José Manuel Sánchez
José Manuel Sánchez

José Manuel Sánchez, époux de Pilar Majeroni Sánchez-Cobaleda, a hérité dans les années 1980 de trois des cinq fers de son beau-père Manuel Sánchez Cobaleda, tous encastés du fameux Vega-Villar familial. Il va alors diversifier l’exploitation en accolant d’autres encastes dont le Murube qui sera le seul à subsister. Un Murube élevé dans une version pure sous le fer de Castillejo de Huebra ou métissé d’Atanasio Fernández sous le fer de son patronyme.
Depuis son décès en 2014, ce sont ses filles qui ont repris la direction de l’élevage et plus particulièrement María José Sánchez Majeroni aidée de son époux Francisco de Patrocinio. Ils inculquent alors un souffle nouveau en faisant lidier des novilladas piquées qui leur permettent de retrouver quelques parts de marché dans la lidia à pied, même si le spectacle de rejón constitue le principal débouché de la maison.

Ancienneté : -
Devise : Mauve et Grena
Signal : Hendido à chaque oreille
Propriétaire : María Pilar et María José Majeroni Sánchez-Cobaleda
Gérant : María José Majeroni Sánchez-Cobaleda
Fincas : "Zamarril"  Portaje"Agustinez de Huebra"  San Muñoz
   Unión de Criadores de Toros de Lidia





Crédits photographiques : Terre de Toros  

 

La famille Sánchez-Cobaleda possède quatre fers et seul le fer de José Manuel Sánchez est issu de celui du marquis de Castronuevo.

Don Luis Jordán de Urries, marquis de Castronuevo — également orthographié Castro Nuevo — crée en 1931, son élevage de bravo et s’installe à « Aguijuelas » dans la province de Cáceres. Les origines du bétail son particulièrement complexes, puisque sur une base de vaches d’origine Veragua, il place des étalons d’origine Santa Coloma acquis à Estebán González Camino et d’autres d’origine Contreras, achetés aux Sánchez Rico. Un troupeau qu’il renforce avec des jeunes vaches (eralas) d’origine Albaserrada, acquises à on ne sait quel éleveur de la région.
Il convient de s’arrêter quelque peu sur l’origine des Veragua du marquis de Castronuevo, leurs origines étant aussi prestigieuses que méconnues. En 1927, Manuel Martín Alonso achète l’intégralité de l’élevage du duc de Veragua qu’il revend, trois ans plus tard, à Juan Pedro Domecq. Fait méconnu, la transaction ne fut pas intégrale, une mince part échoua au marquis de Castronuevo. Pour rappeler ce lien du sang, le marquis dessina un fer largement inspiré de celui du duc de Veragua. Le bétail du marquis était de robe noire ou grise, étalant les influences des Contreras et Santa Coloma. Cependant, il conserva une petite part de son troupeau de pure race Veragua. Dans les années 1960, cette part veragueña donnera l’élevage de Samuel de Paz, conservé un temps en Navarre, dans la ganadería de Fraguas, avant de s’éteindre.
Au décès du marquis, sa veuve, Viuda de Roda, prit la succession pour la léguer à ses filles : Pilar, Carmen et Mercedes Jordán de Urries y de Ulloa. Lesquelles dénomment l’élevage « Señoritas de Jordán de Urries ». Elles font leur présentation à Madrid, avec une devise bleu et rouge, le 14 avril 1946, lors d’une novillada. Pour conclure, il faut ajouter que ces señoritas possédaient les droits du fer de Argimiro Pérez-Tabernero.

En 1951, Mariano García de Lora achète l’élevage. Mariano, modeste torero, avait abandonné les ruedos en 1942 et s’était essayé comme ganadero en 1945 en rachetant le troupeau des frères Olano. Aventure de courte durée, puisqu’il revendit la ganadería la même année. Six ans plus tard, il récidive, mais la pugnacité nécessaire pour devenir ganadero ne semble pas être une de ses caractéristiques et il revend l’élevage trois ans plus tard à Emilio Arroyo Vázquez. Le señor Arroyo maintiendra la ganadería une quinzaine d’années avant de vendre, en 1969, à Félix Cameno.
Félix Cameno, ami d’Antonio Urquijo, avait créé sa ganadería en 1960 à partir d’un lot restreint mais choisi de son ami Antonio. L’homme connaît de bons débuts, mais des problèmes financiers l’obligent à vendre son fer de première et la majeure partie du bétail en 1968. Il conserve tout de même une pointe de bétail qu’il placera l’année suivante, le pécule reconstruit, au nom de sa femme, Antonia Tovar. Son « nouvel » élevage arbore un fer au même dessin, mais les droits sont désormais ceux achetés à Emilio Arroyo Vázquez.
L’année suivante (1970), il annonce l’élevage à son nom. Les problèmes économiques semblent oubliés et reviennent les triomphes. Madrid est un des sites de prédilection de la devise, avec en 1973 ‘Brasileño’ qui eut les honneurs de la vuelta al ruedo. Puis, plus tard, en 1981, un autre ‘Brasileño’ rafle le prix du meilleur toro de la feria de la San Isidro. L’élevage semble au sommet de sa courte existence, vingt-quatre ans, et c’est alors que Félix Carmeno se décide à vendre. Sans doute pour profiter du prix fort. Lui succède un colombien, Dairo Chica, qui cède pratiquement immédiatement l’élevage aux frères Lozano qui le renomment « El Madrigal ». Les Lozano ne conserveront leur nouvelle devise que bien peu de temps, puisqu’en 1987 ils vendent à José Manuel Sánchez.

José Manuel Sánchez est déjà à la tête d’un pool ganadero qui possède déjà trois fers, hérités de son épouse Pilar Majeroni Sánchez-Cobaleda. Le fer qui porte son nom sera sa pierre ajoutée à l’édifice qu’il cimente sur la base des Murube de Félix Cameno. Ironie de l’histoire, le déclin des encastes minoritaires précipita la chute de l’édifice des Sánchez-Cobaleda, duquel ne restent aujourd’hui que les pierres Murube cimentées par José Manuel. Aujourd’hui propriété de ses filles, les Murube courent sous les deux appellations encore vivantes, Castillejo de Huebra et José Manuel Sánchez.

 


Paradoxalement, l’encaste Murube, à l’origine de pratiquement tous les élevages actuels par ses filiations, est aujourd’hui bien rare dans sa ligne pure. Parmi les fers qui peuvent se prévaloir aujourd’hui de cette origine, « Castillejo de Huebra » est un des plus purs, découlant directement de la ligne mère. « Castillejo de Huebra » est un des fers de José Manuel Sánchez, à côté duquel, il mène en parallèle, presque en cohabitation, le fer de son patronyme, qui marque une version Murube quelque peu modifiée.

La différence tient dans l’apport du sang Atanasio Fernández. Un apport qui vient droit du Campo Charro et de l’élevage de El Sierro, à une époque où cette devise était encore très prisée.
En prenant un peu de recul, on s’aperçoit que le ganadero n’a fait que rassembler les deux dérivations les plus fameuses de la branche Arias de Saavedra héritée du Conde de Vistahermosa. D’un côté, la branche Murube et de l’autre celle de Parladé qui découle également du vieil élevage de Dolores Monge, veuve Murube, via Ybarra.
Le toro de José Manuel Sánchez voguent donc entre l’encaste Atanasio Fernández (Parladé) et le Murube. En rapport avec son frère de Castillejo de Huebra, il possède plus de tête, ses lignes sont aussi moins effilées donnant une allure générale beaucoup plus grossière (basto). Point de vue comportement, cette ligne croisée, a généralement un peu moins de qualité que la ligne pure.

 

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