. Poursuivons du côté d’Antonio qui laisse définitivement le vieux sang paternel en 1987 au profit des Coquilla de Matías Bernardos. Deux ans plus tard, en 1989, Antonio crée un second fer pour ses enfants, nommé naturellement « Martín Tabernero Ramos Hermanos ». Au départ, la devise inscrite à l’A.G.L. est comme un titre, Belén, Eva, Antonio et Àngel, étant trop jeunes pour s’occuper d’un élevage de toros de combat. Mais bien vite, Ángel et Antonio prennent la main et s’essayent avec du bétail plus actuel, du Parladé via José Ortega et Torrestrella. Très récemment, les enfants d’Antonio vont profiter de leur lien de parenté pour améliorer le sang brave de leurs Parladé. Leur mère, Emilia Ramos Plaza, n’étant autre que la sœur d’Andrés Ramos Plaza, détenteur d’un élevage de bonne réputation inscrit à l’U.C.T.L. et d’origine Domecq. Le Domecq de Salamanque, la souche Aldeanueva, qui avant d’être connue sous cette appellation était la propriété de Matías Bernardos ! Chose particulièrement plaisante à rappeler ici. Emilia, au décès de son frère, a acquis une partie du troupeau qu’elle légua naturellement à ses enfants en 2003. Profitant de l’aubaine, Antonio et Ángel éliminèrent leur métissage Parladé pour le substituer par ce sang pur de premier choix. L’année suivante, ils donnèrent le nom du lieu à la devise qui s’appelle désormais tout simplement « Casasola ».

Forts de leur expérience, les deux frères mènent aujourd’hui les deux fers de la maison inscrits désormais à la A.G.R.L. (Asociación de Ganaderías de Reses de Lidia), c’est-à-dire l’ancien fer de leur père, Antonio, renommé en 2004 « La Interrogación » avec un nouveau fer en adéquation avec l’appellation et « Casasola ». Tout en s’adaptant aux contraintes modernes avec un sang à la mode, les deux frères ont su garder intactes les précieuses origines Coquilla qui n’ont rien à envier aux Domecq si ce n’est la force du nombre.

 


Les origines des deux élevages de la famille Martín Tabernero trouvent leurs sources dans la ganadería de Matías Bernardos, alias « El Raboso ». Une même personne pour deux gisements bien différents puisque provenant de deux encastes distincts. L’appellation « La Interrogación » traite de la souche traditionnelle de la vacada, celle des Santa Coloma rame Paco Coquilla.

Matías Bernardos a fondé sa ganadería en 1952 en achetant la part d’héritage de Dolores Sánchez Fabrés, soit la moitié du troupeau familial. Le sang pur Santa Coloma arrive alors sur les terres de Sancti-Spiritus situées non loin de leurs pâturages d’origines. Matías Bernardos élèvera avec succès ce bétail difficile mais alors de mode, connaissant son apogée dans les années 1960. Mais, peu à peu, la tauromachie évolue, et l’homme avisé s’oriente sur une autre origine en 1969, le Juan Pedro Domecq, sans toutefois délaisser ses Coquilla.
C’est alors, en 1987, que Antonio Martín Tabernero s’intéresse à cet encaste et achète un lot de bêtes au « Raboso ». Il élimine ainsi son vieux sang Espioja-Arribas pour les Santa Coloma. En dépit du temps, les Coquilla sont restés dans les cercados de « Casasola ». Ils ont un peu moins de place qu’auparavant mais conservent leurs lignes si caractéristiques. Antonio Martín Tabernero a su préserver à l’identique leur type, pas très armé mais à l’âme respirant la bravoure. Ici, loin de tout, persiste une cinquantaine de vaches dont la progéniture est exclusivement réservée aux sans piquées, loi du marché oblige.

 
 

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