Castillejo de Huebra
Castillejo de Huebra

José Manuel Sánchez, époux de Pilar Majeroni Sánchez-Cobaleda, a hérité dans les années 1980 de trois des cinq fers de son beau-père Manuel Sánchez Cobaleda, tous encastés du fameux Vega-Villar familial. Il va alors diversifier l’exploitation en accolant d’autres encastes dont le Murube qui sera le seul à subsister. Un Murube élevé dans une version pure sous le fer de Castillejo de Huebra ou métissé d’Atanasio Fernández sous le fer de son patronyme.
Depuis son décès en 2014, ce sont ses filles qui ont repris la direction de l’élevage et plus particulièrement María José Sánchez Majeroni aidée de son époux Francisco de Patrocinio. Ils inculquent alors un souffle nouveau en faisant lidier des novilladas piquées qui leur permettent de retrouver quelques parts de marché dans la lidia à pied, même si le spectacle de rejón constitue le principal débouché de la maison.

Ancienneté : 6 Juillet 1924
Devise : Rouge et Vert
Signal : Horca à droite et hendida à gauche
Propriétaire : Castillejo de Huebra, S.L.
Gérant : María José Majeroni Sánchez-Cobaleda
Fincas : "Santa Maria"  Moraleja"Zamarril"  Portaje"Agustinez de Huebra"  San Muñoz
   Unión de Criadores de Toros de Lidia





Crédits photographiques : Terre de Toros  

 

Durant l’été 1928, Arturo Sánchez-Cobaleda achète à prix d’or le fer et les 250 têtes de bétail de Francisco Villar. Une dizaine d’années plus tôt, Francisco avait repris avec son frère Victorio l’élevage créé par José Vega. Ils surent faire fructifier à merveille le croisement Veragua – Santa Coloma de leur prédécesseur pour en faire une des devises du moment. Si bien que leur bétail allait devenir un encaste, le Vega-Villar. La fratrie se sépara en 1922 pour se défaire rapidement de leurs biens. Francisco eut à peine le temps de faire sa présentation à Madrid le 5 juillet 1924 avec une devise violette et rouge. Une date qui constitue étrangement l’ancienneté actuelle du fer de Castillejo de Huebra.

Le prix de la transaction justifiait totalement la réputation de la devise. Les Vega-Villar quittent alors les terres zamoreñas pour le Campo Charro où ils occupent les fincas de Sánchez-Cobaleda. Mais le bétail ne transita pas seul ; Lucio, le vieux mayoral de Paco Villar et conocedor de l’encaste depuis le premier jour, suivit ses bêtes. Il fut une aide précieuse pour Arturo Sánchez-Cobaleda et sa présence explique le succès du changement de main. Le fer ne connaissant aucune baisse, bien au contraire. La présentation à Madrid fut des plus rapides, puisqu’elle eut lieu l’été suivant, précisément le 27 juin 1929.
Arturo fut le premier Sánchez-Cobaleda ganadero mais non le dernier. Ses héritiers, qui lui succédèrent en 1942, vont se révéler également d’excellents éleveurs. Si bien qu’il est parfois difficile de s’y retrouver. Dans un premier temps, les cinq enfants d’Arturo restèrent unis, annonçant la devise « Señores Herederos de don Arturo Sánchez-Cobaleda ». Ensemble, ils profitèrent de l’héritage légué par leur père, pour connaître l’époque de gloire de la ganadería. Depuis la fin de la Guerre civile (1936-1939), la devise de Sánchez-Cobaleda connait un cartel fort, une réputation qui excelle dans les années 1940. « Manolete », máxima figura de l’époque, avait un goût particulier pour les Sánchez-Cobaleda, auxquels il coupa en 1945 à Palencia en compagnie d’Arruza et de Pepe Luis Vásquez, rien moins que douze oreilles, six queues et six pattes ! Les Cobaleda sont alors reconnus comme de petits toros, vifs et suaves.
En 1950, l’élevage est partagé en cinq lots de cent cinquante bêtes. Cinq lots pour cinq fers mais en réalité trois élevages ; Pilar et Maria donnant la gérance de leurs ganaderías, respectivement nommées « Salamanca » et « Terrubias », à leur frère Manuel Sánchez-Cobaleda. Les deux autres frères de Manuel, Jesús et Ignacio, donnèrent vie aux élevages de « Barcial » et « Barcialejo ».

Manuel Sánchez-Cobaleda passe les années 1950 avec autant de succès, ses toros s’imposent dans toutes les plus grandes arènes d’Espagne. Mais à partir des années 1960, ils se font plus rare. La raison n’est pas qualitative, mais vient du fait du caractère intransigeant de don Manuel qui n’accepte aucune transgression sur la présentation de son bétail. La chute de l’élevage se poursuit un peu plus avec la demande d’un toro imposant, un critère sur lequel le petit squelette des Sánchez-Cobaleda ne permet pas de s’aligner. La devise trouve alors un autre débouché dans les spectacles de rejón, les quelques corridas à pieds restant, s’écoulent désormais dans l’ombre, loin des grandes arènes.

Au décès de Manuel, en 1985, c’est sa nièce Pilar Majeroni Sánchez-Cobaleda, fille de Maria, qui hérite. Mariée à José Manuel Sánchez, autre ganadero de souche, issu d’une famille de ganaderos des plus traditionnelles du Campo Charro, celle de « Agustinez ». Le couple ne pouvait être mieux doté pour reprendre l’affaire. L’ensemble des Vega-Villar passa alors sous le fer historique renommé « Sánchez-Cobaleda ». Tandis que le fer de « Salamanca » fut dénommé « Castillejo de Huebra » et réservé au bétail d’origine Murube que venait d’acquérir José Manuel. Quant à Terrubias, il fut peuplé de Santa Coloma dans la ligne Buendía. Trois fers de la famille Sánchez-Cobaleda, auxquels il faut ajouter celui au nom de José Manuel Sánchez, qui étiquette là, un croisement Atanasio Fernández – Murube.
À la tête du pool ganadero, José Manuel Sánchez va poursuivre les traditions familiales et demeurer fidèle aux grands principes de la casa. Aux coté des déjà fameux Sánchez-Cobaleda, la devise de « Castillejo de Huebra » se fait un nom. À la fin des années 1990, les figuras les affrontent et la devise fait lidier bon nombre de corridas. Il s’agit tout simplement d’un des meilleurs élevages d’origine Murube. Malheureusement, un marché en crise et des problèmes sanitaire l’obligeront à se défaire des encastes Vega-Villar et Santa Coloma pour ne conserver que les Murube. À partir de 2010, seuls les fers de Castillejo de Huebra et José Manuel Sánchez marquent encore les bêtes. Décédé prématurément en 2014, il laisse son héritage à ses filles, Teresa et Maria José, toutes deux atteintes du virus de l’afición. María José Sánchez Majeroni prend alors la direction, aidé de son époux Francisco de Patrocinio. Ils inculquent alors un souffle nouveau sur l’élevage et acceptent de faire lidier des novilladas, ce que refusait catégoriquement José Manuel. En acceptant de repartir du niveau inférieur, ils retrouvent peu à peu quelques parts de marché dans la lidia à pied, même si le spectacle de rejón constitue le principal débouché des toros de Castillejo de Huebra.

 


Paradoxalement, l’encaste Murube, à l’origine de pratiquement tous les élevages actuels par ses filiations, est aujourd’hui bien rare dans sa ligne pure. Parmi les fers qui peuvent se prévaloir aujourd’hui de cette origine, « Castillejo de Huebra » est un des plus purs, découlant directement de la ligne mère. Dans les années 1940, Antonio Urquijo était à la tête de la devise de Murube. En ami de la casa, Félix Cameno connaît bien la ganadería et lorsqu’il se jette dans le bain du bravo en 1960, il choisit un lot de son ami Antonio. Il est à présumer que Félix eut droit à un traitement de faveur, avec un lot restreint mais d’excellente qualité, puisque les résultats furent immédiats. Dès 1965, l’élevage de Félix Cameno fait parler de lui, rien de moins qu’à Las Ventas où Antoñete triomphe du toro ‘Flor de Malva'. Quelques problèmes financiers l’obligeront à vendre son fer en 1968 ainsi qu’une grande partie du bétail à Luis Albarrán. Cependant, Félix conserve une pointe de bétail, se réservant les vaches de meilleures notes. L’année suivante, en 1969, il achète au nom de son épouse un nouveau fer de première (U.C.T.L.), qu’il renomme l’année suivante de son patronyme. Les problèmes économiques semblent oubliés et les triomphes reviennent, toujours à Madrid, avec en 1973 ‘Brasileño’ qui eut les honneurs de la vuelta al ruedo. Puis, plus tard, en 1981, un autre ‘Brasileño’ rafle le prix du meilleur toro de la feria de la San Isidro. L’élevage semble au sommet de sa courte existence et c’est alors que Félix Cameno se décide à vendre. Sans doute pour profiter du prix fort.

Lui succède un colombien, Dairo Chica, qui cède pratiquement immédiatement l’élevage aux frères Lozano, qui le renomment « El Madrigal ». Les Lozano ne conserveront leur nouvelle devise que bien peu de temps, puisqu’en 1987 ils vendent à José Manuel Sánchez. Les nombreuses successions des années 1980 ne semblent pas avoir entamé la qualité du sang Murube et José Manuel retrouve rapidement la voie du succès.

Pour finir, il est à signaler que « Castillejo de Huebra » est issu d’une branche Murube-Urquijo datant du début des années 1960. C'est-à-dire, une des grandes époques de la devise. Dans le courant des années 1960, Carlos Urquijo succéda à son frère Antonio, et c’est à partir de ce moment-là que débuta le déclin de la ganadería. Un argument de plus quant à la qualité du sang Murube que possède l’élevage de « Castillejo de Huebra ».


Elevages disposant de bêtes d'origine Castillejo de Huebra :

 
 


Morphologie
 

Le toro de « Castillejo de Huebra » présente une morphologie fidèle à l’encaste Murube. Il s’agit d’un toro volumineux, pouvant atteindre des poids importants. Cependant, sa présentation est altéré par des armures réduites, qui le cantonne la plus part du temps aux arènes de secondes.
Il s’agit d’un toro imposant, c'est-à-dire à l’ossature épaisse, au poitrail large et profond, présentant une forte capacité musculaire. La ligne dorsolombaire est droite, comme la forme du ventre, peu en vue. Par contre, l’arrière train est très développé, rond et volumineux. C’est un toro qui dispose de formes plutôt grossières, les pattes sont longues et les sabots gros, la queue large et leur « borlon » touffu. Le morillo est apparent et la badana prononcée, accentuant l’effet de lourdeur.
La tête est grande, avec de nombreuses frisures et de grands yeux. Le profil de tête des « Castillejo de Huebra » est habituellement droit, la tête étant courte (chato) avec un front et un museau particulièrement large.
Les armures ne sont pas une des qualité première de c’est élevage, avec des formes diverses et souvent défectueuses (brochos, bizcos). De nombreux exemplaires, présentent des cornes plane, c'est-à-dire que la pointe ce retrouve sur le même plan que la corne et sa base.
La robe caractéristique de la casa, est bien entendu, comme pour tout l’encaste Murube, le noir. Mais il arrive également de trouver quelques castaños, même s’ils sont rares. Quant aux accidentelles taches blanches, comme les bragado, meano, ou autres, elles sont inexistantes. L’imprévu le plus fréquent étant le liston.


Comportement

Au point de vu caractère le « Castillejo de Huebra » possède deux atouts majeurs, sa bravoure et sa noblesse.
Brave par définition, il excelle au cheval par sa promptitude et sa capacité à s’élancer de loin. Renouvellent l’épreuve sans aucune hésitations.
L’autre point fort est sa noblesse, et son galop qui donne à sa charge un grand son. Un critère très recherché des toreros qui permet de grandes faenas et fait passer le frisson au delà du ruedo.
Malheureusement une autre caractéristique suit ces dernières années, ces toros : la faiblesse. Affadissant toute leur bonnes caractéristiques. De ce fait, l’élevage fait courir de nombreuses courses de rejon.

 
 

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