L’élevage Jiménez Pasquau a franchi le cap du demi-siècle d’existence, marqué par des hauts et des bas, frôlant même à plusieurs reprises l’extinction. Installés dans la province de Jaén, à la tête d’une exploitation oléicole et d’un élevage de mansos, Juan Pablo et Francisco parviennent à convaincre leur père d’acheter un élevage de bravos de second plan. L’opération se concrétise en 1971 avec le rachat de 700 bêtes et du fer de Primitivo Valdeolivas González, un voisin de Linares.
Dès l’année suivante, les deux frères remplacent leur bétail par du sang Samuel Flores. Ils se présentent à Madrid en 1975 et connaissent une époque dorée jusqu’au milieu des années 1980. Puis la situation se complique : le troupeau est réduit drastiquement, ne conservant qu’une trentaine de vaches. C’est alors que Juan Pablo tente un pari audacieux en introduisant du sang Domecq via Jandilla, d’abord avec 30 vaches et des étalons en prêt. Les résultats sont encourageants et l’élevage repart.
Dans les années 1990, le sang Domecq est renforcé par des apports provenant de plusieurs maisons : El Torréon, Salvador Domecq, Luis Algarra et Juan Pedro Domecq. En 1998, Juan Pablo Jiménez Pasquau est élu président de l’UCTL, fonction qu’il occupera jusqu’en 2002.
En 2000, les neveux de Juan Pablo créent le fer de Los Ronceles et y transfèrent leur part de l’élevage, soit la moitié du troupeau. Peu à peu, la devise Jiménez Pasquau perd de sa vigueur. La crise économique de 2012 achève de fragiliser la situation. Par romantisme, Juan Pablo conserve une trentaine de vaches, mais en 2017, il se résigne à éliminer totalement le troupeau. C’est alors, à sa grande surprise, que sa fille Pepa Jiménez lui propose de relancer l’élevage. De cette étincelle renaît la flamme. Juan Pablo acquiert 30 vaches triées sur le volet du fer de Jandilla, ainsi que les étalons “Soldador”, “Envidioso” et “Presidiario”. Les résultats sont probants et, en 2022, dix nouvelles vaches viennent renforcer le troupeau. Sous la direction de Pepa, la devise semble avoir surmonté la tempête : aujourd’hui, l’élevage compte une centaine de vaches et regarde l’avenir avec confiance.