Miura

 
Antonio et Eduardo Miura constituent la quatrième génération de la famille à la tête de l’élevage. En effet, cela fait plus de 150 ans qu’elle règne sur la devise. Pourtant, Antonio Miura, le fondateur, a construit ses origines en seulement une douzaine d’années. En résumé, le Miura est un somptueux mélange des castes Gallardo, Vistahermosa et Cabrera, le tout dominé par cette dernière. Bien-sûr, depuis, la sélection et l’évolution ont construit le Miura actuel.


Antonio Miura va débuter avec la caste Gallardo. Tout d’abord il s’initie au métier avec un lot de 220 vaches de Antonio Gil Herrera. Mais sa sélection va réduire à l’infime cette origine. En 1849, il persévère dans la race Gallardo en achetant 200 vaches et 168 becerros à José Luis Albareda, desquels il sélectionnera ses premiers étalons. Cette même année, il acheta un lot de 100 vaches à Jeronima Nuñez del Prado, héritière de l’élevage de Cabrera. Le croisement des deux castes Andalouses plut à Antonio, puisque trois ans plus tard, soit tout juste le temps d’éprouver les premiers becerros, il acheta la quasi-totalité de l’ancienne ganaderia de Cabrera, soit près de 500 têtes de bétail.
En 1854, l’origine Cabrera est donc prépondérante sur la Caste Gallardo, d’autant plus qu’à partir de cette date, Antonio décide de ne plus utiliser de reproducteurs de cette origine. La caste Gallardo est dès lors cantonnée aux seules vaches, inéluctablement son sang sera absorbé par les autres origines. Les, puisque Antonio décide de ne pas poursuivre avec le seul bétail Cabrera et incorpore deux étalons de Arias de Saavedra, dit "Barbero de Utrera", élevage dérivant directement de celui du Conde de Vistahermosa.
Du premier lot d’origine Gallardo à l’introduction du sang Vistahermosa, se sont écoulées douze années, seulement si on peut dire puisqu’elles suffirent à sceller les origines du plus célèbre élevage d’Espagne dont dérive un historique riche de plus de 22000 toros. Les autres apports de sang extérieurs restent mineurs, influençant peu le cours de la ganaderia.
En 1879, deux étalons rejoignirent le troupeau. Tout d’abord, "Murciélago" de Pérez Laborda. Ce toro navarrais fut lidié et gracié dans les arènes de Cordoue par Lagartijo. Devant les difficultés liées au transport, le torero offrit le toro à son ami Antonio. Le ganadero lui réserva un enclos avec 70 vaches. Le fait peu paraître banal, mais à l’époque, il était rarissime de placer un seul étalon avec un lot de vaches. L’acte montre toute l’intelligence d’Antonio Miura, qui, par le procédé, préservait son troupeau si le nouvel étalon s’avérait un mauvais reproducteur. De nombreux écrivains voient en ce toro navarrais, colorado et ojo de perdiz, l’ancêtre des Miura de cette robe, mais pour ma part je reste sceptique sur une telle influence de "Murciélago". Le second étalon, lui aussi colorado, résulte d’un échange amical avec le duc de Veragua. Mais l’influence de ce reproducteur sera extrêmement faible, voire nulle, puisqu’il fut presque aussitôt tué par ses congénères.
Ne reste plus qu’a mentionner l’ultime apport de sang, celui réalisé en 1917 par les deux frères Miura, José et Antonio. A noter qu’il s’agît là de la seule importation qui ne fut pas réalisée par Antonio, le fondateur. Désireux de développer l’instinct d’attaque de leur toros et d’augmenter leur mobilité, les deux frères incérèrent de nouveau du sang Vistahermosa avec quelques vaches et l’étalon "Banderillo" de la Marquise de Tamaron. L’un des meilleur élevages de toute l’histoire de la cabaña brava, mené de main de maître par ses fils les Mora Figueroa avant de devenir la matrice du toro moderne.