Silva Herculano
Silva Herculano

Porté par une afición absolue mais teintée de discrétion et d’humilité, Henrique Herculano représente la troisième génération de ganaderos d’une devise fondée au milieu des années 1980 par son grand-père, Henrique lui aussi, et son père, Jaime Herculano. L’élevage nommé Silva Herculano est à taille humaine et l’ambition de l’actuel propriétaire est de maintenir debout l’histoire familiale tout en vivant son rêve de bravos au quotidien. La Herdade dos Valhascos est installée aux abords du village d’Amareleja (Alentejo), dans une zone frontalière éminemment ganadera puisque les voisins sont, entre autres, Murteira Grave, São Martinho, São Marcos et Dias Coutinho.
Ganadería relativement jeune, elle a pourtant déjà vécu plusieurs vies mais Henrique Herculano semble aujourd’hui pouvoir travailler sur des fondations solides quant aux origines essentiellement Parladé qui devraient susciter une grande attention de la part des aficionados.

 

Ancienneté : -

Devise : Bleu et Blanc    Signal : Orejisana

Propriétaire : Sociedade Agricola dos Valhascos, Lda.    Gérant : Henrique Fialho Palma da Silva Herculano

Fincas : "Herdade dos Valhascos"  Amaraleja -

   Ganaderos de Lidia Unidos






Crédits photographiques : Terre de Toros  

 

En 1985 (on trouve aussi 1986), Henrique Herculano et son fils Jaime fondent leur ganadería en rachetant celle de Maria do Rosario Infante da Câmara Albergaria, une cousine des Herdeiros de José Infante da Câmara. À ce bétail essentiellement Pinto Barreiros, ils ajoutent rapidement des vaches d’origine Cabral Ascensão (donc Pinto Barreiros) mais également des reproductrices acquises auprès de José Manuel Andrade d’origine Alves do Rio, c’est-à-dire Parladé par Tamarón et Gamero Cívico.
À peine huit ans après la fondation de l’élevage, en 1993 donc, la famille est doublement endeuillée car Henrique décède suivi, quelques mois plus tard par son fils Jaime. Les enfants de ce dernier se voient contraints de vendre la ganadería ainsi que le fer créé par Henrique et Jaime, un S entremêlé d’un H. Entre les mains du nouveau propriétaire, le cheptel est finalement envoyé au matadero pour problèmes sanitaires.
Portés par l’afición, les héritiers conservent pourtant un minuscule nucléon : cinq vaches d’origine Cabral Ascensão et un novillo issu du sang des Alves do Rio. C’est sur ce substrat incertain que Henrique Herculano, fils de Jaime, reprend la direction de l’élevage et entame un laborieux travail de sélection. Pour arriver à faire grandir le nombre de mères, il achète à son ami Simão Malta Junior, fils du célèbre Simão Malta, un lot de vaches d’origine Cabral Ascensão avant que celui-ci ne vende le reste de la ganadería paternelle à Joaquim Alves qui en fera São Torcato. Henrique Herculano ajoute aussi un lot de reproductrices acquises auprès de son voisin de Granja, le Frère Elias Salgueiro qui préside aux destinées du fer de São Martinho (les vaches achetées ici par Herculano sont d’origine Torrestrella).
En 2008, José Varela Crujo, ganadero de Serpa, offre à Henrique un toro de sang Torrestrella grâcié à Campo Pequeno (Lisbonne) et toréé par Enrique Ponce. Un frère de ce toro ou un cousin, sera ajouté pour couvrir les vaches Cabral Ascensão et adoucir la rugosité du comportement des Silva Herculano version Alves do Río. C’est cette même année, 2008, que la ganadería est inscrite dans l’association espagnole des « Ganaderos de Lidia Unidos », la G.L.U. En 2010, Henrique Herculano réussit à racheter le fer historique créé par son père et son grand-père ; ainsi la ganadería réintègre les rangs de l’association portugaise des éleveurs de toros de combat, l’A.P.C.T.L.

 


En 1985, Henrique Herculano et son fils Jaime fondent leur ganadería en rachetant celle de Maria do Rosario Infante da Câmara Albergaria, une cousine des Herdeiros de José Infante da Câmara. L’on sait peu de choses sur les origines de cet élevage si ce n’est qu’il était encasté Pinto Barreiros avec une pointe de Soler. Du grand classique portugais donc. On peut aisément imaginer que les Infante da Câmara de cette Maria do Rosario ressemblaient en tous points aux Infante da Câmara des héritiers de José Infante da Câmara, la finca Alpompé de Maria se trouvant non loin de celle, historique, de Vale de Figueira. À ces fondations Pinto Barreiros, le père et le fils ajoutent un lot de vaches de José Manuel Andrade. Le patronyme Andrade est courant dans l’histoire des ganaderías lusitaniennes et prompt à faire commettre erreurs et confusions. Ce José Manuel Andrade avait hérité une partie de l’élevage, fort réputé en son temps, des Irmãos Andrade ; élevage fondé dans les années 1920 mais repensé au niveau du sang durant la décennie suivante avec l’achat d’un reste de la ganadería de José Martinho Alves do Rio, celui-là même qui, en 1919, avant le Conde de la Corte, avait acheté un lot à la marquise de Tamarón. Pour renforcer cet apport pur Parladé, les frères Andrade ajoutèrent à ce bétail des bêtes acquises auprès de Domingo Ortega, c’est-à-dire pures Gamero Cívico. Ce sont donc ces descendantes parladeñas qui complètent le ganado acheté à Maria do Rosario Infante da Câmara Albergaria. Point d’orgue et achèvement de cette alchimie que l’on sait fragile, le père et le fils Herculano adjoignent à leur troupeau des vaches d’origine Pinto Barreiros acquises auprès de la casa des Cabral Ascensão. Le fer de Cabral Ascensão avait subi la dure loi de la Révolution des oeillets de 1974 et l’élevage original n’existait plus dans les années 1980 mais était en totale reconstruction sur des fondements Pinto Barreiros via la ligne des Oliveira Irmãos ; ligne plus piquante que l’originale. Les vaches achetées par les Herculano étaient donc de belles et fières Oliveira. Notons qu’elles furent accompagnées par le reproducteur dénommé ‘Simpatico II’, acquis lui aussi auprès des Cabral Ascensão. Mais la famille ne put profiter de ces nouveautés très longtemps.
En effet, en 1993, les Herculano connaissent une double tragédie : Henrique puis son fils Jaime décèdent et leurs héritiers se voient contraints de revendre le jeune troupeau ainsi que le fer tout en conservant, l’afición chevillée au corps, un nucléon de cinq vaches d’origine Cabral Ascensão et rien de plus qu’un novillo de sang Alves do Rio. Le trésor ainsi préservé est fort chiche mais il suffit pour remotiver les troupes et particulièrement le fils de Jaime, Henrique Herculano, l’actuel ganadero.
Pour reconstruire un cheptel digne de ce nom, le jeune et fringant éleveur, ancien étudiant Erasmus en Italie, se tourne vers Simão Malta Junior, fils du célèbre Simão Malta qui fut propriétaire d’une ganadería construite principalement avec du bétail des Cabral Ascensão. Cet ajout de vaches venues de chez Malta est pensé par le nouveau ganadero comme la goutte d’eau tombée dans un vin fort rugueux. Les vaches Malta sont là pour adoucir un tant soit peu le comportement âpre des produits issus du novillo survivant de la ligne Alves do Río. En complément de cet apport, Henrique Herculano achète aussi un lot de femelles à son voisin de Granja, le Frère Elias Manuel Baleiro Salgueiro qui préside aux destinées du fer de São Martinho. Étrange élevage que celui de São Martinho car conduit jusqu’à il y a peu (l’âge l’a un peu écarté de la direction de la ganadería) par un religieux ce qui faisait d’ailleurs dire à dom Fernando Pereira Palha (qui a fourni des reproducteurs à São Martinho) que le Portugal ganadero avait aussi son « Cura » faisant évidemment référence à l’élevage autrefois espagnol du « Cura de Valverde ». Étrange élevage donc, d’autant plus quand on plonge son nez dans les origines des bêtes de São Martinho. Sans entrer dans une étude exhaustive, précisons tout de même que cette ganadería a connu deux époques séparées l’une de l’autre par la tragédie de la tuberculose survenue en 1996. Avant cette date, on fait remonter la création du fer de São Martinho à 1974 avec des bêtes d’origine Pinto Barreiros. En 1990, l’élevage est reconstruit puisque la ligne originelle est éliminée et remplacée par des vaches de Varela Crujo donc du Domecq par Sampedro et Torrestrella couvertes par des sementales de Laurentino Carrascosa (Torrestrella) et de… Buendía. Oui ! Buendía / Santa Coloma. Ce que laisse la tuberculose après 1996 est frugal mais notre moine est déterminé à sauver son fer. Pour ce faire, il conserve le peu qui lui échoit (mélange Domecq / Santa Coloma) et y ajoute des apports d’étalons de Gustavo Charrua (Pinto Barreiros) ainsi que des vaches (20) et un reproducteur de la famille Lampreia d’Aljustrel; soit une base très Pinto Barreiros par Charrua et Oliveira Irmãos. Last but not least, d’autres étalons vont jouer un rôle déterminant (en particulier sur les pelages) pour fixer l’élevage ces dernières années: il s’agit de mâles acquis auprès de Fernando Pereira Palha. Étrange cheptel donc (Domecq, Santa Coloma, Pinto Barreiros et Veragua) que celui de São Martinho mais si l’on en croit Henrique Herculano, les vaches qu’il se procura à cette source étaient d’origine Torrestrella ce qui peut paraître logique quand on utilise des reproducteurs de Varela Crujo, très marqué lui aussi par le Torrestrella.
Henrique Herculano a pu racheter le fer créé par son père et son grand-père en 2010. Depuis, il mène son élevage en essayant de conserver au mieux l’équilibre forcément instable entre les trois lignes de force de la génétique de ses toros : Pinto Barreiros via Cabral Ascensão, Domecq tendance Torrestrella et comme juge de paix entre les deux, les résurgences plus « piquantes » d’Alves do Río. Ces dernières années, Henrique nous a confié avoir fait l’acquisition d’un semental auprès du Conde de Cabral dans sa version ancienne, c’est-à-dire Pinto Barreiros. Ses goûts le portent vers un toro mobile, encasté et piquant et son expérience d’homme de campo, d’homme de toro, lui permet de conserver les pieds sur terre : s’il rêve de voir lidier ses toros à pied en Espagne ou en France, cela ne le poussera pas à grandir ses toros outre mesure ; l’homme respecte le type de ses animaux, un physique bas et harmonieux, armé sans exagération. Ce ne sont pas les cornes qui portent la peur, c’est le regard. En ce sens, les Silva Herculano font peur et nous font espérer les croiser un jour sur la piste de nos arènes.

 

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