Barcial
Barcial

C’est désormais Jesús Cobaleda, le fils d’Arturo qui maintient la devise de Barcial. Sous cette appellation survivent les rustiques Vega-Villar de son arrière-grand-père perpétuant ainsi la tradition familiale depuis 1928. Ses fameux « Patas Blancas », forts et armés, offrent d’idylliques panoramas, au milieu des fleurs et des encinas du Campo Charro. Dans le ruedo, leur renommée n'est plus à faire, éclatant dans les années 1960 où leur noblesse piquante faisait le bonheur des figuras.
Depuis, la ganadería a perdu de son aura et peine à trouver la régularité. Des problématiques liées à des difficultés sanitaires fréquentes et une consanguinité très importante compliquent encore la chose. Bien entendu, la bravoure brute des berrendos ressurgit de temps à autre, mais le Barcial a du mal à combler toutes les exigences de la lidia moderne. Ce n'est pas pour déplaire aux toreros qui ne se bousculent pas pour les affronter et ne s'efforcent pas toujours d'en extraire les qualités.

Ancienneté : 6 Juin 1924
Devise : Blanche et Noire
Signal : Punta de espada à droite et Hendido à gauche
Propriétaire : Arturo Cobaleda Gonzàlez
Gérant : Jesús Cobaleda
Fincas : "La Torre"  San Pedro de Rozados
   Unión de Criadores de Toros de Lidia





Crédits photographiques : Terre de Toros  

 

Au début du XXème siècle, José Vega, excellent aficionado fortuné, s'offre son fantasme, une ganadería de bravo. Fantasque, il décide de créer un mélange inédit et unit la caste vazqueña à l'encaste Santa Coloma. On raconte que lors du premier herradero, il avait oublié de se munir du principal pour ladite opération : le fer. Il dut alors chercher avec précipitation celui de son voisin éleveur de mansos. En somme, José Vega était aficionado et non ganadero. Il vendit très vite son jouet, avant même d'observer les premiers résultats.
Lui succèdent en 1914 les frères Villar, Victorio et Francisco. Installés à « La Granja » dans la province de Zamora, ils tientent les premiers produits et à la surprise générale les résultats sont excellents. Ils ne conserveront la ganadería qu'une dizaine d'années, mais cela leur suffit pour fixer les caractères du croisement de Pepe Vega. En hommage aux fondateurs, on nomme depuis cette origine Vega-Villar.

En 1922, les deux frères se séparent, Victorio conservant le fer. Francisco dessine alors un nouveau fer et se présente à Madrid le 5 juillet 1924. Arturo Sánchez Cobaleda achète en 1928 la part de Francisco et installe les Vega-Villar dans le Campo Charro. La centaine de kilomètres qui séparent les deux fincas se fait à pied, des vaqueros encadrant le troupeau comme il est alors habituel de le faire. Les enfants d'Arturo héritent de l'élevage en 1942. Ils resteront unis jusqu'en 1950, date à laquelle les cinq frères et sœurs se partagent troupeau et pâturages. C'est Manuel qui garde le fer, mais, étrangement, chacun des héritiers conserve l'ancienneté originale.
Jesús nomme sa part "Barcial" et crée un nouveau fer. À son décès, ses deux fils reprennent le flambeau avant de prendre leur indépendance en 1963. Arturo Cobaleda González conserve le fer et poursuit à l’identique de ces aïeux. Ses Patas Blancas sont alors à leur apogée.
La suite est plus complexe, avec des hauts et des bas. La dictature d’un toro lourd puis du monoencaste va compliquer les choses pour pratiquement lui fermer le marché des arènes de première catégorie. Menacé, alors que nombre d’élevages du même sang vont disparaitre, Arturo va réussir à faire perdurer sa devise, connaissant même une période faste à l’entre-deux siècles.
Désormais, c’est Jesús, son fils, également peintre et sculpteur qui conduit la devise. Après avoir connu des années difficiles avec des problèmes sanitaires et s’être essayé à un croisement avec du Conde de la Corte sans grand succès, il est revenu à une ligne traditionnelle. Souhaitons que cela dure puisque Jesús est le dernier à détenir l'héritage ganadero originel de la famille Cobaleda, débuté en 1928 par son arrière-grand-père.

 


Au cours d'une tertulia, José Vega exposa son idéal en matière de toro de lidia : un mélange des caractéristiques du toro vazqueño et du Santa Coloma. Des mots aux actes, il n'y a parfois qu'un pas, si bien qu'il tenta l'aventure. Il choisit scrupuleusement 40 vaches au Duc de Veragua et un étalon d'origine Saltillo au Conde de Santa Coloma, et entreprit le croisement.
La filiation de "l'idée" de Pepe Vega, ce sont les frères Vega qui vont l'étalonner et la formater. Le Vega-Villar est un toro berrendo, mélange de deux couleurs, dans une large plage chromatique, des negros, des cárdenos mais aussi des colorados et des jaboneros. Ils présentent de nombreuses taches sur tout le corps et possèdent souvent le bout des pattes blanches, d’où leur surnom populaire de « Patas Blancas ». Une diversité de robes qui tient dans l'influence du sang Veragua. Mais il semblerait que ce soit le sang Santa Coloma qui ait pris le dessus dans le mélange des deux races, apportant une morphologie réduite et un caractère très pimenté.
Arturo Sánchez Cobaleda va poursuivre l'œuvre des frères Villar et construire un toro imposant et très armé. Aujourd’hui encore, la famille Cobaleda conserve les mêmes principes de sélection et préserve cette origine, même si le taux de consanguinité élevé est un des problèmes majeurs de l’élevage.


Elevages d'origine Barcial :

 
 


Morphologie
 

Le Barcial est un des plus beaux toros de lidia. Très bas, aux extrémités et au tronc courts, avec un petit squelette donnant un ensemble harmonieux. Il est très musclé, fort, avec un morrillo considérable, ce qui donne une impression de grand sérieux malgré son poids léger. Chato (tête courte), le front et le museau sont larges, les yeux grands, la papada discrète, les cornes longues et astifinas. Le cou est de longueur moyenne, la ligne dorso- lombaire est droite, voire légèrement ensellée, la croupe ronde et la queue fine.
La robe caractéristique est le berrendo, en negro, cárdeno et colorado, assortie de nombreux accidents, ou taches, dont les plus fréquents sont le girón, lucero, estrellado, facado, careto, bragado, meano, corrido, axiblanco, aldiblanco, calcetero, calzón, coliblanco et rebarbo, rien que ça.


Comportement

En piste, malgré une apparente lourdeur, il présente une grande vivacité qui s'exprime dans une forte bravoure et un premier tiers spectaculaire. Certains exemplaires y allient une bonne noblesse et permettent des combats authentiques, vibrants d'émotion. Cependant, le Barcial possède une noblesse beaucoup moins importante que les Vega-Villar de la famille Galache et pose généralement de nombreuses difficultés. Ils développent notamment une tendance à s'arrêter après le premier tiers ou du moins à raccourcir leur charge.

 
 

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