Samuel Flores

 Autre élevage du même propriétaire
 
Le prestigieux fer de Olea qui orne les toros de Samuel Flores renferme plus d’un siècle d’histoire. Mais l’aventure des Flores en compte deux. En effet, le fer historique de Gil Flores le patriarche de la famille, qui marque également l’actuel bétail de Samuel Flores annoncé au nom de sa mère Manuela Agustina Lopez Flores, fut créé en 1800.


Cent ans plus tard ses héritiers, les tois frères Flores Flores, Melquiades, Leonardo et Samuel, toujours installé dans les provinces d’Albacete et de Jaen, mène avec leur père la devise familiale (caste Jijona légèrement arrangé). En 1914, les trois frères s’unissent pour tenter autre chose, leur propre aventure avec un autre bétail. Il se tourne vers José Vega auquel ils achètent 40 femelles et deux becerros de la race des Pattas Blancas, nouvellement créé. Et achète à Luis Baeza le fer d’Eduardo Olea ainsi que 250 vaches de son bétail d’origine Marquis de Villamarta première génération. La nouvelle devise nommé « Samuel Hermanos » est complètement isolé de la ganaderia traditionnelle et implanté sur les fincas de « Los Alarcones » et «El Palomar », propriétés actuelles de Samuel Flores.


Les débuts de la devise semblent prometteurs. « Cortador » fait deux vueltas al ruedo en 1917 à Lorca. « Envidioso » prend 8 piques et tue 5 chevaux à Tomelloso en 1918. « Amapolo » prend quant à lui 9 piques et tue 4 chevaux. Cependant ces réussites ne suffisent pas aux frères Flores qui achètent en 1925 par l’intermédiaire de Juan Dominguez un quart de la ganaderia de Gamero Civico. Cet excellent est conservé séparément et dès lors l’étiquette « Samuel Hermanos » présente deux rames bien distinctes. Les succès persistent, les Flores étant reconnus comme des toros braves et puissants.
Le 15 Avril 1928, « Pies de Liebre » (nom classique de la famille), est le premier « Samuel Hermanos » à fouler le sable de la capitale et y laissera à jamais son emprunte. Après un combat étincellant de bravoure et de noblesse, il lui sera accordé l’honneur d’une vuelta al ruedo. Quelle entrée en matière ! L’excellent sang Parladé qui inonde désormais la ganaderia va maintenir son succès au plus haut plan, allant jusqu'à remplacer peu à peu le bétail de provenance Villamarta. Les résultats étaient si bons, que quelques toros allèrent même officier comme étalon sous la devise historique du F majuscule.


Viennent ensuite les années noires des Flores. Melquiades décède en 1931, puis suit la guerre civile. Les fincas sont situés en zone Républicaines, ce qui en matière taurine est source de complication, les Flores sont alors arrêtés et le troupeau décimé. En 1939, à la fin du conflit lorsque Samuel retourne sur ses terres, il ne retrouve dit on, qu’une dizaine de vaches et de toros. Tous marqués du fer des « Samuel Hermanos ». Désormais seul après le décès de Leonardo, Samuel gère les deux devises des Flores. Entêté, il va se sacrifier à la reconstruction de sa ganaderia. Il y parvient en une quinzaine d’années et dès 1945 la devise retrouve la reconnaissance.
Les parladé des Flores ravissent les figuras mais malheureusement la rigueur du passé s’estompe. La caste ce dilue, certains qualifiant les toros de Flores comme « doux, nobles, faibles et fades ». Samuel devient vieux, les Flores sont dans le trou. A son décès, toute la fortune familiale retombe sur la seule héritière, sa cousine Manuela Agustina Lopez Flores.


En 1968, le fils de Manuela, Samuel Romano Flores dit « Samuelito » prend la direction des deux élevages qui n’en forme plus qu’un. Agé de seulement une vingtaine années, « Samuelito » entreprend avec l’insouciance de sa jeunesse une sélection draconienne pour rétablir la caste. Sa labeur durera près d’un quart de siècle, au bout de laquelle, comme son illustre prédécesseur il retrouvera le succès. En effet, depuis le début des années quatre vingt dix, les Flores foulent de nouveaux les plus grands ruedos d’Espagne. Mais désormais, le fer de Olea étiqueté « Samuel Flores » a supplanté le fer familial, qui n’est plus cantonné qu’à quelques têtes de bétail.