Zalduendo
Zalduendo

Alberto Baillères fait une acquisition de luxe en achetant l'élevage de Zalduendo, fer et bétail, en 2014. La devise est à la bourse taurine une des plus fortes valeurs, présente depuis une vingtaine d'années sans discontinuer dans le top 10 des élevages qui font combattre le plus de toros.
L'homme d'affaires mexicain, n'est pas un novice dans le monde taurin, étant entre autre propriétaire de plusieurs élevages sud-américains et le créateur de la plateforme taurine FIP. La devise est confiée à Antonio Barrera qui a pour consigne de poursuivre dans la continuité de Fernando Domecq Solís.

Ancienneté : 14 Juillet 1817
Devise : Encarnada et Bleu
Signal : Punta de lanza à chaque oreille
Propriétaire : Zalduendo S.L.U.
Gérant : Antonio Barrera Contreras
Fincas : "Los Guateles"  Aliseda
   Unión de Criadores de Toros de Lidia



Le fer de Zalduendo nous amène à la fin du XVIIIème siècle en terre navarraise. Là, Joaquín Zalduendo, originaire de Caparroso, au sud de Pampelune, rassemble quelques toros sauvages pour créer les prémices de sa ganadería. Mais Joaquín n'est qu'un modeste ganadero face à Antonio Lecumberri qu'il admire. Antonio Lecumberri détenait l'héritage du Marquis de Santacara, père de la race navarraise. Il menait avec une grande réussite la devise, à tel point qu'elle ne possédait aucun concurrent de son aura et vendait ses toros à prix d'or. Un tel patrimoine n'engage pas à la dilapidation. Pourtant, grâce à son épouse Juana Pascual, Joaquín Zalduendo réussit à parvenir à son ambition, obtenir du ganado de Lecumberri. En effet, Juana était une grande amie de Isabel de Virto, épouse d'Antonio Lecumberri. Elle sut plaider la cause de son époux et les deux hommes commencèrent par s'échanger du bétail, avant que Joaquín puisse finalement acquérir une partie de la ganadería de Lecumberri.

Au décès de Joaquín, Juana Pascual donnera les rênes de l'élevage à son fils, Joaquín Fausto Zalduendo. Il s'avéra un excellent ganadero et sut par sa sélection faire fructifier le sang Lecumberri pour assurer sa renommée durant tout le XIXème siècle. Il se présente à Madrid le 14 juillet 1817 avec une devise jaune et verte. Au décès de Joaquín Fausto, sa veuve, Cecilia Montoya, assure la transition avant de transmettre le bien à son fils, Jacinto Zalduendo Montoya. La devise est alors en pleine gloire, sous le nom de Cecilia, sortiront quelques toros notables, dont ’Sillero’, qui, en 1871, à Barcelone, prend 28 piques après avoir tué un toro dans les corrales. La temporada 1858 sera peut-être la plus fameuse, on y compte pas moins de deux indultos, à une époque où la récompense suprême était loin d'être galvaudée. L'exploit fut de surcroît réalisé en deux jours, les 7 et 8 Juillet, lors de la Feria de Pampelune. ‘Chocolatero’ d'abord, il prit 22 piques et tua 10 chevaux, puis ‘Ligero’ qui tua à lui seul 9 chevaux.
Enfin, la veuve de Jacinto, María del Carmen Miranda, sera la dernière Zalduendo à posséder le fer. À la fin de la guerre civile, elle disparaît ainsi que toute la famille qui se voit dépossédée de son bien le plus précieux qu'elle maintenait depuis 167 ans. Martín Amigot Sesma, un voisin de Tudela, achète alors la célèbre ganadería. En 1946, il passe la main à son fils, Javier, qui la vend en 1965 à la société Villaralto S.A. . Puis, en 1971, c'est au tour de Juan Villar de disposer du vieux fer de Zalduendo, il nomme son troupeau "Villar Vega". Florencio Marín Rivas lui redonne son appellation d'origine en 1983, pour finalement vendre en 1987 à Fernando Domecq Solís qui installe le troupeau dans la province de Cáceres à Moheda de Zalduendo.

Les succès des "retintos" navarrais sont déjà bien loin, enfouis dans le passé. Fernando, issu de la plus illustre des familles d'éleveurs d’Andalousie est mieux placé que quiconque pour le savoir. Il élimine tout le bétail pour le remplacer par sa part de l'élevage familial de Jandilla qu’il dirigeait avec son frère Borja. Ne restent plus des Zalduendo d'antan que le fer, l'ancienneté et l'histoire, son actualité étant toute autre. Le nom de Zalduendo sera dès lors à nouveau placardé sur les affiches mais dans un autre style. La tauromachie a fortement évolué depuis les petits navarrais, désormais on ne compte plus les piques et les chevaux tués mais les oreilles coupées. Au jeu de la noblesse, Fernando Domecq est un maître. Il faut dire qu’il fut à bonne école. Il va formater un toro terciado et parfaitement adapté à la tauromachie moderne et aux capacités des toreros actuels. Sans suivent les triomphes, prix, vueltas al ruedo et indultos que l’on connaît aujourd’hui. Zalduendo est l’un des élevages qui vend le plus de toros et un des plus demandés par les figuras. Pourtant il reste très discret dans les arènes de première catégorie du fait de sa petite carrure. Un fait pour lequel Fernando se refusera toujours à la moindre concession, peu importe les conséquences. Jusqu’à la fin, il chercha à élever le toro qui lui plaît, bas, ramassé et à la tête étroite et hors de question d’augmenter le type et de prendre le risque de perdre son âme.

En 2014, fatigué et déçu par le manque de respect du monde taurin d’aujourd’hui, Fernando Domecq vend l’élevage à Alberto Baillères. L'homme d'affaires mexicain, l'un des plus riches de son pays n'est pas un novice dans le monde taurin. Déjà propriétaire des élevages sud-américains de Begoña, San Miguel de Mimiahuapam, Santa Teresa et San Martín, il continue de se projeter vers l'avenir malgré ses 83 ans. C’est le cas avec cette dernière acquisition mais aussi avec la création de la plateforme taurine FIP aux côtés de José Cutiño et Simon Casas. Secondé par son fils Juan Pablo pour les affaires taurines, il désire poursuivre les traces de Fernando Domecq en agissant dans le même état d’esprit. Désormais installé dans la finca de « Los Guateles », ex-propriété de Litri, les Zalduendo poursuivent leur histoire.

 


Fernando Domecq Solís, fils de Juan Pedro Domecq y Díez fondateur de la caste Domecq, possédait déjà une excellente formation de ganadero lorsqu’il fonda l'élevage de Zalduendo. Les travaux pratiques, il connaissait aussi, puisqu'il mena durant sept ans, en compagnie de son père l'élevage au fer vazqueño de Juan Pedro Domecq, pour poursuivre avec ses frères sous la devise étoilée de Jandilla jusqu'en 1987. Soit 15 années d'expériences. Alors, il décide de voler de ses propres ailes et place sous le fer navarrais de Zalduendo une pointe de bétail de Jandilla. Pour Fernando, il n'est pas question de créer un clone mais une nouvelle ganadería à son image, différente de celles de ses frères.

Il débute avec un neuvième de Jandilla, soit un tout petit troupeau, seulement 50 vaches de ventre, une soixantaine de femelles non tientées et 2 étalons. Fernando choisit deux étalons non approuvés, c'est-à-dire deux becerros tientés, mais dont les caractéristiques de descendance ne sont ni définies, ni reconnues. Enfin, pour augmenter son troupeau, il ajoute 30 eralas de son oncle Salvador, qu’il put choisir librement avec l'appui du livre de la ganadería, privilège familial oblige.
Sur cette base, Fernando, par sa sélection, va créer Zalduendo. La première année de tentaderos, en 1988, il avoue avoir eu la chance d'approuver deux erales dans la même journée. ‘Farolero’ et ‘Tunante’ tous deux noirs et portant le numéro 49. Ces deux étalons aux qualités différentes allaient devenir les piliers de la ganadería, formant deux lignes distinctes. « ‘Farolero’ est le toro le plus brave que je n'ai jamais eu, tandis que ‘Tunante’ est le toro qui m'a donné les plus grandes émotions de ma vie », explique le ganadero. Détacher émotion de bravoure peut surprendre. Pour bien comprendre les dires de Fernando, il faut rattacher au terme émotion les notions de classe, d'allure et de noblesse. Des qualificatifs qui ne sont pas forcément en rapport avec la bravoure fondamentale, l'état brut, en son sens traditionnel.

Avec plus de trente années de sélection propre, Zalduendo a figé son type de toro et est désormais considéré comme un sub-encaste de la rame Domecq.


Elevages d'origine Zalduendo :


Elevages disposant de bêtes d'origine Zalduendo :

 
 

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