Mariano Cifuentes Sanchez

 
Mariano Cifuentes possède du bétail de la plus pure origine Coquilla qui soit. Son ascendance découle en ligne directe de celle de Paco Coquilla, via les Sánchez Fabrés puis José Matías Bernardos. Des noms qui chantent aux oreilles des aficionados et qui ont marqué l’histoire de l’encaste Coquilla.
José Matías Bernardos prend la suite de Dolores Sánchez Fabrés en 1952 et hérite de la moitié du troupeau de la famille Sánchez Fabrés. Il s’installe d’abord à « Cilloruelo » ou rien ne prédispose à accueillir un élevage de bravos. Mais José Matías Bernardos, surnommé populairement « El Raboso », est un homme vaillant et courageux, loin du señorito andalou (pour faire dans la caricature). Il se retrousse les manches et se met au travail pour faire de sa finca une des plus célèbre du Campo Charro. Car « El Raboso » ne s’avère pas être seulement un bon entrepreneur, il est aussi un excellent éleveur. Son exigeante sélection le conduit à trouver un étalon d’exception : 'Chumazo', n° 41. Père de la ganadería, il lui transmettra ses caractéristiques propres. Notamment le fait que le toro de José Matías Bernardos est plus grand et plus corpulent que celui de Coquilla, tout en renfermant autant de caste. Ainsi, le fer du point d’interrogation inversé remporte de grand succès pour connaître son apogée dans les années soixante. José Matías s’agrandit alors en achetant la finca de « Aldeanueva del Arenal » à Sancti-Spiritus. Son expansion ne lui fait cependant pas tourner la tête, gardant les yeux rivés sur la tauromachie de son temps. Il ne perd pas de vue son évolution et, non satisfait de son succès présent, prépare son adaptation. Il pense à l’avenir, à son fils Domingo, dont la ressemblance avec le père l'a fait surnommé « El Rabosín », et s’oriente en 1969 sur une autre origine (Domecq), sans toutefois délaisser ses Coquilla. La devise tricolore (blanc, noir et rouge) qui rassemble les deux origines réussit à se maintenir dans les années 1970, mais à partir des années 1980 l’affaire semble entendue : l’avenir est au Domecq. Agé, José Matías Bernardos décide de laisser définitivement l’encaste Coquilla en 1989 pour laisser son fils se consacrer aux Domecq de leur second fer créé en 1979 : « Aldeanueva ». Les Coquilla de José Matías Bernardos n’avaient pas pour autant rendu leur dernier souffle. Car avant d’évacuer ses Coquilla, il avait conclu quelques ventes dans les années 1980, dont deux persistent aujourd’hui : celles d'Antonio Martín Tabernero, habilement renommée La Interrogación, et celle de Mariano Cifuentes.

En 1982, Mariano Cifuentes, désireux de former son élevage, demande à son ami Pedro Martínez 'Pedrés' de solliciter José Matías Bernardos pour lui vendre du bétail. « El Raboso » accepte. L’affaire représente une camada d'añojas qui transite aussitôt de Salamanque pour « Encina Hermosa ». Le temps de construire la placita de tienta et le bétail est tienté en 1983 en présence de José Matías Bernardos en personne. Avec les femelles, est tienté un eral du nom de 'Miliciano' issu d’une des plus fameuse famille de l’encaste, les Milicianas. Satisfait du résultat, Mariano Cifuentes récidive en achetant à José Matías Bernardos 80 nouvelles vaches et l’étalon 'Pegoleto'. Celui-ci va se révéler un étalon d’exception, véritable père de la ganadería.

Mariano est un passionné. Depuis sa tendre enfance il pense aux toros, collectionne tout ce qui est en rapport avec la tauromachie et sa ganadería n’est que la suite logique de cette passion. Son ambition n’était pas d’élever du Coquilla ; c’est le Raboso qui l’a orienté vers cet encaste. Mariano ne regrette rien. Mieux même, il est devenu un véritable mordu des Coquilla qu'il n’échangerait pour rien au monde. Rafraîchir son sang ? Oui, Mariano y a pensé, avant de faire marche arrière de peur de perdre ce qui lui tient tant à cœur : le pur Coquilla. L’unique étalon entré dans la ganadería est 'Jabato', de Sánchez Arjona, en 1997, soit exactement la même origine.

Pourtant, le toro de Coquilla est décrit comme un toro possédant de nombreux inconvénients : son caractère imprévisible, mais surtout sa présentation, trop modeste. Mariano explique que ce n’est pas si vrai. Il est clair que le toro de Coquilla présente des armures commodes, avec de nombreux exemplaires gachos, ce qui est particulièrement vrai dans son élevage. Mais côté corpulence et musculature, il n’a rien à envier aux toros des autres encastes. A âge égal, le développement des Coquilla est beaucoup plus avancé que ceux des autres encastes, le morrillo se forme plus tôt et il s’agit d’un toro bien rempli. Mariano souligne que le Raboso n’avait aucune difficulté à faire lidier à Madrid en pleine San Isidro, avec des toros qui dépassaient parfois les 600 kg. Le Coquilla n’a aucun problème de poids, mais leur petite tête minore l’impression d’ensemble, les faisant passer pour de petits toros, ce qui constitue aujourd’hui un barrage pour accéder à la plupart des arènes.
Si Mariano Cifuentes a l’inconvénient de posséder de nombreux exemplaires gachos, ce défaut physique est souvent lié à des qualités de charge exceptionnelles. Le point fort des Coquilla de Cifuentes est l’humiliation, leur façon de raser avec une grande classe le sable avec les naseaux lors de leurs charges. « Aujourd’hui, toutes mes vaches possèdent cette qualité, s’enorgueillit Mariano, et au vu de ce qui se passe dans les ruedos, ceci devrait me permettre d’entrer dans les grandes férias. »

A « Encina Hermosa », Mariano Cifuentes possède un trésor. Avec ses 300 vaches Coquilla, il est en possession du plus grand élevage de cette caste et rassemble même à lui tout seul plus de la moitié de son cheptel.

Herederos de Alfonso Sanchez FabresCoquilla de Sanchez ArjonaLa Interrogacion

 

Elevages détenant des bêtes d'origine
Mariano Cifuentes Sanchez


Coquilla de Sanchez Arjona