Garcigrande
Garcigrande

Domingo Hernandez est un ganadero magicien. Les tours de passe-passe, c'est son dada, si on puit dire. Essayons donc d'être le plus simple possible. Domingo achète dans les années 80 les droits de trois fers différents : "Maribañez" en 1984, Amelia Pérez Tabernero en 1985 et Domingo Ortega en 1986. Trois fers pour une seule ganaderia, puisque pour les origines, c'est beaucoup plus simple, du pur Juan Pedro Domecq. S'étant séparé des droits du fer de Domingo Ortega, ne reste plus que les liens historiques avec Amelia Pérez Taberno et "Maribañez" respectivement sous son nom et celui de son épouse qui annonce ses toros "Garcigrande".
Côté résultats, il sont excellents ou beaucoup moins plaisants selon que l'on se place du côté empresa-torero ou du côté aficionado. En d'autres termes, si vous êtes capable d'apprécier le toreo sans émotion venant de la part animale, si les génuflexions ne vous ôtent pas votre plaisir, vous aimerez… sinon vous détesterez.

Ancienneté : 29 Juin 1986
Devise : Blanche et Rouge
Signal : Horquilla à droite et Hoja de Higuera à gauche
Propriétaire : Justo Hernández
Gérant : Justo Hernández
Fincas : "Garcigrande"  Alaraz"Juarros"  Chagarcia Medianero
   Unión de Criadores de Toros de Lidia



L'élevage de "Garcigrande" découle de la ganaderia de Gabriel Gonzalez Hernandez, fondée sur une des dérivations de la devise des frères Arribas. La date exacte de la création de l'élevage de Gabriel Gonzalez diffère suivant les sources, l'UCTL annonce 1929, tandis que de nombreux historiens taurins avancent la date de 1924. Laissons aux historiens ces querelles et revenons au troupeau de Gabriel, qui, en 1949, est divisé entre ses quatre héritiers. Sa veuve Isabel Flores, son fils Amparo et ses filles Isabel Rosa et Florentina. Aficionadas et ganaderas, elles conserveront chacune leur part de bétail, Isabel Rosa rassemblant les deux lots suite au décès de sa sœur en 1955. En 1961, Isabel Rosa se défait de la part de sa sœur marquée de son initiale au profit de German Pimentel. Ce dernier ne conserve la ganaderia que très peu de temps pour la revendre en 1965 aux frères Blanco Corisco.

Des frères Blanco Corisco, c'est Agapito qui se charge de l'élevage. Il conserve le bétail de Arribas, change le fer et annonce ses toros au nom de sa finca "Maribañez". Il se présente à Madrid le 5 Mars 1967 où il prend sa nouvelle ancienneté. En 1980, Agapito désire injecter du sang neuf et choisit une cinquantaine de vaches et deux étalons d'origine Dionisio Rodriguez (Santa Coloma) de l'élevage de "José y Juan". Les deux troupeaux sont maintenues, mais les résultats ne furent pas ceux escomptés et finalement, les frères Blanco Corisco vendent en 1980 à Domingo Hernandez.

Domingo Hernandez, malgré son patronyme n’est pas né au milieu des toros, mais a Humanes au Sud-Ouest de Madrid. Il va entrer dans ce monde par son mariage avec Concha Escolar Gil. Fille de José Escolar Garcia, un tratante du Nord de Madrid connu sous le surnom de Pepe Pichorronco. Homme d’affaire redoutable, il réalisait de nombreuses transactions, parmi lesquelles des ventes d’erales. Il se dit qu’il pouvait en vendre jusqu’à 300 sur une seule temporada ! Comme tous les autres négociant, Pepe détenait également une ganaderia de seconde créé dans les années 50 et situé à Fuenlabrada. Tenue plus ou moins sérieusement, le bétail était d’origine Santa Coloma via Dionisio Rodriguez, mais on parle aussi de bêtes d’origine Contreras provenant de Gregorio de Diego.

Domingo Hernandez commence par acheter en 1973 la finca de « Garcigrande » aux héritiers du fameux Vizconde, mais côté bétail il lui faudra plusieurs essais pour trouver la bonne formule. Les premières bêtes viendront de l’élevage de son beau-père, José Escolar Garcia, profitant d’un don de celui-ci a ses enfants Esteban, José et Concha, l’épouse de Domingo. Mais à la recherche d’un gage de sérieux il achète l’élevage de Maribañez précédemment cité. Il est plus particulièrement intéressé par la nouvelle origine de la ganaderia, les Santa Coloma d’origine Dionisio Rodriguez. Mais son beau-père va se mêler de la transaction et finalement suite à un imbroglio dont il avait le secret, les deux troupeaux sont tiré au sort et les Santa Coloma tombent dans les mains de son beau frère Esteban Escolar Gil. Domingo ne conserve donc de son acquisition que le fer de première, puisque les vaches d’origines arribas valaient à peine le prix de leur viande. Un nouveau fer est dessiné en s’inspirant de celui du Vizconde de Garci-Grande, il est inscrit au nom de son épouse doña Concha Escolar Gil et nommé "Garcigrande". Il fera sa présentation à Madrid le 29 Juin 1986, nouvelle ancienneté de la devise.

C’est finalement en 1985 qu’il trouve par quoi remplacer son bétail arribas. Alors il achète l’élevage de Amelia Pérez-Tabernero Montalvo, fille du grand Antonio Pérez-Tabernero Sanchon, dit Antonio Pérez de San Fernando. Ce deuxième fer est annoncé à son nom et redessiné. Le bétail des Pérez-Tabernero est certes noble mais manque de fond. Ainsi il achète l’année suivante en 1986 l’élevage de Domingo Ortega. Le bétail de pure origine Gamero Civico était beaucoup plus brave, les vaches allaient au cheval au galop et transmettaient beaucoup d’émotion au premier tiers, mais ensuite elles n’humiliaient pas, elles allaient et venaient sans convictions. C’est alors que Domingo Hernandez parvient a faire un deal avec Juan Pedro Domecq Solis. Il échange son troisième fer, celui de Domingo Ortega qui fut celui de Gamero Civico et Fernando Parladé contre un lot de 60 eralas et 2 étalons de don Juan Pedro. La transaction constitue le véritable acte de naissance des ganaderias de Domingo Hernandez. Alors doté de vaches qui humilient par le bas cherchant toujours à avancer, il devient véritablement un éleveur de première catégorie. Dans un premier temps les Domecq sont placé sur le fer de Garcigrande et les Tabernera et les gamero civico sous l’écusson de Domingo Hernandez rafraîchis avec des étalons d’origine Juan Pedro Domecq avant que le troupeau ne forme plus qu’un, de pure souche Domecq.

Dans les années 90 la ganaderia explose et les figuras del toreo s’en approche. Les devises de Domingo deviennent la référence à Salamanque avant de devenir une des références de tout le Campo bravo Espagnol. Elle est désormais une de celles qui fait combattre le plus de toros et ce également dans les plus grandes arènes.

Domingo Hernandez est décèdé en 2018, laissant son héritage aux mains de ses enfants Conchi et Justo Hernández. En 2020 la ganaderia est divisé, Justo Hernández conservant le fer et la finca de Garcigrande, tandis que Conchi Hernández prend la direction du fer de Domingo Hernandez.

 
 

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