Dolores Aguirre Ybarra
Dolores Aguirre Ybarra

Formé dans les années 1960 par la fille de Don Atanasio Fernández avec du bétail maison sous le nom de "Campocerrado", l'élevage a acquis une toute autre réputation sous la direction de Doña Dolores Aguirre Ybarra. La ganadera basque, installée en Andalousie, précisément à Constantina, a rigidifié ses "Atanasios" par l'apport d'étalons du Conde de la Corte. Son exigeante sélection, recherchant le piquant, a permis à sa devise d'obtenir une forte réputation torista dans les années 1990. Parmi les fidèles figurent les arènes les plus exigeantes comme Madrid, Bilbao ou Pampelune.

Malgré quelques irrégularités, la ganadería a maintenu toute sa réputation et persiste encore comme un des élevages les plus durs du moment. L’une de ses caractéristiques est la mansedumbre de ses toros qui divise souvent les aficionados. Elle est décriée par les dogmatiques de la bravoure ou encensée par ceux qui voient également la caste et la puissance qui accompagnent bien souvent cette mansedumbre si particulière. Jouant entre ces deux extrêmes, le Dolores Aguirre est un toro complexe, inclassable, pour lequel il convient de sortir des concepts habituels pour le comprendre. Cette devise est singulière, fait réfléchir et bien souvent amène l’émotion en piste par ses qualités comme par ses défauts. Le Dolores Aguirre ne laisse pas indifférent ce qui en soit n’est pas si courant.

Ancienneté : 30 Mai 1974
Devise : Jaune et Bleu
Signal : Despuntada à chaque oreille
Propriétaire : Dehesa de Frìas S.L.
Gérant : Isabel Lipperheide Aguirre
Fincas : "Dehesa de Frias"  Constantina
   Unión de Criadores de Toros de Lidia





Crédits photographiques : Terre de Toros  

 

On trouve les origines de l'élevage de Dolores Aguirre dans la branche Jímenez, aujourd'hui complètement disparu. Son fondateur, Antonio Jímenez Martínez, avait regroupé en 1854 du bétail de la tierra, vraisemblablement une sélection de mansos qui compilaient quelques qualités de bravos. Mais les historiens taurins attribuent la naissance de la ganadería en 1946, lorsque José Castellano Duque devient propriétaire. Si, en 1946, il devient détenteur du fer historique de l'ancienne caste Jímenez, la majorité du bétail s’en était allée en 1930 chez Francisco Natera. C'est donc la filiation de ce dernier, qui finit dans les mains du torero Diego Puerta, que les historiens considèrent comme l'héritage de la branche Jímenez. Mais pourquoi prendre comme année zéro 1946, alors que la séparation de l'élevage entre Francisco Natera et Pérez Bernal apparaît en 1930 ? Mystère.

Commençons donc par le début, 1946, où l'origine Jímenez est déjà bien lointaine. La famille Castello Duque, installée à proximité de La Carolina (Jaén), maintient l'élevage jusqu'en 1954, d'abord par le père José puis par ses deux fils, Julián et Antonio. En 1954, la part d'Antonio, comprenant fer et devise, est achetée par Pablo de la Serna Gil, qui renouvelle le sang à partir d'un mélange de Santa Coloma et de Gamero Cívico. Sans doute détonant, le mélange ne dut pas être d'une grande qualité, puisque moins de dix ans après sa création, en 1963, la nouvelle propriétaire Pilar Fernández Cobaleda envoie le tout à l'abattoir. Fille de Don Atanasio Fernández, elle débute la dynastie féminine de la ganadería avec, bien évidemment, le bétail familial. L'élevage est nommé "Campocerrado", du nom de la célèbre finca de son père. En 1971, lui succède Doña Maria Teresa Osborne Marenco, Condesa de Donadío, qui change le fer et ajoute un lot de femelles de Don Atanasio Fernández. Elle se présente à Madrid le 20 mai 1974.

Enfin, en 1977, Doña Dolores Aguirre Ybarra devient propriétaire et ajoute en 1979 deux étalons du Conde de la Corte. Établie à Constantina, au nord de Séville, la ganadera basque va se forger une solide réputation par le comportement rugueux et la force de ses toros pour jouir d'une belle réputation torista, notamment dans les arènes les plus exigeantes comme Madrid ou Pamplona. Après son décès en 2013, c’est sa fille, Isabel Lipperheide Aguirre, qui prend la succession, maintenant en tout point la ligne de sa mère.

 


Le toro de Doña Dolores Aguirre est un savant mélange des sangs Atanasio Fernández et Conde de la Corte, donc un toro pur parladeño. Si Atanasio Fernández a construit sa ganadería à partir du bétail du Conde de la Corte, on doit considérer ici ces deux élevages comme deux évolutions différentes du sang Parladé puisque, en 1963, date de la véritable création de l'élevage par Pilar Fernández Cobaleda, le sang des toros de son père, Atanasio Fernández, était indépendant de celui de La Corte depuis déjà plus de trente ans.

En 1971, Doña Maria Teresa Osborne Marenco renforce l'origine Atanasio Fernández en incorporant un lot de femelles de la maison mère. À n'en pas douter les deux transactions n'en furent qu'une.
En 1977, lorsque Doña Dolores Aguirre Ybarra achète l'élevage, le bétail est de pure origine Atanasio Fernández. De carrure imposante, le toro d'Atanasio Fernández s'est affiné, perdant les traits grossiers de son ancêtre Parladé. De plus, son caractère s'est adouci pour devenir plus suave. Alors, en 1979, la ganadera basque décide de revenir aux sources, elle ajoute deux étalons du Comte de la Corte : ‘Ali’ et ‘Tamaris’. Ces deux étalons vont métamorphoser la vacada aussi bien morphologiquement que moralement. Plus volumineux, plus rugueux, plus dangereux, ils chargent le combat d'émotion, ce qui vaut aux toros de Doña Dolores une forte renommée torista.

 
 


Morphologie
 

Les toros de Dolores Aguirre sont grands, lourds, imposants et souvent somptueusement armés. L'apport du sang Conde de la Corte est indéniable sur son physique, avec des formes beaucoup plus grossières que les purs "Atanasios" qui sont aussi grands mais plus fins. Bien que le mélange des sangs soit ancien, il conserve une forte dose d’hétérogénéité avec des toros s’inscrivant dans les caractéristiques de chacune des deux lignes.
La robe caractéristique est le noir, le plus souvent, zaíno , mulato, ou salpicado mais il arrive aussi de trouver des toros colorados. Les accidents les plus fréquents sont le bragado, meano et listón.


Comportement

Agressif, très mobile, puissant, possédant généralement un degré élevé de mansedumbre, le toro de Dolores Aguirre maintient l'émotion en piste durant tout son combat. La mansedumbre est devenue une de ses principales caractéristiques, arme à double tranchant : agrémentée de caste et de force elle provoque un combat rude et passionnant, mais si par malheur le manque de race pointe son nez, on touche le fond. N'oublions pas que le toro se doit d'être "bravo" et si exceptionnellement la mansedumbre encastée est intéressante, elle ne peut devenir une fin en soi.

 
 

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