Clairac
Clairac

Rafael Peláez Lamamié de Clairac a succédé en 2007 à son frère Antonio, décédé prématurément. L’élevage est un des mythes de la fiesta brava, mais des légendes du passé ne restent que quelques lambeaux en bien mauvais état. Pourtant, l’amour du toro de combat est toujours là, entretenu par la famille depuis 1892, soit il y a bien plus d’un siècle. La famille Lamamié de Clairac est d’un romantisme qui n’a d’égal que sa gentillesse, se battant au quotidien contre la consanguinité et les maladies pour préserver son élevage ou plutôt sa race. Car le bétail Gamero Cívico est lui aussi encore présent et c’est en soi un véritable miracle. Clairac reste un encaste à part entière qui diverge nettement du petit reliquat de cette race, encore maintenu par Samuel Flores ou Santa Teresa. Cela fait bien longtemps déjà que l’avenir est plus qu’incertain, mais ils y croient et nous avec eux !

Ancienneté : 23 Septembre 1925
Devise : Rouge et Violet
Signal : Orejisana à chaque oreille
Propriétaire : Clairac, S.A.
Gérant : Antonio Peláez Lamamié de Clairac
Fincas : "La Moral de Castro"  Garcirrey"Torrejón"  Palencia de Negrilla
   Unión de Criadores de Toros de Lidia





Crédits photographiques : Terre de Toros  

 

Rafael Lamamié de Clairac évoque l’encaste traditionnel Parladé et son prédécesseur Luis Gamero Cívico. Introduit dans l’élevage en 1924, il ne résume pas à lui seul l’histoire de la célèbre devise, simplement sa période moderne, une modernité certes toute relative.

La première étape de la ganadería fut initiée par le père de Rafael, Eloy Lamamié de Clairac. En 1882, l’homme forme un troupeau avec du bétail de Juan Antonio Mazpule, d’origine « Raso de Portillo ». Il ajoute ensuite des vaches de Vicente Martínez, en provenance de Colmenar Viejo (Madrid). Le mélange est antique, et vu de notre époque, il est très difficile d’imaginer les toros de don Eloy. Installé dans sa finca « Muchachos », proche de Salamanque, il est un des élevages piliers du Campo Charro. Aussi, c’est un toro de Eloy Lamamié de Clairac pourvu d’une devise verte et blanche qui inaugure les arènes de Salamanque le 11 septembre 1893. Un projet qui tenait particulièrement à cœur à don Eloy puisqu’il était vice-président de la société à l’origine de la construction des arènes de « La Glorieta ». En guise de témoignage des prémices de l’élevage restent les affiches de la fin du XIX° siècle où trône la dénomination « Lamamié de Clairac ». Le 7 septembre 1902, il se présente une première fois à Madrid et obtient son ancienneté, bien qu’elle sera par la suite réinitialisée pour dater du 23 septembre 1925. Une date qui correspond à une course lidiée dans les arènes de Valladolid !

Rafael hérite de l’élevage en 1913. Attiré par l’élevage de Fernando Parladé, il importe déjà des étalons de ce sang en 1912 : ‘Civilillo' et ‘Azulejo', qui, dit-on, ont grandement amélioré l’élevage. Les résultats ne semblent pourtant pas lui suffire et il introduit en 1921 d’autres bêtes d’origine Parladé via Antonio Fuentes et l’année suivante du bétail d’origine Ybarra, le prédécesseur de Fernando Parladé, via Tertuliano Fernández. C’est alors qu’il demande son intégration à l’U.C.T.L. qu’il obtient en fin d’année 1922. En 1925, d’autres vaches rejoignent le troupeau, elles sont marquées du fer des Sánchez Rico et d’origine Contreras.
On comprend que Rafael cherche la bonne formule et que toute nouvelle introduction de sang marque l’échec de la précédente. Après des années de travail, Rafael trouve la solution en 1925 en obtenant un quart du troupeau de Luis Gamero Cívico, héritier de Fernando Parladé. Il supprime alors la souche ancestrale de Lamamié de Clairac pour débuter une toute nouvelle ganadería qui constitue la seconde phase de l’élevage. En même temps, Rafael profite de l’acquisition du bétail parladeño pour créer un second fer au nom de son fils Leopoldo, le C de Clairac avec à l’intérieur quatre traits, pour rappeler le fer de Fernando Parladé. Deux fers pour un même élevage en tout point identique.

Au décès de Rafael, l’élevage est segmenté en cinq lots. Leopoldo poursuit avec son fer sous l’appellation « Lamamié de Clairac » tandis que sa petite sœur Aurora récupère le fer historique et nomme son élevage « Valdelama ». Cependant, les deux élevages restent joints.
En 1985, le neveu de Leopoldo, Antonio Peláez Lamamié de Clairac, lui succède et prend les rênes de la ganadería. Rempli d’afición et le caractère bien trempé, Antonio va hériter lors d’une période délicate pour œuvrer et ses qualités ne suffiront pas à enrayer le déclin de la devise. En 1992, les droits du fer de Leopoldo sont vendus à Domingo Hernández et, dès lors, seul subsiste le fer de la C. Outre les multiples problématiques qui frappent les élevages dits d’encastes minoritaires, la consanguinité est ici plus qu’ailleurs un fléau avec des dégénérescences graves et importantes. Au décès prématuré de don Antonio en 2007, le troupeau est diminué et dans un état sanitaire préoccupant. Son frère Rafael et ses enfants s’attèlent à la tâche se donnant pour priorité de retrouver un troupeau sain. Ils décident aussi de rafraîchir le sang et optent dans le faible éventail de possibilité pour le fer de Santa Teresa, ex Domingo Hernández. L’étalon ‘Pirata’ est alors introduit sur les meilleures vaches pour insuffler un vent de fraîcheur sur la devise.

 

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